Programme Intelaka : près du tiers des dossiers refusés

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Nadia Fettah Alaoui

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Nadia Fettah Alaoui, ministre de l’Économie et des Finances, a déclaré à la Chambre des conseillers que plus de 24.000 entreprises ont pu accéder au financement dans le cadre du programme Intelaka, depuis son lancement en février 2020. Cependant, le taux de refus des dossiers a atteint 30%. Un pourcentage que la ministre justifie par l’immaturité des projets et les lacunes de formation des porteurs de ces projets. Détails.

Quel impact a eu le programme Intelaka sur le financement des entreprises au Maroc ? Nous en savons un peu plus après le passage mardi 25 janvier de la ministre de l’Économie et des Finances à la Chambre des Conseillers. L’argentière du royaume a souligné que depuis son lancement en février 2020 et jusqu’à fin septembre 2021, le programme « Intelaka » a permis à plus de 24.000 entreprises d’accéder à des financements, dépassant 5,8 milliards de DH. Néanmoins, le taux de refus des dossiers par les banques a atteint les 30%. Un pourcentage que la ministre justifie par l’immaturité de certains projets ainsi que les lacunes de formation de certains porteurs de projets, notamment en ce qui concerne la gestion et la présentation de leurs business plans.

Une vision différentede la part de PME

Contacté par nos soins, Abdellah El Fergui, président de la Confédération des TPE/PME, souligne que le refus des dossiers est bien plus important dépassant ainsi les 50%. «Le nombre de refus est plus important. La ministre a parlé d’immaturité alors qu’il y a des TPE qui exercent déjà depuis plusieurs années et qui ont de l’expérience dans leurs secteurs, mais qui ont tout de même vu leur demande refusée sans aucune justification», note El Fergui.

Lire aussi :Bien comprendre le programme Intelaka

Notre intervenant a noté que les banques n’ont pas toutes joué le jeu. «Il y a trois ou quatre banques qui ont répondu positivement et ont traité la plupart des dossiers Intelaka. Il s’agit d’Attijariwafa banken premier lieu, qui a traité 50 ou 60% des demandes de crédit, puis Bank Of Africa, la Banque populaire et le Crédit Agricole», note le président de la Confédération.

Il ajoute que plusieurs critères sont rentrés dans le financement des dossiers. «Ça dépend de plusieurs paramètres. C’est du cas par cas. Je sais que les banques ont reçu beaucoup de demandes dans le domaine du transport de personnel, de marchandises et les loueurs de voitures. Ces secteurs sont actuellement en crise et les banques n’arrivent pas à leur accorder des crédits», souligne Abdellah El Fergui. Cela rejoint les propos de la ministre des Financesau Parlement. «Financer des projets pour les voir s’écrouler au bout de deux ans serait un risque inutile», avait déclaré Nadia Fettah Alaoui devant les parlementaires.

Abdellah El Fergui est également revenu sur les difficultés qu’ont connues les porteurs de projets pour décrocher ces crédits. «Les entreprises déplorent le retard important des banques dans le traitement des dossiers et le déblocage des crédits. Il est important de débloquer rapidement un crédit, car les entreprises risquent de faire faillite».

Lire aussi :Le programme Intelaka en quête de renouveau

Le président de la Confédération déplore également le manque de fluidité du circuit de dépôt des dossiers. «Les banques doivent agir davantage dans le domaine de la digitalisation et renouveler leur système bancaire. La paperasse prend un temps fou, notamment tout ce qui concerne la légalisation des documents alors que l’on peut avoir des signatures électroniques et travailler par mail, ça faciliterait beaucoup la tâche aux entrepreneurs», dit-il.

Lors de son intervention au Parlement, la ministre a affirmé que l’exécutif compte donner une nouvelle dynamique à ce programme via le lancement du programme « Forsa ». Ce programme vise à soutenir les initiatives individuelles dans l’objectif de permettre aux jeunes issus des différentes catégories sociales de bénéficier de prêts d’honneur ciblant des types de projets qui n’entrent pas dans le champ des financements accordés aux petites entreprises et aux start-up.

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