Retour sur l’assemblée annuelle de la Banque Africaine de développement

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Akinwumi Adesina

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La Banque africaine de développement (BAD) a tenu sa 55e assemblée générale annuelle les 26 et 27 août. La pandémie du nouveau coronavirus a été au cœur des discussions de ces assises. À l’issue de ce rendez-vous, Akinwumi Adesina, candidat à sa propre succession, a été réélu pour un nouveau mandat à la présidence de la BAD, malgré les accusations de mauvaise gestion portées contre lui.

Ces mercredi et jeudi, la Banque africaine de développement (BAD) a tenu sa 55e assemblée générale (AG) annuelle. Le Conseil des gouverneurs du Fonds africain de développement (FAD) a également tenu sa 43e réunion. Ces rencontres réunissent les 54 pays africains et les 27 pays non africains membres du Conseil d’administration, dont des délégués, notamment des ministres des Finances, des gouverneurs de banques centrales, des décideurs politiques, des organisations de la société civile, des dirigeants d’organisations internationales et des représentants clés de l’industrie et du secteur privé. Pour la première fois, ces rencontres se sont déroulées en mode virtuel en raison de la pandémie du nouveau coronavirus. Le thème de cette AG est d’ailleurs lié à cette maladie : « Comment reconstruire l’Afrique, après la pandémie ? ».

Au cours de ces assises, les gouverneurs de la BAD ont échangé des avancées réalisées depuis les dernières assemblées annuelles tenues à Malabo en Guinée équatoriale, en juin 2019, écrit 2M. Les états membres ont également discuté de la pandémie du nouveau coronavirus, qui a déjà coûté la vie à 28.910 personnes sur le continent, dont les systèmes sanitaires sont défaillants. Cette crise étant à la fois sanitaire et économique, les pays africains commencent déjà à souffrir de ses impacts. Selon les estimations de la BAD, le continent pourrait perdre au moins 173,1 milliards de dollars de PIB en 2020 et 236,7 milliards de dollars en 2021 en raison de la pandémie. Jusqu’à présent, la crise a causé la fermeture en masse d’entreprises et des millions de pertes d’emplois. La Banque avait réagi rapidement pour soutenir et accompagner ses pays membres régionaux face à la pandémie à travers le lancement de la Facilité de réponse à la Covid-19, dotée d’un montant de dix-milliards de dollars. L’objectif est donc de renforcer les systèmes de santé de pays à faible revenu ainsi que d’amortir le choc d’une récession. Ces réunions ont également été l’occasion de discuter des acquis tirés de la réponse à la pandémie, afin de bâtir une Afrique post-Covid?19 véritablement résiliente.

Réélection du président Akinwumi Adesina

Ce jeudi 27 août, au dernier jour de l’assemblée, les 81 actionnaires ont réélu le président sortant de la Banque, Akinwumi Adesina, pour un second mandat aux commandes de l’institution panafricaine, indique un communiqué de la BAD. Le Nigérian âgé de 60 ans, dont l’actuel mandat allait expirer le 31 août 2020, était le seul candidat en lice à sa propre succession.

Selon Financial Afrik, à l’inverse de ses trois derniers prédécesseurs, notamment le sénégalais Babacar Ndiaye (1985-1995), le marocain Omar Kabbaj (1995-2005) et le rwandais Donald Kaberuka (2005-2015), le président Adesina n’a pas été réélu par acclamation. Avec «100% des votes de tous les membres régionaux et non régionaux de la Banque», il n’a pas seulement décroché la double majorité requise, mais une unanimité sans précédent. «Cette élection est historique, c’est la première fois qu’un président est élu avec 100 % des voix», a souligné Akinwumi Adesina lors de la cérémonie de clôture des assemblées annuelles. «La BAD aura besoin de chacun d’entre vous», a-t-il ajouté, remerciant les gouverneurs de la banque «d’avoir choisi la continuité» et «de renforcer l’institution». Adesina, en poste depuis mai 2015, entame donc son 2e mandat en tant que président de l’institution, durant lequel il continuera à mettre en œuvre les cinq priorités qu’il a assignées à la Banque, les «high 5», notamment : nourrir ; électrifier ; industrialiser ; intégrer le continent et améliorer la qualité de vie de ses habitants, souligne Jeune Afrique.

Notons qu’Akinwumi Adesina, ancien ministre de l’Agriculture nigérian, a été fragilisé depuis le début de l’année par des accusations de mauvaise gouvernance et de prévarication. Dans un rapport détaillé, des lanceurs d’alerte l’accusaient alors de favoritisme dans la nomination de hauts responsables, en particulier de compatriotes nigérians, ainsi que dans la promotion de personnes soupçonnées ou reconnues coupables de corruption, rappelle la BBC. Il avait également été accusé d’avoir accordé des indemnités de départ démesurées à certains cadres. Toutefois, fin juillet, il est sorti blanchi des accusations contre lui à l’issu du un comité d’experts.

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