Les saveurs à prix d’or sur le marché casablancais
Image d'illustration © Depositphotos
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Dans l’agitation des souks bruyants, où les arômes des produits frais et épices se mélangent, les marchands et les grossistes se livrent à un incessant ballet. Le marché de gros de Casablanca, vaste et animé, s’anime au rythme des échanges, des poignées de mains fermes et des prix notés sur des carnets usés. Ici, tout tourne autour de la balance : celle qui pèse les courgettes encore humides et celle, plus discrète, qui ajuste l’offre et la demande, notant notre angoisse profonde d’une inflation qui n’a que trop duré.
Cette semaine encore, les étals du marché de gros brillent de couleurs vives, à en croire Casa Prestations. Les cagettes débordent de promesses : potirons oranges, tomates éclatantes, aubergines brillantes.
Le récit des légumes
Dans cet espace où chaque produit a sa valeur, la tomate devient précieuse. Entre 3 et 5,50 dirhams le kilogramme, elle fluctue au gré des tendances du marché. Rouge et juteuse, elle est essentielle à la cuisine marocaine, star des tajines, présente dans les salades et très appréciée dans les plats chauds. Son prix, bien qu’élevé, paraît raisonnable comparé à d’autres produits.
Le potiron, quant à lui, se distingue avec fierté. À 7 dirhams le kilogramme pour les plus gros, il rappelle que la nature est généreuse, mais que son prix ne l’est pas autant avec nos portefeuilles. Près de là, les carottes, plus simples, se négocient entre 1,20 et 2,50 dirhams, tandis que les pommes de terre, stars de toutes nos tables à la vue de l’inflation, restent accessibles, entre 2,30 et 4 dirhams.
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Le chou-fleur, délicat et léger, voit son prix varier entre 1 et 2 dirhams. Les aubergines, quant à elles, se négocient de 2,50 à 4 dirhams, cherchant leur place parmi les autres. Les concombres, en temps normal modestes, sont cette semaine à 4 dirhams le kilogramme ! Eux aussi ont pris du galon !
Des fruits juteux à prix pas très doux
Si les légumes sont des incontournables dans chaque foyer, les fruits sont associés à la joie et à la douceur après des journées chargées. Et pour cause ? Leur prix, parfois, grimpe, un peu trop !
L’avocat, star de la future saison ramadanesque, coûte 13 dirhams le kilogramme pour les moins bons, atteignant 21 dirhams pour les meilleurs. À côté, la banane, habituée du petit-déjeuner, varie entre 6 et 9 dirhams, pour la locale et entre 9 et 17 dirhams pour l’importée.
Cependant, ce sont les fraises qui suscitent le plus d’intérêt en ce moment, malgré leur taille anormalement grande. Leurs prix vont de 9 à 18 dirhams, incarnant le mélange de luxe et de simplicité. Autrefois signe d’abondance, le prix relativement bas pour ce fruit luxueux peut être dû à un manque de saveur certain, que nous avons pu constater.
Enfin, la pomme, vibrant dans son pelage rouge, parfois vert, devient un bijou du marché. La locale, minuscule en rayon qui fait peine à voir, et qu’il vaudrait mieux consommer sur place, se vend entre 6 et 11 dirhams le kilo. L’importée, quant à elle, semble avoir un visa Schengen vu son prix élevé de 13 à 23 dirhams le kilo !
Le prix de la viande fidèle à lui-même
Dans ce tableau vivant, les abattoirs de Casablanca ajoutent une note plus grave. Pouvons-nous réellement parler de baisse, lorsqu’il s’agit de 5 dirhams sur un produit qui est devenu inaccessible ? La viande bovine, se vendant entre 75 et 88 dirhams le kilogramme, rappelle que la bonne chère est tout simplement chère. La viande ovine, plus recherchée, s’élève entre 115 et 120 dirhams, affirmant son statut de met prestigieux réservé pour les repas spéciaux, aux tables où l’on festoie. Eh oui, les Marocains n’auront de la viande qu’une fois de temps en temps… et encore !
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