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Hajar Toufik Publié le 08/07/25 à 10:39
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Une leçon de démocratie

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Il était près de 2h du matin quand le verdict est tombé. Dans une salle tendue, pleine de promesses futures et de regards inquiets, Jawad Ziyat a été élu président du Raja de Casablanca, au terme d’une assemblée générale marathonienne. Une nuit comme seule l’histoire du Raja sait en produire, avec beaucoup de passions et de débats vifs, et au bout du compte, un exercice démocratique rare et exemplaire.

Ce n’est pas un hasard si l’élection a duré si longtemps. Au Raja, on ne vote pas à la va-vite. On débat, on confronte, on pèse chaque mot. La démocratie associative, ici, a toujours été un théâtre vivant, parfois bouillonnant, mais profondément enraciné dans la culture du club. Et ce lundi 7 juillet 2025 n’a pas fait exception. Entre la transformation juridique en société anonyme et le choix du futur président, l’histoire s’est écrite en direct, suivie minute par minute sur les réseaux sociaux.

Ce qui s’est passé cette nuit, ce n’est pas seulement une passation de pouvoir. C’est un moment fondateur, le début d’une nouvelle ère, où l’ADN associatif du Raja devra cohabiter avec une gouvernance moderne, incarnée par RAJA SA. Une transition complexe certes, mais nécessaire si le club veut se hisser à la hauteur de ses ambitions continentales et financières.

Jawad Ziyat, qui retrouve la présidence après l’avoir quittée en 2020, sait mieux que quiconque le poids de ce mandat. Il revient fort d’une légitimité acquise dans les urnes et d’un projet mûri, articulé autour de la rigueur, de la vision entrepreneuriale et de l’attachement aux valeurs du club. Il lui faudra, dès à présent, conjuguer l’héritage avec l’innovation, et surtout, faire vivre cette société sportive sans renier l’âme verte du Raja.

Car c’est bien là le défi : rester le Raja, tout en devenant RAJA SA. L’assemblée de cette nuit l’a bien montré : les Rajaouis ne veulent pas d’un club différent. Ils veulent un Raja plus fort, mais toujours le leur.