Discours royal du 10 octobre 2025 : perspectives de la proactivité territoriale
Tribune
Ibtissam El RhaliDocteur en droit public et sciences politiques Chercheur en développement humain
Dans ce cadre, Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu Le glorifie, rappelle : « Nous avons appelé dans le dernier Discours du Trône à accélérer la marche du Maroc émergent et à lancer une nouvelle génération de programmes de développement territorial ». Cette déclaration met en lumière la volonté royale de consolider une gouvernance proactive territoriale, centrée sur la cohérence, la proximité et la responsabilité partagée. Dès lors, la proactivité s’impose comme le pivot de l’action publique : elle implique l’anticipation, la planification stratégique, la mobilisation des ressources locales et la coordination entre institutions et acteurs territoriaux.
De plus, le discours royal accorde une place prépondérante au citoyen, non plus en tant que bénéficiaire, mais en tant qu’acteur et levier du développement. Cette approche transforme profondément la relation entre l’Etat et le citoyen, elle promeut la coresponsabilité et instaure une intelligence collective territorialisée où chacun contribue activement à la production du bien commun.
Par ailleurs, Sa Majesté le Roi Mohammed VI que Dieu le préserve, insiste sur la nécessité d’un changement des mentalités et des méthodes de travail :
« La transformation majeure que Nous entendons opérer en matière de développement territorial, requiert un changement significatif des mentalités et des méthodes de travail, ainsi qu’un véritable enracinement de la culture du résultat. Cette démarche doit reposer sur la collecte de données de terrain précises et l’utilisation des technologies numériques ».
Cette orientation place la culture du résultat au coeur de la gouvernance publique. L’usage des outils numériques et des données fiables devient essentiel pour renforcer la connaissance, l’efficacité et la capacité d’adaptation des institutions. Ainsi, l’action publique ne se limite plus à une simple gestion administrative, elle s’inscrit dans une démarche de performance et d’innovation au service des citoyens et des territoires.
Dans cette dynamique, le discours royal présente une véritable architecture triptyque de la gouvernance proactive territoriale, articulée autour de trois piliers complémentaires : la communication, l’encadrement et l’inclusion.
D’abord, la communication traduit une gouvernance de proximité et de transparence. Elle s’inscrit également dans une dimension d’accueil et d’écoute destinée à retisser les liens entre l’administration et les citoyens, à restaurer la confiance, comme levier d’engagement citoyen, favorisant la compréhension, la participation et la légitimité des politiques publiques.
A cet égard, Sa Majesté le Roi Mohammed VI que Dieu l’assiste souligne : « Une attention particulière doit être portée à l’encadrement des citoyens et à la communication autour des initiatives engagées par les pouvoirs publics, …». Ensuite, l’encadrement s’incarne dans la dimension de l’incubation et de la co-production du développement. Comme l’affirme Sa Majesté le Roi Mohammed VI que Dieu le protège et le soutienne : « Il s’agit notamment des questions clés que Nous avons définies comme prioritaires, au premier rang desquelles figurent l’encouragement des initiatives locales et des activités économiques, la création d’emplois pour les jeunes, la promotion concrète des secteurs de l’éducation et de la santé, ainsi que la mise à niveau territoriale».
Cette vision érige l’Etat en facilitateur et catalyseur, accompagnant les acteurs locaux dans la valorisation des compétences, la création d’entreprises et la structuration de chaînes de valeur territoriales. Ainsi, le développement devient un processus collectif, dynamisé par la complémentarité des initiatives publiques et locales.
Enfin, l’inclusion traduit la dimension sociale de la gouvernance territoriale. Sa Majesté le Roi Mohammed VI que Dieu l’assiste souligne avec force :
« Cette mission n’est pas du seul ressort du gouvernement. Elle est l’affaire de tous, et vous, les parlementaires, êtes en première ligne, car vous êtes les représentants des citoyens. C’est aussi la responsabilité des partis politiques et des mandataires siégeant au sein des différents Conseils élus, à tous les échelons de l’organisation territoriale. Doivent également s’y associer médias, acteurs de la société civile et, globalement, toutes les forces vives de la Nation».
Cette déclaration démontre le passage d’une gouvernance verticale à une gouvernance collaborative et partagée, mettant en lumière l’importance d’une synergie entre tous les acteurs du territoire. Elle invite à une mobilisation collective où chaque acteur, qu’il soit institutionnel, politique ou issu de la société civile, contribue activement à la construction d’un projet territorial inclusif et durable. Par ce biais, le développement n’est plus seulement un objectif imposé, mais un processus co-construit, renforcé par la complémentarité des initiatives publiques et locales et orientées vers l’impact concret pour les citoyens.
Au-delà de cette structuration, le discours royal présente une lecture novatrice des inégalités territoriales. Celles-ci ne sont plus perçues comme de simples déficits à combler, mais comme des leviers d’expérimentation et d’innovation. Les territoires marginalisés deviennent ainsi de véritables livings labs, où s’élaborent des politiques publiques contextualisées et adaptées aux spécificités locales. Une telle approche transforme la contrainte en opportunité et confère à la gouvernance territoriale une dimension d’apprentissage continu.
Dans cette perspective, la justice sociale et l’équité territoriale apparaissent comme les fondements de la gouvernance territoriale proactive. Elles assurent non seulement la cohésion sociale, mais également la durabilité des programmes de développement territorial intégré face aux mutations économiques, sociales et environnementales.
En définitive, le discours royal redéfinit un paradigme renouvelé de la gouvernance territoriale, dans lequel la communication, l’encadrement et l’inclusion constituent les leviers d’une action intégrée, participative et orientée vers le résultat. Le citoyen, désormais reconnu dans son rôle central, n’est plus uniquement bénéficiaire, mais acteur stratégique, co-construisant le développement territorial avec l’Etat et les collectivités territoriales, au sein d’une dynamique de coresponsabilité et de progrès partagé.
Tout commence en novembre 2022, dans un contexte d’effervescence technologique mondiale. Un cadre, identifié sous le nom de Mr. Zhou, rejoint une entreprise spécialisée dans les nouvelles technologies. Son rôle est alors jugé critique et hautement stratégique : en tant que superviseur de l’assurance qualité, il doit orienter les résultats produits par les Grands Modèles de Langage (LLM), filtrer les biais, assurer la sécurité des contenus et affiner la pertinence des réponses algorithmiques. À cette étape, l’intelligence artificielle est perçue…
Par Pr. Mourad Alami, Professeur des Universités Maroc, Allemagne, ChineAprès le 11 septembre 2001, l’OTAN a activé pour la première fois l’article 5, proposant immédiatement aux États-Unis une riposte militaire collective. Mais ce sont les Américains qui ont refusé l’aide directe de l’Alliance, préférant mener l’opération Enduring Freedom avec une coalition ad hoc. Vingt ans plus tard, la situation s’est inversée : lors de la guerre d’Iran de 2026, Washington a appelé l’OTAN à ses côtés, mais les Européens ont refusé catégoriquement. L’Alliance, jadis empressée à combattre aux côtés…
Par Mohamed Zilaoui, Ecrivain et chercheur en sciences politiquesLe débat sur la RSE est souvent mal posé. On parle de conformité, de communication, parfois de philanthropie. On oublie l’essentiel : si l’entreprise doit répondre de ses effets sur la société, alors la RSE dépend d’abord de la manière dont elle décide, collabore et apprend. Repenser la RSE à travers les pratiques d’innovation Avant le virage étudié par les auteurs, l’innovation du groupe observé restait surtout incrémentale : on améliorait l’existant, on optimisait l’opérationnel, on gagnait en efficacité. C’était…
Par Hanane El Amraoui, Enseignante chercheuse à HEC Rabat Business SchoolIl serait réducteur de penser que l’arabe marocain reste une préoccupation purement locale de certains pionniers ou de différentes start-ups marocaines. En réalité, elle bénéficie d’une véritable reconnaissance internationale, mobilisant l’expertise de centres universitaires prestigieux tels que la fameuse « Harvard University », (arXiv), Darija Open Dataset, travaux sur la Darija Open Dataset (DODa), l’un des plus larges datasets open-source pour la traduction darija-anglais, MIT, Maryland University, EPFL, Columbia University, Carnegie Mellon University, Inalco, Université de Malte, Université de Grenade,…
Par Dr Mourad Alami, Universitaire, écrivain et traducteur en Allemagne et au MarocCar derrière l’enthousiasme technologique, une réalité plus discrète s’impose. L’intelligence artificielle, aussi performante soit-elle, ne transforme pas un système par elle-même. Elle s’inscrit dans un environnement existant, avec ses logiques, ses forces… et ses limites. Elle peut accélérer, affiner, optimiser. Mais elle ne remplace ni la cohérence organisationnelle, ni la clarté des processus, ni la fluidité des interactions. Autrement dit, elle agit sur ce qui est déjà là. Le véritable enjeu est-il technologique ou structurel ? Si la question est…
Par Ihsane El Fakid, Professeure-chercheuse en sciences de gestion à l’École HEC Rabat. Spécialisée en marketing digital et transformation des organisations, elle analyse les dynamiques managériales à l’ère du digital.Cette focalisation quasi-automatique sur le prix révèle un malentendu profond. Car en réalité, le prix n’est presque jamais le véritable enjeu d’une négociation. Il en est le symptôme. Derrière chaque débat tarifaire se cachent des questions de valeur, de perception, de confiance et de positionnement. La négociation est considérée au Maroc non pas seulement comme étant une technique commerciale. Mais bien, elle est un réflexe culturel, une pratique sociale, parfois même un rituel. Du souk traditionnel aux contrats B2B, en…
Par El Idrissi Mariyam, Docteure en Marketing, et Enseignante chercheure en Marketing à l’ISGA, Edvantis Higher Education GroupLongtemps cantonnée à des formations classiques, la gestion des ressources humaines évolue vers des approches plus dynamiques et expérientielles. Le Talent Lab s’inscrit précisément dans cette logique : il ne s’agit plus seulement d’apprendre, mais de tester, expérimenter et révéler les compétences en situation réelle. Une nouvelle manière de développer les talents Concrètement, un Talent Lab est un espace – physique ou digital – où collaborateurs et étudiants participent à des ateliers immersifs, des simulations professionnelles, des projets collaboratifs ou…
Par Safaa Makati, Professeur chercheur, responsable pédagogique de la filière comptabilité finance et contrôle à l'ISGAL’illusion du progrès automatique Dans le confort théorique, la digitalisation promet une efficacité décuplée et une croissance exponentielle. Mais sur le terrain, la réalité des marchés émergents comme le Maroc est bien plus nuancée. Le décalage entre l’intensité des investissements et la faiblesse des gains observables n’est pas un accident de parcours, c’est le résultat d’une erreur de diagnostic stratégique. Le digital impose une asymétrie brutale : les coûts (infrastructures, cybersécurité, maintenance…) sont immédiats et irréversibles, tandis que les bénéfices…
Par Dr Jihane Tayazim, Professeur-Chercheur en Finance, HEC RabatCependant, cette pratique pose une question délicate : où s’arrête l’inspiration et où commence l’appropriation illégitime d’une histoire personnelle ? L’affaire entourant Kamel Daoud et son roman Houris illustre les tensions qui surgissent lorsque fiction et réalité s’entrelacent. Lauréat du prix Goncourt 2024, Daoud se voit reproché d’avoir utilisé, sans consentement, le récit d’une survivante de la guerre civile algérienne, ancienne patiente de son épouse psychiatre. Si l’écrivain réfute ces accusations en invoquant la fiction comme territoire libre, cette controverse…
Par Intissar Haddiya, Médecin et auteure marocaineDans les grandes agglomérations, les tendances sont tout aussi disparates. À Casablanca, l’IPAI a reculé de 1%, avec des baisses de 0,5% pour les biens résidentiels, de 2,7% pour les terrains, et de 2,2% pour les actifs professionnels. La ville a également enregistré une contraction significative de 30,1% des transactions, notamment pour les terrains (-41,7%) et les locaux professionnels (-33,3%). À Rabat, les prix ont diminué de 0,6% globalement, avec une baisse notable de 7,5% des actifs professionnels, mais les…
Par Karim Mabrour, Fondateur et CEO de MKM ImmobilierLe rôle du Maroc s’étend bien au-delà de la simple défense de son intégrité territoriale face aux revendications désuètes du Polisario, il incarne une riposte systématique aux menaces qui gangrènent la stabilité de l’Europe, du Sahel et du Maghreb. La position géostratégique du Maroc, à la croisée de l’Atlantique, de la Méditerranée et du Sahel, confère au pays une fonction essentielle dans l’architecture sécuritaire mondiale. Les services de renseignement marocains, notamment la Direction Générale de la Surveillance du Territoire (DGST)…
Par Faiçal Marjani, Acteur associatifLa célébration de l’année hégirienne incarne le socle islamique fondamental de l’identité marocaine, tandis que la commémoration de l’année grégorienne illustre l’ouverture du Royaume au monde moderne et son interaction avec la culture occidentale. La célébration de l’année amazighe, quant à elle, honore des racines ancestrales profondes liées à l’identité amazighe, un pilier fondamental du tissu social marocain. Bien que ces festivités témoignent d’une reconnaissance certaine de la diversité culturelle marocaine, elles révèlent néanmoins des lacunes criantes si elles n’incluent…
Par Faiçal Marjani, Acteur associatifUne ambition qui dépasse les frontières Au-delà de l’exposition et des conférences, le Green Impact Expo & Summit porte une vision : celle de créer une communauté marocaine de la mobilité durable, où chaque acteur, qu’il soit industriel, institutionnel, académique ou citoyen peut contribuer à construire les solutions de demain. Cet événement incarne une dynamique unique, où la collaboration transcende les simples enjeux commerciaux pour embrasser une responsabilité collective envers l’avenir de notre planète. Dans un contexte où les politiques…
Par Omar Amarouch, Chargé des partenariats et de la commercialisation du Green Impact Expo & Summit,Dans ces environnements urbains, les rythmes de vie, les infrastructures et les dynamiques sociales ne sont plus en phase, créant une fragmentation de l’expérience urbaine. L’urbanisation rapide, souvent motivée par des impératifs économiques plutôt que par une vision cohérente de la ville, conduit à un désaccord entre les différents éléments qui composent la cité. Les transports fonctionnent à une cadence différente de celle des besoins résidentiels, les espaces de travail ne s’intègrent pas harmonieusement aux zones de loisirs, et les…
Par Mohammed Hakim Belkadi, Consultant architecte des écosystèmes urbains prédictifs et des milieux interconnectés expert judiciaireCe régime, dont les pratiques empiètent systématiquement sur la souveraineté des nations voisines, s’appuie en interne sur une propagande mensongère visant à alimenter la haine, à détourner ses citoyens de leurs véritables aspirations, et à les priver de leur droit légitime au développement, à la justice sociale, et à la prospérité. Son objectif est évident : manipuler l’opinion publique pour la maintenir captive de projets idéologiques en décalage complet avec les besoins et les droits réels de ses citoyens. Après…
Par Faiçal Marjani, Acteur associatifUne réflexion scientifique pour une mobilité durable La programmation scientifique du Green Impact Expo & Summit repose sur une approche transversale qui intègre les dimensions économiques, sociales et environnementales de la mobilité. L’objectif est clair : élaborer des solutions innovantes adaptées aux territoires et aux besoins des populations, tout en répondant aux impératifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Le Maroc, acteur clé de cette dynamique, s’est fixé un objectif ambitieux de réduction de 45% de…
Par Mehdi Amarouch, Directeur du programme Green Impact Expo & Summit