Croissance : ce que préconise le HCP

Jules Raoul Yimcthi

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Les disparités régionales s’accentuent, selon le HCPSiège du Haut-Commissariat au plan © DR

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La croissance marocaine se situerait à 3,5% selon les prévisions du Haut Commissariat au Plan. Plusieurs incertitudes entourent ce score notamment la performance de la production agricole. Cette année encore, la consommation des ménages sera un moteur important alors que le commerce extérieur continuera de peser négativement. Pour relever le rythme de croissance à au moins 5%, le HCP préconise de renforcer les investissements publics dans les secteurs productifs et d’améliorer le rendement des investissements publics.

Le Haut Commissariat au Plan vient de lever le voile sur ses prévisions économiques 2020. Au mieux, le Maroc ferait 3,5%. En 2019, la croissance s’affichait à 2,3% selon les données provisoires. «Le rebond, qui reste encore tributaire de la campagne agricole, est dans l’ensemble bien insuffisant pourcréer assez d’emplois et accompagner le lent processus de réduction des inégalités territoriales», a estimé L’Économiste dans son édition du mercredi 15 janvier.

La demande intérieure devrait porter la croissance économique en 2020 avec un rythme d’évolution en accélération, émanant d’une hausse soutenue de la consommation nationale finale et de l’accroissement de l’investissement brut, analyse le HCP. Principal moteur de la croissance, la consommation des ménages, sous l’hypothèse d’une bonne campagne agricole et de l’amélioration des revenus en provenance du reste du monde, principalement des MRE, va augmenter de 3,5%. La consommation des administrations publiques et l’investissement progresseront légèrement plus vite qu’en 2019. En revanche, le bilan du commerce extérieur aura pour la troisième année consécutive un impact négatif sur la croissance. Après une contribution négative de 0,4 point en 2019, celle-ci atteindrait 0,9 point en 2020 selon les anticipations du HCP.

Du côté des finances publiques, le taux d’endettement total du Trésor devrait se situer à 66% du PIB contre 66,2% en 2019. La dette publique globale, elle, atteindrait 82% du PIB en 2020 en hausse de 0,3 point. Toute la réflexion aujourd’hui sur le modèle de développement doit permettre de changer de palier de croissance. Le HCP émet deux hypothèses pour atteindre au moins à court terme 5% de croissance. La première piste est de renforcer les investissements publics dans les secteurs productifs.

Selon les travaux du HCP, «une augmentation de quatre points de pourcentage du PIB de l’investissement public dans les secteurs productifs permettrait de porter la croissance économique à 5%». Le Maroc gagnerait quelques points de croissance en améliorant aussi l’efficacité de ses investissements. Leur inefficience est régulièrement critiquée. Pour le HCP, en ramenant le nombre de points d’investissements nécessaires pour réaliser un point de croissance économique de 7 à 3 points, le Maroc pourrait relever son rythme de croissance à 5%.

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