Le Fonds Mohammed VI pour l’investissement, un atout pour la relance économique

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C’est l’une des annonces phares du récent discours prononcé par le roi Mohammed VI à l’occasion de l’ouverture de la première session de la cinquième année législative. Le Souverain a annoncé la création du « Fonds Mohammed VI pour l’investissement », un fonds qui vise la promotion de l’investissement et la relance de l’économie nationale.
L’État injectera 15 milliards de dirhams dans ce fonds. De grands projets d’investissements sont envisagés en faisant appel aux partenariats public-privé. Le journal Les Inspirations Éco rapporte dans son édition du mardi 13 octobre 2020 que le fonds en question sera doté de la personnalité morale. Il s’appuiera sur des structures managériales adéquates, en respect du modèle de bonne gouvernance, d’efficience et de transparence. Une fois mis en place et sa structure déployée, il fonctionnera selon une logique de ciblage. Les initiatives d’investissements se feront selon les secteurs prioritaires et en fonction des besoins de chaque secteur, le fonds s’appuiera sur des fonds sectoriels spécialisés qui lui sont rattachés.
L’industrie, l’agriculture et le tourisme : les priorités
L’industrie, le tourisme et l’agriculture figurent parmi les priorités de ce fonds. Pour l’agriculture, le Souverain a mis en avant la nouvelle stratégie agricole et la mise à disposition d’un million de terres agricoles collectives pour le compte des investisseurs et des ayants droit. Cela représente une capacité d’investissement d’environ 38 milliards de dirhams sur le moyen terme, rapporte le Matin dans son numéro du mardi 13 octobre 2020. Selon la même source, cet investissement est de nature à réaliser une valeur ajoutée supplémentaire d’environ 2% du PIB annuellement, tout en valorisant la production nationale et en facilitant l’insertion professionnelle dans le monde rural.
Rappelons que le compte d’affectation pour la mise en place de ce fonds a été créé et publié le 5 octobre dernier au bulletin officiel. Adil Cherkaoui, économiste et professeur à la Faculté des sciences juridiques, économiques et sociales (FSJES) de Aïn Chock, estime que la création de ce fonds constitue «un fer de lance pour cette relance économique tant attendue aussi bien par les acteurs socioéconomiques que par les citoyens, dans la mesure où il contribuera à rehausser la capacité des secteurs productifs à investir, à créer des emplois et à préserver les sources de revenus». Pour Adil Cherkaoui, «il est primordial de mener à bien son opérationnalisation dans un cadre contractuel national, impliquant l’État, mais également les partenaires économiques et sociaux en se fondant sur le principe de corrélation entre droits et obligations».
Mobilisation du privé
De son côté, Mehdi El Fakir, économiste spécialisé dans l’évolution des politiques publiques appelle à une mobilisation du secteur privé. «L’enveloppe initiale de 15 milliards de dirhams représente la contribution de l’État. Et du moment que le Roi a parlé de contribution PPP, le privé devrait également se mobiliser pour participer à cette contribution étatique », souligne l’économiste marocain avant d’ajouter que c’est le côté novateur du portefeuille de projets et de financement qui devrait être imaginé. «Dans ce sens, on peut parler d’intervention du fonds d’investissements, soit via des financements directs ou indirects, à travers la contribution dans ces fonds spéciaux ou venir en aide à certains établissements», note Mehdi El Fakir.
Une chose est sûre, ce fonds annoncé par le Roi intervient au moment opportun pour bon nombre d’opérateurs économiques qui continuent de souffrir des effets néfastes qu’a eus la pandémie du Coronavirus sur leur activité.
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