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Le mouvement #freekoulchi réclame la libération des « prisonniers d’opinion »

Une nouvelle campagne appelée #freekoulchi («libérez-les tous») a été lancée au Maroc pour dénoncer la répression que subissent certains utilisateurs des réseaux sociaux. Le «Comité de soutien au journaliste Omar Radi et à tous les prisonniers d’opinion», qui a initié ce mouvement de protestation, a révélé que pendant les deux derniers mois près de douze personnes ont été condamnées à de lourdes sentences pour leurs publications sur YouTube, Facebook ou Twitter.

Par Nora Jaafar, Publié le 14/01/2020 à 11:20, mis à jour le 14/01/2020 à 22:53
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Des activistes marocains en colère fustigent le système judiciaire du royaume. La semaine dernière, un groupe de défenseurs des droits de l’homme a dénoncé «une campagne de répressions» ciblant les utilisateurs des réseaux sociaux. Dans un communiqué de presse, les militants ont déploré que douze personnes avaient été arrêtées puis condamnées à des peines allant de 6 mois à 4 ans de prison ferme pour des publications sur YouTube, Facebook ou Twitter, indique Hespress FR. La même source rapporte que c’est le « Comité de soutien au journaliste Omar Radi et à tous les prisonniers d’opinion » qui a lancé ce mouvement de protestation. Le Comité a ainsi réclamé « la liberté immédiate » pour tous les détenus, dénonçant « un État policier ». Il a expliqué que les concernés ont été accusés « d’offense au roi », « d’offense aux institutions constitutionnelles », « d’incitation à la haine », « d’outrage à fonctionnaire public ou au drapeau national », précise Hespress FR.

Les initiateurs du mouvement #freekoulchi («libérez-les tous») ont expliqué que l’objectif de cette «campagne de répression» est «en réalité de museler la liberté d’expression sur internet, alors que les nouveaux médias ont ouvert un espace aux voix indépendantes alors que les médias sont étroitement contrôlés». Ils soulignent en outre que c’est «une vengeance et un règlement de compte avec ceux qui sont en désaccord avec l’État, critiquent ses politiques ou expriment leur colère». Le Comité affirme que «les poursuites engagées à l’encontre de ces utilisateurs des réseaux sociaux, sont à forte connotation vengeresse, et s’inscrivent dans le cadre d’un règlement de compte systématique à l’adresse de tous ceux qui critiquent, affichent leurs positions ou dénoncent les lourds verdicts prononcés contre les activistes du Hirak du Rif», rapporte H24. En effet, le mouvement a souligné que les récentes condamnations ont principalement sanctionné les auteurs de messages dénonçant la situation sociale, la pauvreté et la corruption, avec des critiques virulentes ou des insultes visant le roi ou les autorités marocaines.

Preuve à l’appui, les militants ont cité le cas d’Abdelali Bahmad. Ce dernier a été condamné, le vendredi 10 janvier à Khenifra, à deux ans de prison ferme pour «outrage au drapeau national». Bahmad, un activiste chômeur âgé de 35 ans, était poursuivi pour avoir écrit fin octobre sur Facebook qu’il n’avait «pas les moyens d’acheter des allumettes pour brûler le drapeau marocain» alors qu’il avait faim, nous apprend Le Monde. Le Comité a également évoqué à l’AFP le cas du lycéen de 18 ans qui a écopé trois ans de prison ferme pour avoir publié sur Facebook une phrase du titre de rap très controversé « 3acha cha3b » (« Vive le peuple »).

Interrogé au sujet des doléances et des accusations du mouvement #freekoulchi, Hassan Abyaba, porte-parole du gouvernement, a affirmé que « la situation des droits humains ne connait aucune régression au Maroc ». Il a fermement appelé « à distinguer ceux qui s’expriment librement de ceux qui commettent des délits réprimés par la loi ». « La loi sera appliquée pour toute publication sur internet portant atteinte à la dignité des personnes et à la réputation des institutions publiques», a menacé une «source officielle», citée par H24.

Pour rappel, le «Comité de soutien au journaliste Omar Radi» a été crée fin décembre après l’arrestation du journaliste en question. Le mouvement qui défendait au début uniquement Radi, qui est actuellement poursuivi en état de liberté provisoire pour «outrage à magistrat», a très vite inclus dans sa liste de revendications la libération de tous ceux qu’il considère comme étant des «prisonniers d’opinion».

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