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Reconnaissance de la souveraineté marocaine sur le Sahara et relations avec Israël : des réactions mitigées

Ce jeudi et vendredi, suite à la décision historique des États-Unis de reconnaître la souveraineté du Maroc sur le Sahara et celle du Maroc de rétablir ses relations avec Israël, les réactions nationales et internationales se sont multipliées. Alors que le Maroc savoure son succès diplomatique, cette percée a entraîné des réactions mitigées.

Par Khansaa B., Publié le 11/12/2020, mis à jour le 06/01/2021          Temps de lecture 6 min.
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Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou, le président sortant des États-Unis Donald Trump, et le roi Mohammed VI © AFP

Cette fin de semaine s’annonce historique pour le Maroc. Le Royaume savoure une percée diplomatique sans précédent après avoir obtenu du président américain sortant, Donald Trump, la reconnaissance de sa souveraineté sur le Sahara. Par ailleurs, le Royaume a décidé de rétablir ses relations avec Israël. Ces deux annonces, faites ce jeudi ont entraîné des réactions mitigées.

 

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Réactions suite à la décision de rétablir les relations avec Israël

Les réactions internationales affluent après cette annonce saluée en Israël comme un «accord historique». En effet, le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, a remercié le roi Mohammed VI pour la décision du Maroc de normaliser ses relations avec Israël, évoquant la mise en place sous peu «des bureaux de liaison, puis des relations diplomatiques directes et des vols directs entre les deux pays». «J’ai toujours cru que ce jour historique viendrait, j’ai toujours travaillé pour cela», a-t-il déclaré. Rappelant l’histoire de la tolérance religieuse au Maroc, il a déclaré que les rois et le peuple du Maroc ont toujours montré «d’énormes amitiés» à la communauté juive.

Le rétablissement des relations Maroc-Israël est un «jalon historique», a déclaré David Fischer, l’ambassadeur américain au Maroc. Après que le président américain Donald Trump a annoncé sur Twitter que le Maroc et Israël avaient accepté de "normaliser" leurs relations diplomatiques, l’ambassadeur a partagé une déclaration célébrant ce développement «passionnant». Comme Trump, Fischer a qualifié le Maroc et Israël de deux des alliés les plus proches des États-Unis. L’accord représente une étape «historique» dans les «relations déjà fortes entre le Maroc et les États-Unis», a poursuivi Fischer, rappelant l’amitié séculaire entre les deux pays.

 

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De son côté, le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi, dont le pays est lié depuis 1979 par un traité de paix avec Israël, a loué ce «pas important vers davantage de stabilité et de coopération régionale» au Moyen-Orient. À l’instar de celles annoncées au cours des semaines passées, cette normalisation a également été bien accueillie par l'Espagne. Pour Arancha González Laya, ministre espagnole des Affaires étrangères, «maintenant, il reste à résoudre le problème de la paix entre les Israéliens et les Palestiniens». La France a salué «le rappel par les autorités marocaines de leur soutien à la solution des deux États vivant côte à côte dans la paix et la sécurité» et souligné «l’importance des négociations entre les parties pour parvenir à une paix durable». De plus, Mohammed ben Zayed al-Nahyan, prince héritier des Émirats arabes unis, s’est «félicité» de la «décision de Rabat de reprendre les contacts et les relations diplomatiques avec l’État d’Israël».

Stéphane Dujarric, le porte-parole du Secrétaire général des Nations Unies (ONU), a déclaré que «plus des pays ont des relations bilatérales, le meilleur il est pour le multilatéralisme, et pour la communauté internationale». Par ailleurs, alors que le roi Mohammed VI a assuré le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas qu’il ne renoncerait «jamais à son rôle dans la défense des droits légitimes du peuple palestinien», le chef d’État palestinien n’a pas fait de commentaires dans l’immédiat.

Au niveau national, Nabil Benabdellah, secrétaire général du Parti du progrès et du socialisme (PPS), a souligné dans une déclaration à Telquel que «les accords ouverts avec Israël ne constituent finalement que l’affirmation d’une réalité existante». Il a ajouté que grâce à ce succès diplomatique, «des centaines de milliers de juifs marocains établis en Israël vont ainsi pouvoir se rendre dans leur pays d’origine, le Maroc. Ils le feront désormais directement, au lieu de le faire indirectement comme c’est le cas depuis des dizaines d’années».

 

Réactions suite à la reconnaissance de la marocanité du Sahara par les États-Unis

Pour Nasser Bourita, ministre des Affaires étrangères, la reconnaissance par les États-Unis de la souveraineté du Maroc sur le Sahara était «une étape importante» qui «confirme la souveraineté du Maroc sur son territoire». Il a également souligné que les États-Unis, qui sont l’un des membres permanents du Conseil de sécurité et qui ont une influence internationale significative ont également décidé d’ouvrir un consulat dans la ville de Dakhla. Bourita a rappelé que la décision de Trump «poussera vers le renforcement de la souveraineté marocaine sur son Sahara».

Selon Moulay Hamdi Ould Errachid, président du conseil municipal de Laâyoune, la population du Sahara exprime sa «grande fierté» pour cette «victoire historique», réitérant le «soutien constant et inconditionnel à toutes les décisions et les initiatives prises par le roi Mohammed VI». Nabil Benabdellah a salué «un tournant historique». Ce dernier «apportera à l’échelle internationale une évolution majeure, parce qu’il est évident que nombre de pays vont prendre le même train», a-t-il ajouté. Mohand Laenser, le Secrétaire général du Mouvement populaire (MP) et président de la région Fès-Meknès, a, quant à lui, souligné que cette reconnaissance «ne peut que nous réjouir». «En tant que Marocain, et en tant que partisan, je ne peux qu’accueillir cette nouvelle avec joie. Il ne s’agit pas d’une complaisance, mais d’une reconnaissance d’un droit légitime», a-t-il déclaré à Telquel. L’Union socialiste des forces populaires (USFP) a hautement salué les efforts déployés par le Roi pour la défense de l’intégrité territoriale du Royaume, ainsi que la décision historique des États-Unis de reconnaître la souveraineté du Maroc sur son Sahara. Le parti a souligné qu’il s’agit d’un «tournant sans précédent opéré par la plus grande puissance mondiale, qui se trouve en première ligne dans toutes les décisions et résolutions en lien avec le dossier du Sahara». 

La France a, quant à elle, réitéré que le plan d’autonomie proposé par le Maroc constitue «une base de discussions sérieuse et crédible», pour régler le conflit du Sahara qui «n’a que trop duré». En revanche, la Russie a dénoncé la décision américaine la qualifiant d'unilatérale.

L’ONU a déclaré que sa position sur le Sahara reste «inchangée». Le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres «pense (...) que la solution à cette question peut toujours être trouvée sur la base des résolutions du Conseil de sécurité», a déclaré son porte-parole Stéphane Dujarric. Aucun commentaire ou réaction officielle n’ont été émis par l’Algérie. Si cette dernière n’a pas encore officiellement réagi, le Front Polisario, soutenu par Alger a condamné la décision de Donald Trump de reconnaître la souveraineté du Maroc sur le Sahara.

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