Maroc-FMI : croissance soutenue, réformes structurelles et enjeu de l’emploi
Lors de la présentation des résultats de la mission du FMI au Maroc, le 12 février 2026, Rabat © DR
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À l’issue des échanges avec les autorités marocaines, Bank Al-Maghrib et des représentants des secteurs public et privé, la délégation dresse un constat globalement positif, tout en appelant à une vigilance accrue sur les réformes structurelles et l’emploi.
« La croissance économique en 2025, estimée à 4,9%, a été stimulée par la vigueur des secteurs agricoles et de la construction ainsi que des services », a déclaré Laura Jaramillo. Cette performance s’explique notamment par une production agricole robuste, favorisée par une pluviométrie exceptionnelle.
La dynamique devrait se prolonger. « Cette croissance devrait se poursuivre en 2026, avec une croissance projetée à 4,9%, soutenue par l’investissement public et privé ainsi qu’une production agricole solide », a-t-elle précisé. Le FMI souligne ainsi le rôle central de l’investissement comme moteur de l’activité, dans un contexte de montée en puissance des projets publics et d’engagement accru du secteur privé.
Inflation contenue et politique monétaire adaptée
Sur le plan des prix, la mission note que « l’inflation globale a atteint en moyenne 0,8% en 2025, reflétant une faible inflation alimentaire ». Une performance qui témoigne d’un environnement macroéconomique stabilisé après les tensions observées les années précédentes. Selon la délégation, l’inflation « devrait progressivement augmenter pour atteindre environ 2% d’ici mi-2027 », portée par les effets différés des précédentes baisses du taux directeur et par le renforcement de la demande intérieure lié à l’investissement.
Dans ce contexte, « avec une inflation bien maîtrisée, l’orientation globalement neutre de la politique monétaire demeure adaptée et devrait continuer à s’appuyer sur les données disponibles », a affirmé Laura Jaramillo. La mission « encourage Bank Al-Maghrib à poursuivre sa transition vers une plus grande flexibilité du taux de change à mesure qu’il progresse vers un ciblage de l’inflation », tout en insistant sur la nécessité de « communiquer clairement sur l’échelonnement de cette transition et sur la hiérarchisation des objectifs de la politique économique ».
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Déficit courant, réserves et finance publique : des fondamentaux jugés solides
Le déficit du compte courant devrait « se creuser de façon modérée », en raison notamment de la forte composante en importations des projets d’investissement. Toutefois, cette évolution serait compensée par « une augmentation des recettes touristiques et une hausse des IDE », permettant d’en assurer le financement. La mission souligne par ailleurs que « le niveau des réserves internationales demeure adéquat ». Les risques pesant sur les perspectives sont « de manière générale équilibrés », même si la délégation évoque des incertitudes liées à « un éventuel ralentissement de la zone euro et à une volatilité des prix des matières premières ».
Sur le plan des finances publiques, le déficit du gouvernement central s’est établi à 3,5% du PIB en 2025, contre 3,8% prévu initialement. Cette amélioration est attribuée à la performance des recettes fiscales. « Les recettes fiscales ont atteint 24,6% du PIB en 2025, soit une augmentation considérable au cours des deux dernières années résultant des récentes réformes de la politique fiscale et de l’amélioration de la gestion des recettes », a indiqué Laura Jaramillo.
Une partie de cette surperformance a servi à financer des investissements supplémentaires et des transferts aux établissements et entreprises publics. Néanmoins, la mission recommande la prudence, « Il conviendrait de mettre en réserve au moins une partie de cette surperformance dans une optique de renforcer davantage les marges budgétaires. » Elle ajoute que « la poursuite de la bonne performance des recettes, conjuguée à une reconfiguration des dépenses, pourrait également permettre de dégager des marges pour accroître l’investissement dans le capital humain ».
Capital humain : accélérer les réformes
L’amélioration de l’accès « à l’éducation, aux services de santé et à la protection sociale pour les plus vulnérables continue de s’améliorer », constate la mission. Toutefois, elle « encourage l’accélération des réformes en cours dans lesdits secteurs ». Pour Laura Jaramillo, « tirer pleinement parti des opportunités offertes par l’accélération de l’investissement public exige une gestion prudente des risques, y compris budgétaires et économiques, et un investissement accru dans le capital humain, notamment dans la santé et l’éducation ».
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Malgré des indicateurs macroéconomiques solides, la création d’emplois durables demeure le principal défi. « La création d’emplois durables demeure un défi majeur qui nécessite des réformes favorisant un secteur privé plus dynamique et une meilleure réactivité du marché du travail », a déclaré Laura Jaramillo. Dans cette optique, « l’accélération des réformes des établissements et entreprises publics visant à améliorer leur performance et leur gouvernance est essentielle pour accroître la concurrence et garantir la neutralité du marché entre les entreprises publiques et privées ».
La mission « salue le ciblage plus précis du soutien financier et technique accordé aux TPME », à travers la Charte d’investissement, les Centres régionaux d’investissement, le Fonds Mohammed VI pour l’investissement et la nouvelle Charte TPME. Elle « encourage un suivi étroit des résultats en matière d’emploi ». Par ailleurs, la mission « salue les progrès réalisés dans le renforcement du cadre budgétaire à moyen terme (CBMT) et dans la gestion de l’investissement public », en particulier les démarches visant l’adoption d’une nouvelle règle budgétaire.
Elle insiste toutefois sur la nécessité de « continuer à fournir les efforts nécessaires pour identifier, quantifier et surveiller systématiquement les risques budgétaires, notamment ceux liés aux établissements et entreprises publics, avec une meilleure communication au niveau du CBMT ».
Enfin, la délégation « se félicite également de la mise en œuvre continue de la Feuille de route pour l’emploi 2030 », qui « offre un cadre global pour réduire le chômage grâce à une modernisation des politiques actives du marché du travail et apporte un soutien accru aux jeunes non diplômés », tout en appelant à « des mesures complémentaires pour combler l’inadéquation des compétences ».
Au terme de la mission, l’équipe du FMI « tient à remercier les autorités marocaines ainsi que les autres parties pour leur accueil chaleureux et les échanges constructifs ». Les conclusions préliminaires donneront lieu à un rapport soumis au Conseil d’administration du FMI pour examen et décision.
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