COP26 : ce qu’il faut retenir de la première semaine de la Conférence

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COP26 : ce qu’il faut retenir de la première semaine

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La première semaine de la COP26 a été marquée par une myriade de promesses et d’engagements. Les participants ont assuré qu’ils souhaitent atteindre l’objectif de l’Accord de Paris, à savoir limiter le réchauffement climatique à 1,5 degré au-dessus des niveaux préindustriels. Leila Benali, ministre marocaine de la Transition énergétique et du Développement durable, qui représente le Maroc lors de ces travaux, a quant à elle souligné les réalisations du Royaume en termes de développement d’une économie verte et inclusive ainsi que les attentes du pays envers cette COP26.

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La première semaine des travaux de la Conférence des Nations unies sur les changements climatiques (COP26), dite COP de la dernière chance, a été marquée par l’annonce de plusieurs nouveaux engagements en termes de lutte contre le réchauffement de la planète. Lors du premier jour de ce sommet, le premier ministre britannique, Boris Johnson, a souligné la nécessité de découvrir des méthodes alternatives et innovantes pour produire de l’énergie, telle que la capture du carbone. Il a précisé que le financement de ces technologies doit être assuré en partie par le secteur privé. «Si nous ne nous attaquons pas sérieusement au changement climatique aujourd’hui, il sera trop tard pour nos enfants demain», a-t-il averti.



Le secrétaire général de l’Organisation des Nations unies (ONU), Antonio Guterres, a déclaré le même jour qu’il faut multiplier les efforts pour atteindre l’objectif fixé par l’Accord de Paris de 2015, à savoir limiter le réchauffement climatique à 1,5 degré au-dessus des niveaux préindustriels. Il a noté que les pays riches doivent aussi accélérer la mobilisation des 100 milliards de dollars promis en 2015 pour financer la lutte contre la détérioration du climat dans les pays les plus pauvres.



De plus, le président des États-Unis, Joe Biden, a précisé lors de son intervention qu’il s’agit du «début d’une décennie d’action transformatrice» et que le maintien à 1,5°C est possible si les pays du monde entier unissent leurs efforts. Le premier ministre indien, Narendra Modi, s’est pour sa part engagé à réaliser la neutralité carbone d’ici 2070. C’est la première fois que le quatrième plus grand émetteur de dioxyde de carbone (CO2) au monde s’engage officiellement à réduire ses émissions.




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Signature de nouvelle déclaration



Lors de la deuxième journée de la COP26, la déclaration des dirigeants de Glasgow sur l’utilisation des forêts et des terres a été signée par plusieurs leaders mondiaux afin de «mettre fin à la déforestation». Le président brésilien, Jair Bolsonaro, souvent critiqué pour son manque d’intérêt pour la conservation de la forêt amazonienne, a, lui aussi, fait partie des nombreux signataires de cet accord.



Biden s’est également engagé à réduire de 30% les émissions mondiales de méthane d’ici 2030. Une promesse, qui s’inscrit dans le cadre de l’Engagement mondial pour la réduction des émissions de méthane, qui a été acté par plus de 100 pays représentant 70% de l’économie mondiale, et qui permettrait de réduire le réchauffement d’au moins 0,2 degré Celsius d’ici 2050. Les organisations philanthropiques mondiales ont aussi engagé 328 millions de dollars pour soutenir l’intensification des stratégies internationales de réduction du méthane.



De plus, un nouveau partenariat énergétique entre le Royaume-Uni, l’Union européenne (UE) et les États-Unis a été mis en place avec l’Afrique du Sud. Ce partenariat pour une transition énergétique juste est un projet visant à permettre au pays africain d’assurer un développement à faible émissions et résilient au changement climatique, tout en accélérant la décarbonisation du système électrique du pays. S’agissant des autres pays de l’Afrique, ces derniers se sont engagés à mettre en place une économie verte après avoir accepté de consacrer au moins six milliards de dollars de leurs recettes fiscales à l’adaptation aux effets du changement climatique. Ils ont cependant demandé aux pays développés de leur fournir 2,5 milliards de dollars par an au cours des cinq prochaines années pour soutenir leurs efforts.



 



Vers la neutralité carbone



Pour réduire le développement des combustibles fossiles, plus de 20 pays et institutions financières, dont les États-Unis, le Royaume-Uni, le Danemark, le Costa Rica et la Banque européenne d’investissement, se sont engagés lors du troisième jour de la Conférence à consacrer huit milliards de dollars par an aux énergies vertes. La Glasgow Financial Alliance for Net Zero (GFANZ) a ainsi vu les plus grandes banques et les plus grands fonds du monde s’engager à ce que, d’ici 2050, tous les actifs gérés par ces institutions adoptent une approche de neutralité carbone.



La quatrième journée de la COP26 a quant à elle été consacrée à l’énergie, avec un engagement important de 28 pays qui ont rejoint l’alliance « Powering Past Coal », un groupe dédié à l’élimination progressive du charbon. Au cours de cette même journée, des études ont été présentées affirmant que le paysage géopolitique mondial pourrait connaître un changement considérable d’ici 2036, vu que la moitié des actifs mondiaux en combustibles fossiles pourraient perdre toute leur valeur. L’Agence internationale de l’énergie (AIE) a pour sa part révélé que la consolidation de l’alliance « Powering Past Coal » pourrait limiter le réchauffement à 1,8 °C au-dessus des niveaux préindustriels d’ici 2100.



 



Responsabilisation et inclusion de la jeunesse



« La jeunesse et l’autonomisation du public« , tel était le thème de la cinquième journée de travaux du sommet sur le climat. Le président de la COP26, Alok Sharma, en a profité pour exhorter les participants à prendre en compte les observations et les attentes des jeunes vis-à-vis des négociations de la COP et de l’action climatique internationale. Des engagements nationaux en matière d’éducation climatique ont ainsi été pris par 23 pays, notamment pour la mise en place d’écoles « zéro émission » et pour l’intégration de sujets sur la protection du climat aux programmes scolaires nationaux.



 



Quid des réalisations du Maroc ?



Prenant part aux travaux de la COP26 à Glascow, la ministre marocaine de la Transition énergétique et du Développement durable, Leila Benali, a souligné que le Maroc ambitionne de se positionner comme «une base industrielle sobre en carbone et circulaire». Dans une déclaration à la MAP, la responsable a rappelé que le Royaume a fourni beaucoup d’effort pendant les vingt dernières années pour mettre en place une économie verte et inclusive, qui s’est traduite par l’adoption de la Stratégie nationale de développement durable (SNDD) en juin 2017.



Cette stratégie a pour objectif «d’assurer une transition vers une économie verte d’ici 2030 à travers une myriade de réformes politiques, institutionnelles, règlementaires et financières», explique Benali. Au cours des dix prochaines années, le Maroc ambitionne d’ailleurs de simplifier son cadre réglementaire et institutionnel afin de faciliter les financements destinés au développement des énergies renouvelables et à améliorer l’efficacité énergétique, la gestion durable des déchets et la résilience face aux impacts des changements climatiques. «J’aime penser que nous arriverons à faire cela en impulsant un choc de compétitivité dans certains secteurs stratégiques (…), mais également en réduisant le coût de la facture énergétique marocaine pour les ménages, les industriels, les services et tout le tissu économique marocain», précise la ministre. Selon elle, il faut profiter de la relance post-Covid pour opérer ce virage, surtout que «nous avons une reconfiguration complète des chaines de valeurs mondiales».



 



Les attentes du Maroc envers la COP26



Concernant les attentes du Maroc par rapport aux négociations à la COP26, la ministre explique qu’elles sont similaires à celles des pays en développement, notamment les partenaires africains «qui comprennent la question de l’adaptation, le rehaussement de l’ambition en matière d’atténuation et de financement climatique». Dans ce sens, elle a souligné l’importance de la transparence en termes d’adoption de mécanismes du marché carbone. Des mécanismes qui doivent être souples, évolutifs et adaptés aux capacités des différents pays, plaide-t-elle, déplorant que les mesures de transparence de l’Accord de Paris soient restées sans résultats lors de la COP25.




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De plus, Leila Benali a évoqué la question du financement, affirmant qu’il est désormais urgent de déployer judicieusement les 100 milliards de dollars qui sont en train d’être mobilisés par les pays développés. Pour la ministre, «il s’agira de définir un nouvel objectif de financement après 2025, car il est important de donner de la visibilité et de restaurer la confiance entre les pays développés et ceux en développement, d’autant que le marché du carbone deviendra probablement l’un des plus gros marchés du 21e siècle».



Enfin, la responsable a indiqué que les signataires de l’Accord de Paris doivent revoir tous les cinq ans, leurs Contributions déterminées au niveau national (NDC). Le Maroc, qui est reconnu par son leadership en la matière, a d’ailleurs mis à jour sa Contribution «en augmentant son niveau d’ambition par rapport à celui de 2016, dans le cadre d’un large processus de concertation avec tous les acteurs concernés». De plus, la première NDC du Royaume se conformait déjà à l’objectif de 1,5°C, a précisé Benali, en ajoutant qu’elle était considérée parmi les plus ambitieuses, «ce qui a valu à notre pays de se classer parmi les cinq premiers au monde dans le dernier rapport sur l’Indice de performance climatique de 2021 publié par des ONG indépendantes».



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