Analyse : « La résolution 2797, un tournant historique pour le Sahara », Driss Aissaoui

Avatar de Hajar Toufik

Temps de lecture :

Driss Aissaoui : « La résolution 2797, un tournant historique pour le Sahara »Le Conseil de sécurité de l’ONU lors du vote historique de la résolution 2797 consacrant le plan marocain d’autonomie pour le Sahara © DR

A
A
A
A
A

Après le vote de la résolution 2797 par le Conseil de sécurité de l’ONU en faveur du plan marocain d’autonomie du Sahara,  et le discours du roi Mohammed VI à cette occasion, Driss Aissaoui livre son analyse de ce tournant historique. 

La résolution 2797 du Conseil de sécurité de l’ONU constitue, selon Driss Aissaoui, analyste politique et économique, « le titre d’un tournant historique dans l’affaire nationale du Sahara » et représente « un moment sans précédent dans ce conflit artificiel qui dure maintenant depuis une cinquantaine d’années ». L’expert souligne que cette décision intervient alors que le Royaume du Maroc célèbre le 50e anniversaire de la Marche Verte et le 70e anniversaire de son indépendance, « ce qui fait que nous sommes véritablement en présence d’un moment historique pour le Maroc ».

Aissaoui rappelle que cette résolution a été portée par les États-Unis, sous l’impulsion du président Donald Trump, « qui a considéré que l’affaire du Sahara ne devait plus rester un point de blocage au niveau de cette région du Maghreb ». Selon lui, ce vote marque « une étape capitale dans la reconnaissance internationale du plan marocain d’autonomie et de la souveraineté du Royaume sur ses provinces sahariennes ».

Le roi Mohammed VI : « Il y a un avant et un après 31 octobre »

La diplomatie marocaine au cœur du succès

Le politologue met en lumière le rôle central de la diplomatie marocaine sous l’égide du roi Mohammed VI. « La diplomatie marocaine a fait un travail extraordinaire », explique-t-il, « un travail qui a permis de ficeler le dossier, de le présenter sur le plan juridique, mais surtout de travailler avec la population des provinces sahariennes ». Il insiste sur l’implication des citoyens sahraouis dans le développement socio-économique et dans le respect des droits de l’Homme : « Ils ont été impliqués de la manière la plus idéale possible. Ils ont été élus, candidats, et sont aujourd’hui membres de structures régionales, locales et même nationales ».

L’analyste souligne d’ailleurs que certains anciens membres du Polisario ont répondu à l’appel de la mère patrie et occupent désormais des postes importants, que ce soit dans l’administration territoriale ou au sein des institutions représentatives du pays : « Ils défendent les intérêts du Maroc et contribuent activement à la consolidation de l’unité nationale ». Selon Aissaoui, « tout le travail accompli a préparé le territoire et les populations à vivre ce moment historique extrêmement important et intelligent dans l’évolution des choses au niveau du Royaume ».

Interrogé sur la non-participation de l’Algérie au vote, Driss Aissaoui note que « c’est bien entendu une forme de protestation, mais c’est plutôt un signe d’isolement. Le représentant de l’Algérie a fait les réserves d’usage sur le dossier présenté et a décidé de ne pas participer au vote, ce qui exprime de manière solennelle l’isolement de l’Algérie, tant au niveau régional qu’international. Ce qui est la vérité aujourd’hui !».

L’appel du Roi à la coopération régionale

L’expert rappelle les propos du roi Mohammed VI dans son discours du 31 octobre : « Il a relancé l’appel au dialogue à l’Algérie et a souligné que cette affaire du Sahara n’est pas une affaire de gagnant-gagnant ni de gagnant-perdant. C’est une construction d’un ensemble global qui peut être bénéfique à tous les citoyens du Maghreb, que ce soit l’Algérie, le Maroc ou la Tunisie ». Le Roi a invité le président algérien à des discussions directes, « une invitation extraordinaire qui exprime, encore une fois, la force et l’intelligence de l’approche marocaine ».

Driss Aissaoui souligne également la formule du Roi : « Il y a un avant 31 octobre et un après 31 octobre », qui, selon lui, « donne véritablement la mesure de ce que sera l’avenir, le présent et le futur de cette région ». L’analyste insiste sur la sagesse de la diplomatie marocaine, « qui n’a pas abordé cette problématique comme un moment de vengeance et n’a pas cherché à arborer l’image d’un Roi qui a gagné. Le Roi a parlé en tant qu’Amir al-Mou’minine, pour rassembler, apaiser et préparer chacun à contribuer au développement socio-économique des provinces sahariennes ».

Les projets stratégiques dans les provinces sahariennes

Driss Aissaoui a tenu tout de même à rappeler que le Maroc a lancé de nombreux projets dans ces provinces : « Le port atlantique de Dakhla, un port extrêmement important qui sera un espace ouvert pour les pays du Sahel, le gazoduc Nigeria-Maroc, qui profitera à 12 ou 13 pays africains, ainsi que des projets économiques, touristiques et logistiques ». Selon lui, « ces provinces sont aujourd’hui véritablement l’arrière-pays de tous les pays du Sahel. Au lieu d’exporter seulement la violence ou l’intégrisme, ces pays peuvent désormais exporter du gaz naturel et bénéficier de la connectivité avec la Méditerranée ».

Enfin, l’expert souligne l’image symbolique du Roi aux côtés du prince héritier Moulay Hassan et du prince Moulay Rachid, tous vêtus de tenue traditionnelle :

Ils se sont adressés aux Marocains avec beaucoup de courage et de sérieux pour dire l’avenir de notre pays est ainsi fait, il le sera ainsi et ça c’est l’appel de l’avenir qui a été fait à travers ce discours et je pense que sa majesté a eu raison de le dire aujourd’hui avec force dans ce discours.

JEUX Nouveau
🎯 Mot du Jour chargement...

Devine le mot français du jour et apprends son équivalent en Darija 🇲🇦

Appuie sur Entrée pour jouer avec ton essai déjà rempli !

Dernier articles
Les articles les plus lu
Législatives 2026 : la MEF salue le déroulement du scrutin

La Mission électorale de la Francophonie salue le déroulement des législatives du 23 septembre, tout en relevant une participation de 38,02% et des irrégularités ponctuelles.

El Mehdi El Azhary - 28 septembre 2026
Maroc-France : une visite royale envisagée en janvier 2027

L’Élysée aurait proposé la troisième semaine de janvier 2027 pour une visite du roi Mohammed VI en France, alors que le projet de traité bilatéral approche de sa finalisation.

El Mehdi El Azhary - 28 septembre 2026
PJD : comment expliquer le retour de 13 à 54 sièges ?

Passé de 13 à 54 sièges, le PJD retrouve une place centrale à la Chambre après les législatives du 23 septembre, entre vote sanction et remobilisation électorale.

Ilyasse Rhamir - 28 septembre 2026
Résultats des élections de 2026 : de la nécessité d’une clarification politique au Maroc

Quelle alliance est capable de réunir une majorité apte à gérer les affaires de l'État et une opposition porteuse d'une alternative politique ?

Rédaction LeBrief - 28 septembre 2026
Limouri de retour à Tanger : l’Intérieur enquête, le PAM attend les résultats

Mounir Limouri est rentré à Tanger alors que l’Intérieur enquête sur des irrégularités électorales et que le PAM attend les résultats.

Rédaction LeBrief - 28 septembre 2026
L’Intérieur ouvre une enquête sur deux bureaux de vote à Tanger

Une commission centrale enquête à Tanger sur des irrégularités signalées dans deux bureaux de vote lors des législatives du 23 septembre 2026.

Ilyasse Rhamir - 28 septembre 2026
Voir plus
Enseignement supérieur : le gouvernement fait le point sur l’avancement de la réforme

Politique - Le gouvernement fait le point sur la réforme de l'enseignement supérieur et son impact sur la recherche scientifique.

Mouna Aghlal - 12 mars 2026
Conseil de gouvernement : adoption de deux décrets sur la pêche continentale et les OPCVM

Politique - Le Conseil de gouvernement approuve des décrets sur la pêche continentale et les OPCVM pour une meilleure organisation sectorielle.

Mouna Aghlal - 12 mars 2026
Le CCG salue le soutien du Roi Mohammed VI et réaffirme son appui à la marocanité du Sahara

Politique - Le CCG réaffirme son appui à la marocanité du Sahara lors de la 8e réunion ministérielle conjointe.

Mouna Aghlal - 12 mars 2026
La médecine à distance, pour qui ? pour quoi ? combien ?

Politique – Comment la télémédecine transforme l’accès aux soins, notamment dans les zones rurales ou enclavées ?

Sabrina El Faiz - 12 mars 2026
Le roi Mohammed VI salué par le CCG pour son engagement envers la ville sainte

Politique - Le CCG salue l'engagement du roi Mohammed VI lors de la réunion ministérielle conjointe. Un moment fort pour le Maroc et la région.

Mouna Aghlal - 12 mars 2026
Khénifra : Nizar Baraka lance plusieurs projets pour renforcer le réseau routier

Politique - Le ministre lance des projets pour renforcer la connectivité à Khénifra et améliorer les infrastructures routières locales.

Mouna Aghlal - 10 mars 2026
pub

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée Champs requis marqués avec *

Poster commentaire