Exploitation des réservoirs de la Samir, prix à la pompe… les révélations de Rebbah

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Au moment oùles cours des produits pétroliers ont connu de grandes baisses, l’État avait décidé de profiter de cette situation pour reconstituer ses réserves de sécurité en combustible. Ainsi, l’État avait annoncé vouloir exploiter les bacs de stockage de la Samir dans ce sens.
Ce lundi 1er juin, devant la Commission des infrastructures, de l’énergie, des mines et de l’environnement à la Chambre des représentants, Aziz Rebbah, ministre de l’Énergie et des Mines, a été interpellé sur ce sujet. Cette interpellation intervient deux semaines après l’ordonnance ouvrant la voie à l’exploitation des capacités de stockage du raffineur, rappelle Médias24. Le ministre a donné plus de détails sur ce dossier, dévoilant aux représentants que son département a décidé d’accorder l’autorisation de l’exploitation de ses réservoirs à l’Office national des hydrocarbures et des mines (ONHYM), rapporte Éco Actu. Le ministre a souligné que cette décision a été prise après approbation du Tribunal de commerce, conformément à la demande du gouvernement visant l’exploitation des réservoirs de la Samir en cette conjoncture exceptionnelle.
Selon l’ordonnance judiciaire, l’ONHYM entreprendra les procédures de location et mènera toutes les opérations de fourniture et de stockage des produits pétroliers en lien avec cette exploitation temporaire. Et d’ajouter que «le prix du contrat de location sera fixé sur la base de la valeur de référence appliquée à l’échelle internationale».
Reconstitution des stocks stratégiques en carburant
Pour rappel, le stock stratégique du Maroc est en dessous du minimum requis de consommation, soit 60 jours. En louant les citernes de la Samir, le pays pourra reconstituer ses stocks stratégiques, puisque leur capacité de stockage s’établit à 2 millions de m3, l’équivalent de près de 60 jours. Dans le contexte de baisse du prix des carburants à l’international, l’exploitation des bacs de stockage de la Samir, ainsi que les investissements menés par l’État «permettront d’atteindre, voire de dépasser les 60 jours de réserves de sécurité tel que prévu par la loi», a indiqué Rabbah.
À la Samir, 52% des capacités de stockage, soit 962000 tonnes, sont consacrés au pétrole brut. Puisque cette partie ne peut être exploitée qu’en cas de redémarrage de l’activité de raffinage, la partie qui sera exploitée ne concerne que les produits finis, explique Médias24. Cette capacité de stockage de 838000 tonnes permettra «de mieux profiter des baisses enregistrées au niveau des cours mondiaux de pétrole». Les produits finis concernés par le stockage comprennent l’essence (3% des capacités de stockage ; 34 jours de stocks), le kérosène (3% ; 30 jours de stocks), le gasoil (19% ; 21 jours de stocks), le fuel (10% ; 54 jours de stocks) et le gaz butane (1% ; 2 jours de stocks).
Pourquoi les prix à la pompe ne baissent-ils pas ?
Interpelé par les membres de la Commission sur l’impact sur les prix à la pompe, le ministre a relevé que le prix d’achat du pétrole à l’importation représente 30% du prix de vente final, équivaut actuellement à trois dirhams par litre, rapporte l’Économiste. À ce montant s’ajoutent plusieurs composantes, outre le cours du baril brut. Il s’agit des coûts internes, notamment les coûts d’importation, de stockage, de transport, de distribution, de vente au niveau des stations de services et les taxes perçues, ainsi que de la marge de bénéfice.
Les produits agricoles restent les plus taxés à l’importation, tandis que les équipements industriels bénéficient d’un régime douanier plus favorable au Maroc.
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