Femmes : peu intégrées dans le marché du travail et victimes de violences

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À l’occasion de la journée internationale des droits de la femme, le Haut-Commissariat au Plan (HCP) a publié une note d’information sur la situation économique et sociale de la gent féminine au Maroc. Il en ressort que la femme a beaucoup de mal à intégrer le monde du travail. En effet, le taux d’activité de la femme au marché de travail est à peine de 19,9% en 2020 contre 70,4% pour les hommes. Ce qui veut dire que 8 femmes sur 10 ne travaillent pas au Maroc. Le secteur de l’agriculture, forêt et pêche reste le premier employeur des femmes (44,8%), suivi des services (40,4%) et de l’artisanat (14,2%). Le HCP fait également savoir que la part des femmes salariées ne disposant d’aucun contrat s’élève à 43,2% contre 58,2% parmi les hommes.
Un chômage en baisse avant 2020
D’après la note du HCP, le taux de chômage des femmes a connu une baisse entre l’année 2017 et 2019 passant de 14,7% à 13,5%. Le taux a augmenté en 2020 sous l’effet combiné de la pandémie et de la sécheresse. En effet, durant cette “triste” année, le taux de chômage a enregistré une hausse dans le milieu rural (de 2,7% à 3,9%) et dans le milieu urbain (de 21,8% à 24,7%). Par ailleurs, le HCP fait remarquer que les femmes consacrent plus de temps aux travaux domestiques qu’aux activités professionnelles (20,8% contre 5,6%). Les hommes consacrent, à l’inverse des femmes, plus de temps aux activités professionnelles (22,6%) qu’à celles domestiques (3%).
6 heures de travaux domestiques par jour en moyenne pour la femme au foyer
Le HCP souligne que l’activité professionnelle de la femme ne la libère pas de ses responsabilités familiales. Le temps moyen consacré aux travaux domestiques est évalué à 4h18 minutes par jour, soit à peine 1h42 de moins que la femme au foyer (6 heures par jour). L’organisme chargé de la production, de l’analyse et de la publication des statistiques officielles au Maroc fait également savoir que la charge de travail domestique supportée par les femmes a augmenté de 33 minutes en moyenne pendant la période de confinement en comparaison à une journée normale avant le confinement.
De la violence, encore et toujours
En 2021, plus de 7,6 millions de femmes (57,1%) ont subi au moins un acte de violence, tous contextes et formes confondus, note le Haut Commissariat au Plan qui ajoute que «ni la scolarisation ni l’activité économique ne préservent les femmes contre la violence”. En effet, d’après le HCP, «le contexte conjugal demeure l’espace de vie le plus marqué par la violence et la violence psychologique reste la forme la plus répandue».
Lire aussi :Le HCP contribue à l’hommage rendu aux femmes
En effet, le contexte conjugal est le premier espace de violence envers les femmes suivi du milieu éducatif. 22,4% des élèves ou étudiantes affirment avoir subi un acte de violence au cours des 12 derniers mois. Dans le milieu professionnel, elles sont 15,1% des femmes qui ont été victimes de violence dans l’exercice de leurs activités. Dans l’espace public, 12,6% de femmes ont subi un acte de violence.
Soulignons enfin que moins du quart des femmes victimes de violence physique (22,8%) ont dû supporter des coûts directs ou indirects à cette violence. Le HCP indique que le coût global de ces violences est estimé à 2,85 milliards de dirhams (MMDH), soit 957 dirhams par victime.
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