Lekjaa : quelles stratégies pour réduire le déficit ?
Fouzi Lekjaa, ministre délégué chargé du Budget, à la CGEM ce mercredi 22 janvier, au siège de la Confédération à Casablanca, pour échanger sur les dispositions de la Loi de finances 2025 © Le Brief
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Les mesures de la Loi de Finances 2025 sont là pour renforcer la résistance économique d’un pays face aux problèmes mondiaux et améliorer le niveau de vie des citoyens. Ca c’est dit. La généralisation de l’AMO, qui touche 32 millions de personnes (en englobant toutes les personnes déjà inscrites à la CNSS) en est une preuve. En même temps, l’augmentation des investissements dans l’éducation et la santé va permettre d’avoir une main-d’œuvre plus compétente et une population en meilleure santé, importants pour une croissance économique durable.
A l’occasion d’une réunion au siège de la CGEM, le ministre délégué au Budget, Fouzi Lekjaa, est revenu sur les points saillants de cette Loi de Finances, avec les membres de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM).
Fouzi Lekjaa a indiqué qu’il faut réduire le déficit budgétaire à 3%, un objectif, certes, ambitieux, mais vital pour stabiliser la dette. Cela demande une meilleure gestion des dépenses publiques et une hausse des recettes fiscales. De 2021 à 2024, les recettes fiscales ont grimpé de 100 milliards de dirhams, prouvant un engagement à rendre les finances publiques plus durables. L’objectif est de descendre l’endettement de 72% en 2022 à moins de 67% en 2026. Ce plan demande une croissance économique continue et un contrôle budgétaire pour que le Maroc conserve une situation financière stable tout en investissant dans des secteurs compétitifs.

Impôts au 31 décembre 2024 © TGR
D’après les données fournies par la Trésorerie Générale du Royaume (TGR), l’année 2024 a connu une belle performance en termes d’impôts locaux. Les recettes totales des trois principales taxes locales – la Taxe d’habitation (TH), la Taxe de services communaux (TSC) et la Taxe sur les transactions non bâties (TTNB) – ont connu une hausse de 36,25%, passant de 6,566 milliards de dirhams en 2023 à 8,947 milliards en 2024. Plus précisément, la TH a augmenté de 32,96%, la TSC, qui est essentielle pour les finances communales, a progressé de 43,03%. La TTNB, bien que sa hausse soit plus faible à 15,19%, montre un secteur qui peut encore s’améliorer tout en ayant du potentiel.
Cette progression repose principalement sur deux éléments : les paiements spontanés, qui s’élèvent à 627,3 millions de dirhams, et les recouvrements réalisés directement par la TGR, qui ont augmenté de 55,38% pour atteindre 403,7 millions. La réduction notable des annulations de créances – avec des baisses de 50% pour certaines taxes – montre des efforts renforcés pour améliorer la situation financière et une gestion plus stricte des arriérés d’impôts.
Réformes fiscales
Par ailleurs, avec plus de 197 projets certifiés pour un total de 233 milliards de dirhams, la Charte de l’investissement est essentielle pour la stratégie économique marocaine. Ces projets se concentrent sur des secteurs comme les énergies renouvelables, l’industrie et les infrastructures, répondant ainsi aux besoins locaux et nationaux. « Malgré tous ces efforts, il y a encore des défis », déclare Fouzi Lekjaa, lors de cette réunion. Principalement en ce qui concerne la mise en œuvre des projets et la simplification des démarches administratives. Pour surmonter ces difficultés, le gouvernement offre des incitations fiscales et facilite la coopération entre les acteurs publics et privés.
Maintenant, est-ce que toutes ces mesures étaient suffisantes pour maîtriser l’inflation au niveau nécessaire ? Pour être honnête, non. Évidemment, nous nous dirigeons de plus en plus vers la maîtrise de l’inflation autour de 2%, évidemment, malheureusement, les changements, surtout, il y a trois ans, nous ont mis sur des paliers d’inflation assez élevés et qui, bien sûr, ont des effets sur le pouvoir d’achat.Fouzi Lekjaa
La réforme fiscale actuelle cherche à rendre le système plus juste et fonctionnel. Parmi les principales mesures, on note la réduction de l’impôt sur les sociétés à 20% pour les PME et la création de segments spécifiques pour stimuler l’entrepreneuriat. Des efforts importants sont faits pour lutter contre l’évasion fiscale, notamment via la retenue à la source et la modernisation des services fiscaux. Ces actions visent à établir un climat de confiance entre les contribuables et l’État, tout en augmentant les revenus. « Nous ne voulons pas sanctionner, mais aider chacun à revenir dans le circuit formel », affirme Lekjaa. Pour rappel, l’amnistie a été effectuée de manière anonyme, et selon le ministre délégué, aucune personne ne sera suivie pour sa situation fiscale par la suite.
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Réformes sociales
Avec 32 millions de personnes couvertes, l’élargissement de l’AMO est une avancée très importante et évidemment nécessaire pour le bien-être des citoyens. Néanmoins, des obstacles demeurent, surtout lorsqu’il s’agit d’inclure les travailleurs non déclarés.
Aussi, le programme d’aide directe, qui aide 4 millions de familles, coûte 27 milliards de dirhams par an en 2025, montrant l’engagement du gouvernement envers les plus démunis.
Afin de protéger le pouvoir d’achat des citoyens, le gouvernement a mis en place des mesures spéciales pour stabiliser les prix des produits essentiels, ainsi que de l’eau et de l’électricité. Un budget de 13 milliards de dirhams a été prévu pour 2024, avec d’autres fonds pour 2025. Cette politique représente un coût pour l’État, mais est jugée nécessaire pour éviter une forte inflation et assurer une certaine justice sociale.
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