Législatives en Tunisie : Les électeurs auront l’embarras du choix

Avatar de Nora Jaafar

Temps de lecture :

Législatives (1)

A
A
A
A
A

Quelques semaines à peine après la mise à l’écart des principaux partis politiques en Tunisie, lors du premier tour des élections présidentielles, les électeurs se préparent à retourner aux urnes le dimanche 6 octobre pour élire un nouveau parlement.

Environ sept millions d’électeurs vont participer à cette élection législative, la deuxième depuis l’adoption d’une nouvelle constitution en 2014 et la troisième depuis le soulèvement de 2011 qui a renversé Zine El Abidine Ben Ali, dictateur de longue date.

Selon l’AFP, plus de 15 000 candidats, répartis sur plus de 1 500 listes, sont en lice pour 217 sièges. Mais le taux de participation élevé des candidats est loin d’être en adéquation avec l’engagement des électeurs, car l’élection présidentielle éclipse largement le scrutin parlementaire. En effet aprèsle décès du président Beji Caid Essebsi en juillet, les élections présidentielles ont été avancées de novembre, programmant le vote législatif du 6 octobre entre deux tours.

« La majorité de la population ne s’intéresse pas du tout aux élections législatives », a déclaré le candidat et avocat Ghazi Mrabet au journal arabophone tunisien Assabah.

La jeune démocratie tunisienne connait pour la première foisdes débats politiques entre les candidats avant les élections présidentielles et législatives, et les premières font plus de bruit que les secondes. Mais si les électeurs s’intéressent davantage au sort du chef de l’État, souligne la même source, c’est le Parlement qui est chargé de s’attaquer aux principaux problèmes qui préoccupent la société tunisienne.

En effet,la défaite des politiques au pouvoir lors du scrutin présidentiel du 15 septembre s’explique par la stagnation de l’économie, le chômage élevé, la détérioration des services publics et la hausse des prix, rappelle le quotidien Alshourouk.

Les médias locaux s’attendent à ce que les électeurs profitent du scrutin législatif pour réitérer leurs soutiens auxcandidatures des « outsiders » politiques dans leur course à la présidence. L’électorat a d’ailleurspropulsé le magnat des médias Nabil Karoui au second tour, bien qu’il soit incarcéré pour blanchiment d’argent, évasion fiscale et corruption. Ce dernier s’est classé deuxième après Kais Saied, un professeur de droit farouchement indépendant et socialement conservateur, indique Assabah tunisien.

Manque d’enthousiasme de l’électorat

Une bonne performance du parti de Karoui, Qalb Tounes, aux élections législatives, pourrait augmenter ses chancesau second tour de l’élection présidentielle. Saied, de son côté,a évité le système des partis et n’a offert son soutien à aucun groupe politique, laissant les partis courtiser ses partisans.

Contrairement à 2014, lorsque le parti d’inspiration islamiste Ennahdha et le parti anti-islamiste Nidaa Tounes ont partagé le pouvoir, le résultat de ces élections est imprévisible. Au moins un tiers des listes électorales sont indépendantes, ce qui rend encore plus difficile la compréhension d’un paysage politique déjà fragmenté en une multitude de partis quasi-similaires, explique Alshourouk. « Il n’y a pas de polarisation claire, ce qui accentue le manque d’enthousiasme des électeurs », a déclaré Michael Ayari, analyste tunisien au sein du Crisis Group.

La publication des sondages d’opinion est interdite en Tunisie, toutefois selon les enquêtes médiatiques, les listes indépendantes pourraient très bien remporter le scrutin de ce dimanche. Le parti qui remportera le plus grand nombre de sièges aura par la suite deux mois pour former un gouvernement, et ce en assurant une majorité de 109 voix. Les résultats préliminaires seront annoncés le 9 octobre. « Il est possible qu’aucune majorité n’émerge pour former un gouvernement dans les délais prévus par la Constitution», a déclaré Ayari à l’AFP.

Par ailleurs, toute coalition qui voit le jour sera confrontée au même dilemme que les gouvernements précédents : des réformes économiques bloquées par un puissant syndicat et des prêteurs étrangers qui commencent à perdre leur patience à cause de la dette publique croissante.

À suivre…

Dernier articles
Les articles les plus lu
Espagne : un Marocain soupçonné de diriger un vaste réseau international de trafic de speed arrêté à Bilbao

Monde - A Bilbao, en Espagne, la police a arrêté un Marocain soupçonné de diriger un réseau international de trafic de « speed ».

El Mehdi El Azhary - 10 avril 2026
Beyrouth : Israël dit avoir tué un proche de Naïm Qassem

Beyrouth replonge dans la tension après l’annonce par Israël de la mort d’un proche de Naïm Qassem. Le point sur une nouvelle escalade.

Rédaction LeBrief - 9 avril 2026
Détroit d’Ormuz : l’Iran impose deux routes maritimes alternatives

Détroit d’Ormuz: l’Iran redirige les navires vers deux routes alternatives après des craintes de mines. Les enjeux à connaître.

Rédaction LeBrief - 9 avril 2026
Liban : bilan en hausse des frappes israéliennes, Beyrouth décrète le deuil et Paris multiplie les efforts diplomatiques

Monde - Les frappes israéliennes au Liban ont fait des centaines de victimes.

El Mehdi El Azhary - 9 avril 2026
Le détroit d’Ormuz au centre d’un nouvel engagement de l’UE

Monde-L’UE veut agir avec ses partenaires pour sécuriser le détroit d’Ormuz. Une route clef pour l’énergie mondiale à suivre de près.

Rédaction LeBrief - 8 avril 2026
Iran : Téhéran pose ses conditions pour un arrêt des hostilités

Monde - L’Iran propose un accord de fin de guerre incluant retrait américain, levée des sanctions et sécurisation d’Ormuz.

El Mehdi El Azhary - 8 avril 2026
Voir plus
Classement Forbes 2026 : 3.428 milliardaires et le Maroc y est bien présent

Monde - Richesse mondiale en forte hausse : le nombre de milliardaires atteint un record avec 3.428 fortunes cumulant plus de 20.100 milliards de dollars. Elon Musk domine largement le classement de Forbes, où figurent aussi plusieurs grandes fortunes marocaines.

Ilyasse Rhamir - 11 mars 2026
Israël-Iran : et si ce n’était que le début ?

Monde - Les frappes israéliennes ont endommagé certaines infrastructures, mais elles n’ont pas neutralisé le programme nucléaire iranien.

Sabrina El Faiz - 14 juin 2025
Guerre au Proche-Orient : l’Iran veut maintenir la pression sur le détroit d’Ormuz

Monde - L’escalade militaire au Proche-Orient se poursuit. L’Iran évoque le maintien de la pression sur le détroit d’Ormuz tandis que les frappes s’intensifient dans la région. La flambée du pétrole et les déplacements massifs de populations inquiètent la communauté internationale.

Ilyasse Rhamir - 12 mars 2026
Kabylie : proclamation officielle de l’indépendance de la République fédérale à Paris

Monde-Réunis à Paris, les responsables du MAK ont proclamé officiellement l’indépendance de la Kabylie.

Rédaction LeBrief - 14 décembre 2025
L’Espagne met officiellement fin aux fonctions de son ambassadrice en Israël

Monde - L'Espagne a décidé de mettre un terme au mandat de son ambassadrice en Israël, rappelée depuis plusieurs mois dans un contexte de fortes tensions diplomatiques.

Ilyasse Rhamir - 11 mars 2026
Les États-Unis autorisent temporairement la vente de pétrole russe

Monde - Face à l’envolée des prix du brut provoquée par la guerre en Iran et les perturbations dans le détroit d’Ormuz, Washington autorise pendant un mois la vente de cargaisons de pétrole russe déjà chargées en mer afin de stabiliser l’offre mondiale.

Ilyasse Rhamir - 13 mars 2026
pub

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée Champs requis marqués avec *

Poster commentaire