Pétrole russe : le Maroc, premier importateur en Afrique du Nord
Image d’illustration. © DR
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Le pétrole russe a pris en 2025 une place inédite dans les approvisionnements énergétiques du Maroc, selon la plateforme African Intelligence. Le Royaume serait ainsi devenu, l’an dernier, le premier importateur de carburants d’origine russe en Afrique du Nord, grâce à des cargaisons acheminées par un négociant discret établi à Genève, révèle la même source.
Ce basculement s’inscrit dans un contexte international profondément perturbé par les sanctions occidentales visant les exportations énergétiques de Moscou depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine. Sous l’effet de ces restrictions, une partie des flux pétroliers russes a été redirigée vers des marchés n’appliquant pas directement ces mesures.
Dans cette reconfiguration, les intermédiaires basés dans des places de négoce comme Genève, Dubaï ou Singapour ont pris une importance croissante, en opérant à travers des circuits maritimes, assurantiels et commerciaux devenus plus complexes et plus opaques.
Pour le Maroc, cette évolution répond d’abord à une logique de sécurité d’approvisionnement. Ne produisant qu’une faible quantité d’hydrocarbures, le pays dépend largement des importations pour couvrir ses besoins en produits raffinés. Dans un marché international resté volatil, l’arrivée de carburants russes à des prix compétitifs a pu offrir une alternative aux opérateurs marocains, soucieux de sécuriser leurs achats tout en maîtrisant leurs coûts.
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Le rôle discret d’un trader suisse
Cette orientation intervient alors que la facture énergétique continue de peser sur les équilibres extérieurs du Maroc et sur l’activité des entreprises, particulièrement sensibles aux fluctuations des cours mondiaux. Dans ce contexte, le recours à des cargaisons issues de circuits de revente reconfigurés depuis 2022 apparaît comme une réponse pragmatique à la pression des marchés.
Le rôle attribué à un trader suisse peu connu, révélé par la plateforme African Intelligence, illustre par ailleurs la transformation du commerce mondial des hydrocarbures depuis trois ans. De nouvelles sociétés, souvent absentes des réseaux traditionnels dominés par les grandes maisons de négoce, ont su capter une part croissante des volumes russes. Cette montée en puissance soulève des interrogations sur la traçabilité des cargaisons, la formation des prix et l’influence grandissante des intermédiaires dans des échanges devenus plus fragmentés.
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