Covid-19: la relance économique risque de s’éterniser

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Le gouvernement et les banques se sont mobilisés afin de faire face aux répercussions de la pandémie du Covid-19 sur le tissu économique national. La mobilisation est palpable à travers plusieurs mesures fiscales, sociales et bancaires. Parmi les mesures prises au profit des entreprises impactées par cette crise, le lancement de la garantie Damane Oxygéne, un produit adressé principalement aux très petites et moyennes entreprises (TPME), dont le chiffre d’affaires ne dépasse pas 500 millions de dirhams. La CCG a accordé une délégation aux banques, engageant sa garantie pour tout crédit dont le montant est inférieur à 2 millions de dirhams. 13.200 entreprises (dont 85% de TPE) ont pu y accéder au 12 mai 2020. La somme des crédits de trésorerie a atteint 7,3 milliards de dirhams.
Un chiffre qui reste minime par rapport au volume des pertes induit par le Covid-19. «Il ne faut pas s’attendre à ce que ce montant dérisoire sauve une économie dont la perte de valeur ajoutée est estimée par le Haut-commissariat au plan (HCP) à 100 milliards de dirhams et qui a déjà mis au chômage 900.000 salariés sur les 3,47 millions déclarés», peut-on lire sur le l’éditorial du magazine hebdomadaire Telquel ce vendredi 15 mai 2020. La même source estime que Bank Al Maghrib aura un rôle décisif à jouer dans la survie de l’économie nationale.«Il n’y aura de reprise qu’à travers une forte injection de ressources provenant de l’État. Pour cela, Bank Al Maghrib doit racheter massivement des titres de dettes du Trésor afin de donner une large marge de manœuvre à la puissance publique».
Parmi les autres mesures prises par le gouvernement, la mise en place d’un crédit à taux zéro pouvant atteindre 15.000 dirhams, au profit des autoentrepreneurs. Ce crédit est remboursable sur 3 ans avec un délai de grâce d’un an. Il a été procédé également à deux autres mesures : l’assouplissement des procédures de déclaration des salariés affiliés à la CNSS, qui sont en arrêt provisoire et l’instauration d’un traitement comptable dérogatoire pour étaler les dons et les charges relatives à la période de l’état d’urgence sanitaire, sur 5 ans.
Une loi de finances rectificative désfin juin ?
Tout porte à croire que le gouvernement va instaurer une loi de finances rectificative (LFR)durant les semaines où les mois à venir. Eco actu estime que «la reprise de l’économie ne saura se faire sans une LFR qui déterminera la nature, les montants et l’affectation des ressources et des charges de l’État».
Rappelons que cette requête a longtemps été souhaitée par les économistes et les politiques marocains. Le parti de l’Istiqlal avait souligné qu’il étaitnécessaire de «redéfinir les priorités des politiques publiques» et de rectifier la Loi de Finances, afin de garantir l’emploi et le pouvoir d’achat des citoyens. Cependant, la LFRa toujours été présentée comme une solution de dernier recours par le gouvernement. Le ministre de l’Économie, Mohamed Benchaaâoun, avait déclaré qu’il étaitcompliqué de bâtir une LFRsur des chiffres qui ne sont pas réalistes etplein d’incertitudes.
Pour rappel, la loi de finances rectificative n’est pas la seule annonce qui sera fortement attendue durant les prochaines semaines, unplan de relance sectoriel devrait être bientôt dévoilé par le Comité de veille économique (CVE). Fin juin sonne également la fin du délai pour ledépôt du rapportde la Commission spéciale du nouveau modèle de développement (CMS) au roi Mohammed VI.
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