Septembre approche et déjà, les couloirs bougent. Des noms circulent – des élus qui sondent, des intermédiaires qui testent, des appels passés à des secrétaires généraux de partis concurrents. Le mouvement est reconnaissable. Il rythme chaque cycle électoral. On change de parti pour une raison ou pour une autre.
Le Code électoral a essayé d’y mettre bon ordre. Des verrous ont été posés (délais, procédures, sanctions théoriques pour les transferts de dernière minute). Mais le résultat demeure limité. Ceux qui veulent partir le font plus tôt, ou autrement. Ils y mettent quelques formes, soit une démission anticipée, soit un passage par une autre circonscription, ou sinon une négociation d’investiture ficelée avant l’ouverture officielle de la campagne. Le contournement est un art que les députés chevronnés maîtrisent parfaitement.
Ce qui rend la chose difficile à combattre, c’est qu’elle n’est pas seulement individuelle. Les partis qui dénoncent le nomadisme le pratiquent par procuration. Avant chaque scrutin, les mêmes formations qui réclament la loyauté militante courent après les candidats « bankables » (le notable, le chef de tribu, l’homme d’affaires avec son réseau de proximité). La conviction peut attendre pendant que l’argent obtient l’investiture. Et le terrain s’y prête.
Entre les grandes formations représentées au Parlement, les distances programmatiques sont devenues si ténues qu’un élu peut traverser l’aile droite vers l’aile gauche sans avoir à se justifier sur quoi que ce soit. Parce qu’il n’y a plus grand-chose à justifier. Ce n’est pas un jugement moral mais plutôt un constat de convergence. Quand les lignes de fracture s’effacent, la mobilité devient logique.
Le citoyen, lui, observe. Le jeune surtout. Il voit les mêmes visages sous des bannières différentes, les mêmes discours reformatés selon les saisons. Il en tire une conclusion simple mais pas irrationnelle : que le vote ne change pas grand-chose, que le jeu est déjà joué en amont. Cette conviction s’installe lentement. Elle ne repart pas facilement.
En septembre, on comptera les voix. On analysera les taux de participation, on cherchera des signaux dans les chiffres. Mais le vrai bilan de cette période – ce printemps de migrations silencieuses – ne se lira pas dans les résultats officiels. Il se lira dans les bulletins qui ne seront pas déposés.
Hier, à New York, le Brésil a ouvert, comme depuis 1955, le débat général de l’Assemblée des Nations unies. Pour la dixième fois de sa carrière, Lula s’avance à la tribune et rappelle que l’Organisation…
Dans les états-majors politiques, le réveil est un peu moins rude. Après des semaines de meetings, de déplacements, de poignées de mains et de nuits écourtées, le retour définitif à l’heure légale GMT tombe comme…
Juste une petite question, vous allez voter ou pas ? Franchement ne me répondez pas, ça ne me regarde pas et ne regarde personne. Ah ben si, vous, ça vous regarde. La politique, ce n’est…
À chaque discussion sur l’avenir des médias marocains revient la même question : comment construire des entreprises de presse solides dans un marché publicitaire qui reste limité ? La réponse passe souvent par les annonceurs.…
Lundi 14 septembre, la bourse de Séoul a abandonné 3,26%, Samsung Electronics 4,05%. La cause de cette secousse ne se trouve pourtant pas en Corée, mais à San Francisco. Deux jours plus tôt, Dario Amodei,…
7.288 candidatures déposées en vue du scrutin législatif du 23 septembre. Le chiffre donne d’abord le vertige. Puis, lorsqu’on regarde de plus près, il raconte une histoire beaucoup moins spectaculaire. 28 partis en lice et,…
Je dois vous avouer quelque chose, je ne sais pas exactement à quel moment cette campagne électorale a dérapé, mais je crois qu’on a tous raté un épisode. La définition d’une campagne électorale ne semble…
Casablanca retrouve à peine son rythme de rentrée que certains de ses grands axes retrouvent, eux, les travaux. Cette année, le boulevard Al Massira est notamment concerné par un chantier de la SRM Casablanca-Settat. Circulation…
Hier, l’OCDE a publié les plus mauvais résultats depuis la création de PISA. À partir d’échantillons représentatifs, l’enquête mesure la capacité des élèves scolarisés de 15 ans à appliquer leurs connaissances dans des situations concrètes,…