Croissance : Ce que conseille le FMI

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FMI : comment les producteurs africains pourraient-ils gérer les fluctuations de prix ?Siège du FMI © DR

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Après la mission menée entre mars et avril dernier, le Fonds monétaire international a livré son diagnostic sur le Maroc. Malgré les réformes conduites ces dernières années, le Maroc ne parvient pas à produire une croissance robuste et durable relèvent les experts du Fonds. En outre, le taux de chômage élevé est une source de fragilités. Pour le FMI, le redressement de la croissance, à lui seul, ne suffira pas à résorber significativement le chômage. Il faudra revoir la réglementation du marché du travail. Avec le système éducatif, l’intégration des femmes et l’environnement des affaires, ce sont les réformes prioritaires à mener pour une croissance plus inclusive. Lorsqu’elles sont intelligemment conçues et synchronisées, elles peuvent dynamiser l’économie.

Dans l’opinion publique, les rapports entre des institutions comme le FMI ou la Banque mondiale avec les Etats en développement sont parfois mal interprétés, beaucoup estimant que les gouvernements sont sous leur domination. A chaque rapport sur un pays, ce dernier éprouve quelque part la nécessité de prouver son indépendance. Ce que disent les experts du FMI ou de la Banque mondiale ne sont pas des paroles saintes. Il leur est arrivé de se tromper sur certaines réformes prescrites au Maroc, notamment le programme de départ volontaire à la retraite en 2004. En revanche, sur d’autres sujets, l’on aurait tort d’ignorer leurs recommandations.

Une croissance trop faible, un chômage trop fort

Le Maroc arrive difficilement à réaliser 3% de croissance par an. Surtout, le contenu en emplois de la croissance est très faible. C’est un paradoxe pour un pays qui investit massivement. Les pays qui ont enregistré le même taux d’investissement que le Maroc sur une longue période ont vu leur économie progresser deux fois plus vite. Aujourd’hui, près de 10% de la population active est au chômage. Par catégorie, il atteint des niveaux alarmants chez les jeunes et les diplômés. Ces niveaux élevés exposent à tout moment à une montée des tensions sociales. Pour le FMI, le renforcement de la croissance, seul, ne suffira pas à résorber le chômage.

Un marché du travail plus flexible

Il faudra revoir complètement le fonctionnement du marché du travail. Depuis plusieurs années, le FMI met la réforme du marché du travail parmi les priorités. L’idée est ente autres de mettre en place des règles qui facilitent l’embauche, mais qui donnent aussi la possibilité aux entreprises de licencier rapidement si besoin est. Par ailleurs, il y a un travail à effectuer en amont en améliorant la qualité du système éducatif et en facilitant le passage entre la formation et le marché du travail.

En outre, des économies comme le Maroc doivent poursuivre leurs efforts pour réduire les inégalités. La mauvaise répartition des richesses et l’absence d’une classe moyenne forte pénalisent la croissance. Les performances sur ces sujets sont essentielles pour le maintien de la stabilité. Tous les efforts menés pour préserver les équilibres macroéconomiques seront vains s’il n’y a pas un renforcement du pilier social.

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