Importation des médicaments : aux grands maux, les grands remèdes ?
Des médicaments © DR
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Aujourd’hui, les pharmaciens alertent sur une crise de confiance généralisée. Près d’un tiers des pharmacies seraient au bord de la faillite. Pour les représentants professionnels, ce malaise résulte d’un manque de dialogue et d’une absence de vision concertée pour moderniser la chaîne du médicament, de la production à la mise à disposition des patients.
Nouvelles règles pour l’importation des médicaments
Alors que le débat sur la politique pharmaceutique s’enlise, un autre enjeu apparaît : le dédouanement et la circulation des médicaments importés. Les nouvelles dispositions du Code des douanes et des impôts indirects introduisent des changements importants.
À partir du 1er janvier 2026, plusieurs articles du Code seront modifiés, notamment le chapitre IV du titre premier et le chapitre premier du titre IV. Ces révisions renforcent le contrôle sur la destination des marchandises importées, y compris les produits pharmaceutiques. L’article 19 bis oblige tout importateur à déclarer le lieu de stockage ou de transformation des produits.
Pour les médicaments, cela implique une traçabilité renforcée dès l’entrée sur le territoire. L’administration pourra vérifier la cohérence entre la nature des produits, les autorisations détenues et leur lieu d’entreposage ou de transformation. Objectif : lutter contre les détournements et sécuriser un secteur exposé à la contrefaçon et aux circuits parallèles.
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Vers une dématérialisation des formalités
Autre avancée majeure : la création d’une plateforme électronique agréée par les douanes, prévue par l’article 76 ter. Elle permettra le dépôt et la transmission automatisée et sécurisée des documents commerciaux liés aux déclarations. Pour les importateurs de médicaments, cette innovation simplifie et sécurise le dédouanement.
Jusqu’ici, les certificats d’analyse, autorisations sanitaires et certificats d’origine étaient traités en grande partie sur support papier. L’automatisation devrait réduire les délais et limiter les erreurs ou falsifications. Elle permettra aussi de croiser les données en temps réel avec les ministères de la Santé et du Commerce. Résultat : une traçabilité complète du médicament, de la fabrication à sa mise en circulation, et un contrôle plus efficace contre les fraudes.
Les nouvelles règles modifient aussi le périmètre des infractions douanières. L’article 282 élargit la définition de la contrebande pour inclure tout contournement des règles d’importation ou toute dissimulation de marchandises en transit. Les importations non déclarées ou incomplètes, y compris de médicaments, tombent désormais clairement sous le coup de la loi.
Ce durcissement vise à sécuriser le circuit du médicament et à se conformer aux standards de l’Organisation mondiale des douanes. Il assure que tout médicament sur le territoire marocain a fait l’objet d’un contrôle complet, de l’entrée à la distribution.
À terme, cela pourrait renforcer la position du Maroc comme hub pharmaceutique régional, respectant les normes de traçabilité exigées par les laboratoires et partenaires africains.
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Enjeux économiques et sanitaires
Pour le secteur, ces mesures présentent une double lecture. Elles modernisent l’administration et améliorent la transparence. Mais elles suscitent des inquiétudes quant à la capacité des petites structures à s’adapter au numérique.
Certaines associations craignent un déséquilibre entre grands importateurs et pharmacies indépendantes. Les pharmaciens soutiennent une régulation plus stricte, mais rappellent que la simplification ne doit pas nuire à l’accès équitable aux médicaments.
Le défi est donc de trouver un équilibre entre un contrôle douanier strict et un approvisionnement rapide. Face aux tensions entre syndicats et autorités, ces nouvelles règles pourraient relancer le dialogue pour assurer des médicaments sûrs, accessibles et de qualité pour tous.
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