91 hôpitaux publics, mais combien vraiment performants ?
Le personnel médical (illustration) © DR
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Selon le rapport des Services de l’État gérés de manière autonome (SEGMA), les hôpitaux publics représentent près de 53% des 171 services autonomes existants en 2025, confirmant la prépondérance du secteur de la santé dans la dépense publique.
En 2024, le taux global de couverture des dépenses par les recettes propres s’est élevé à 103,8%, en hausse de plus de 11 points par rapport à 2023. Les hôpitaux publics concentrent 66% des dépenses totales des SEGMA, loin devant les autres domaines d’intervention. Cette progression financière reflète un effort d’autonomie et une meilleure maîtrise des coûts, sans toutefois dissiper les tensions liées à la gestion des ressources et à la qualité du service hospitalier.
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Quels indicateurs pour la prise en charge hospitalière ?
Le taux d’hospitalisation dans les établissements publics a été de 3,46%, tandis que celui des césariennes atteint 12,33%, un chiffre supérieur à la recommandation de l’OMS (10%). Ces résultats traduisent une demande croissante et une meilleure accessibilité, mais aussi la pression exercée sur les infrastructures.
L’année 2024 a vu la création de neuf nouveaux centres d’hémodialyse dans le cadre de conventions de partenariat, soit un taux de réalisation de 180% par rapport aux objectifs. En parallèle, 5.358 patients ont pu bénéficier de prises en charge dans le cadre du renforcement du partenariat public-privé, contribuant à réduire les listes d’attente chroniques.
Quelles améliorations concrètes dans les hôpitaux ?
Les établissements ont poursuivi leurs actions de modernisation et d’équipement médico-technique, notamment dans les services d’urgence. Le premier semestre 2025 a été marqué par la mise en œuvre des nouvelles procédures de facturation et de remboursement liées à l’AMO TADAMONE, un dispositif clé dans la généralisation de la couverture médicale.
Le rapport souligne également la préparation de plusieurs Centres Hospitaliers Régionaux au processus d’accréditation hospitalière, bien que cette étape demeure à un stade embryonnaire. L’objectif est d’instaurer des standards nationaux de qualité, encore inégalement appliqués selon les régions.
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Quelles priorités pour 2026 ?
Le plan d’action 2026 trace une feuille de route axée sur la sécurisation, la qualité et l’attractivité territoriale du service hospitalier. Parmi les priorités :
• Élaborer et mettre en œuvre des plans d’urgence hospitaliers et des filières spécialisées.
• Renforcer les ressources humaines dans les urgences et améliorer la facturation hospitalière à travers un guide dédié.
• Réviser les contrats de sous-traitance affectant directement la qualité du séjour des patients.
• Développer la gestion des risques sanitaires et des catastrophes à tous les niveaux.
Ces orientations traduisent une volonté d’adapter l’hôpital public aux exigences d’un système de santé universel, tout en corrigeant les défaillances structurelles relevées dans le rapport : lenteur administrative, maintenance insuffisante, hétérogénéité de la qualité et pénurie de personnel.
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Le modèle SEGMA : vers une autonomie maîtrisée ?
Avec un taux de couverture financière de 114% pour les hôpitaux relevant du domaine de la santé, le modèle SEGMA confirme sa pertinence comme instrument d’autonomie et de responsabilisation. Cependant, cette dynamique reste inégale entre les établissements.
L’amélioration de la gestion hospitalière dépendra désormais de la capacité à transformer ces excédents en investissements réels : modernisation des plateaux techniques, digitalisation des procédures, meilleure coordination entre les services et décentralisation effective des décisions.
En somme, le bilan SEGMA 2024-2025 montre un système hospitalier public en mutation lente, encore tributaire d’un modèle administratif complexe. L’année 2026 s’annonce décisive : elle devra prouver que l’autonomie financière et la réforme de la gouvernance peuvent enfin se traduire par une amélioration tangible de la qualité des soins dans tout le Royaume.
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