Le Code de la famille quand le courage politique cède au calcul électoral !
Car l’attente, ici, n’est pas neutre. Elle ne suspend pas seulement une décision juridique. Elle fragilise la confiance, alimente les rumeurs, laisse prospérer les intox et entretient un brouillard politique sur une question pourtant centrale dans la vie des Marocaines et des Marocains. Dans les maisons, dans les médias, dans les débats publics, l’espoir d’une réforme réelle a bel et bien existé. Mais il se heurte désormais à un silence pesant, fait d’hésitations, de prudence excessive et de langage politique sous contrôle.
Or, il faut le rappeler avec force, le Code de la famille n’est pas une question périphérique. Il ne s’agit pas d’un simple texte technique, encore moins d’un dossier que l’on peut repousser sans conséquences. La Moudawana touche au cœur même de la société. Elle organise le mariage, le divorce, la garde des enfants, la tutelle, l’héritage, la polygamie, l’âge du mariage. Elle encadre la vie familiale, certes, mais bien plus encore elle dessine une certaine idée de la justice, de l’autorité, de l’égalité et de la place des femmes dans l’ordre social.
C’est pour cela que le débat dépasse largement le champ du droit de la famille. Ce qui se joue ici, ce n’est pas seulement la révision d’un texte. C’est la capacité du politique à regarder en face l’évolution du Maroc. Une société change. Ses rapports familiaux changent. Ses aspirations changent. Le rapport des femmes à la citoyenneté, à l’autonomie, à la dignité et à la justice a profondément évolué. La société marocaine, elle, n’est plus celle d’hier. Dès lors, une question s’impose peut-on encore gouverner une société en mouvement avec des équilibres juridiques qui ne répondent plus pleinement à ses réalités ?
Le malaise actuel vient précisément de là. D’un décalage de plus en plus visible entre un pays qui évolue et un pouvoir qui temporise. Entre des attentes sociales claires et une audace politique qui peine à se manifester. Entre un discours officiel qui valorise la modernisation, l’égalité et l’État de droit, et une pratique politique qui semble redouter le moment de trancher.
Pourquoi cette prudence ? Pourquoi cette lenteur sur une réforme aussi décisive ? Parce que le Code de la famille concentre à lui seul deux lignes de tension majeures le rapport au religieux et le rapport à l’électoral. D’un côté, toute réforme est immédiatement ramenée à la question des seuils du pensable dans un cadre normatif fortement marqué par la référence religieuse. De l’autre, elle est évaluée à l’aune de son coût politique, de son impact sur les équilibres partisans et de sa rentabilité électorale.
C’est là que le problème devient profondément démocratique. Lorsqu’une réforme aussi structurante est ralentie non par absence de besoin social, mais par peur de froisser, peur de perdre ou peur d’assumer, alors ce n’est pas seulement le droit qui recule. C’est le courage politique lui-même qui vacille.
Il faut avoir l’honnêteté de le dire, la Moudawana est aujourd’hui un test politique. Un test de sincérité. Un test de cohérence. Un test de courage. Car gouverner ne consiste pas uniquement à gérer l’existant ou à attendre que les tensions se dissipent d’elles-mêmes. Gouverner, c’est porter une vision, arbitrer, décider, parfois au prix d’un inconfort politique. Une réforme de cette ampleur ne peut être traitée comme une variable d’ajustement entre deux échéances électorales.
La vraie question est donc simple, veut-on accompagner l’évolution sociale du Maroc, ou veut-on continuer à la ralentir au nom d’équilibres provisoires ? Veut-on faire du Code de la famille un levier de justice et d’égalité, ou le maintenir dans une zone grise où l’on promet beaucoup sans transformer assez ?
La stabilité, souvent invoquée pour justifier la prudence, ne doit pas servir de prétexte à l’immobilisme. Une société ne se stabilise pas durablement en repoussant les réformes qu’elle réclame. Elle se stabilise en donnant des réponses justes, lisibles et courageuses aux transformations qu’elle traverse. Et sur cette question, le silence n’est pas une neutralité. C’est déjà une position.
À trop attendre, on finit par produire l’effet inverse de celui recherché. On ne protège ni le consensus ni la cohésion, on nourrit le doute, la frustration et le sentiment que certaines questions essentielles restent otages d’un agenda politique qui n’ose pas dire son nom.
Le Maroc de 2026 n’est plus celui d’hier. Ses femmes, ses hommes, ses familles, ses jeunesses, ses aspirations ne peuvent pas être éternellement suspendus au tempo des prudences électorales. À un moment donné, il faut choisir accompagner le mouvement social ou continuer à le regarder passer.
Et sur le Code de la famille, plus que jamais, ne pas décider est déjà une manière de décider.
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