Marché obligataire : le Maroc renforce ses avoirs en bons du Trésor américains, 4,1 milliards de dollars à fin 2025
Vue aérienne de Bank al-Maghrib. © DR
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Les données publiées récemment par le ministère américain des Finances concernant le marché obligataire américain montrent un changement notable dans la gestion des réserves internationales du Maroc. Les avoirs marocains en bons du Trésor des États-Unis atteignaient 4,1 milliards de dollars à la clôture de 2025, soit une hausse de 891 millions de dollars (+28%) en un an. Ce niveau place le pays juste derrière trois États du Golfe en termes d’accroissement observé sur la période.
Ce « flux discret » vers des actifs souverains de premier rang traduit une double logique : sécuriser une partie des excédents de devise et tirer parti d’une fenêtre opportuniste sur les marchés obligataires internationaux. L’amélioration des recettes touristiques et la hausse des investissements directs étrangers ont reconstitué des excédents en devises que les gestionnaires de réserve ont choisi d’affecter à des titres liquides et fortement garantis.
La décision intervient dans un contexte où la baisse des taux par la Réserve fédérale américaine a réduit le coût d’opportunité des obligations américaines, ouvrant une « fenêtre » permettant d’obtenir une rémunération attractive sans sacrifier la liquidité. Cette stratégie sert aussi à lisser la volatilité sur le marché des changes et à rassurer importateurs et partenaires financiers quant à la capacité du Maroc à honorer ses engagements.
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Une gestion prudentielle
Pour Bank Al-Maghrib, la diversification des réserves en faveur d’actifs liquides et souverains est un instrument de gestion prudentielle. Ces placements auraient généré un rendement global estimé à près de 9 milliards de dirhams au cours de l’année écoulée, un chiffre que met en exergue le compromis recherché entre sécurité et rentabilité. Ce niveau reste, en valeur absolue, modeste face aux portefeuilles de pays pétroliers, mais significatif au regard de la taille de l’économie marocaine.
Sur le plan budgétaire et de la dette, ce renforcement de la trésorerie externe peut faciliter la gestion du service de la dette et réduire la dépendance aux financements de court terme. Il offre aussi une marge de manœuvre en cas de choc extérieur (baisse imprévue des flux touristiques ou perturbation des envois de fonds) en permettant une conversion rapide des actifs en liquidités.
En somme, le recentrage des réserves vers les bons du Trésor américains illustre une stratégie de prudence active qui consiste à sécuriser les excédents de devise, profiter d’un contexte de taux favorable et envoyer un signal de confiance aux investisseurs étrangers. La manœuvre reste toutefois à suivre car son efficacité dépendra de l’évolution des taux internationaux, de la dynamique des recettes en devises du Maroc et des arbitrages que fera Bank Al-Maghrib entre liquidité, rendement et diversification géographique de ses placements.
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