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Driss Aissaoui : «l’USFP a besoin de se régénérer»

Après la formation de la majorité gouvernementale, nous avons contacté l'analyste politique Driss Aissaoui. Notre intervenant nous a livré ses impressions sur cette coalition, sur le rôle du PAM dans la majorité, sur l’absence du MP et de l’UC et sur le futur de l’USFP. Interview.

Par Mohamed Laabi, Publié le 24/09/2021 à 11:41, mis à jour le 24/09/2021 à 14:45
         Temps de lecture 4 min.
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Driss Aissaoui, analyste et expert en politique © DR

LeBrief : Comment jugez-vous la nouvelle coalition gouvernementale annoncée par Aziz Akhannouch ?

Driss Aissaoui : Il était attendu que le RNI, qui a gagné les élections, choisisse les partis politiques ayant d’abord le maximum de convictions et de points en commun avec lui. Le RNI cherchait également des partis qui ont assez d’élus pour pouvoir constituer une majorité gouvernementale et surtout parlementaire.

Je pense que cette coalition gouvernementale a de quoi faire un travail gouvernemental intéressant parce que ce sont des équipes qui vont s’installer au moment même ou des grands chantiers vont être lancés. Il y a un certain nombre de réformes que le prochain gouvernement devra mener et le RNI est bien placé pour le faire.

 

Quelle est selon vous la force de cette coalition ?

Le RNI est un parti politique qui a de l’expérience. Il a géré les finances, le commerce et l’industrie, l’agriculture ainsi que beaucoup de secteurs importants. Akhannouch a mis en place un plan Maroc vert qui donne à ce jour des résultats positifs pour l’activité agricole. Idem pour l’Istiqlal qui a beaucoup d’expérience dans la matière. Il ne faut pas l’oublier. Le PI est l’un des partis qui a présenté le plus de cadres dans la gestion des différents gouvernements. Je pense qu’il va apporter ce qu’il faut pour pouvoir conduire les réformes là où elles doivent aller.

 

Lire aussi : Coalition gouvernementale : place à la négociation des portefeuilles ministériels

 

Et le PAM dans tout ça ?

Le PAM est un parti politique qui est passé par des moments difficiles. Il vient tout juste de sortir d’une grande crise qui l’a secoué. Aujourd’hui, ils ont eu la force de pouvoir se reprendre en main, se présenter aux élections et de recueillir un nombre important de voix qui se sont exprimées en leur faveur.

 

C’est la première fois que le PAM rejoint la majorité depuis sa création, ce manque d’expérience dans la gestion gouvernementale ne risque-t-il pas de leur jouer des tours ?

Il y a quelques noms au sein du PAM qui peuvent jouer des rôles importants dans le prochain gouvernement. Ces gens pourraient être déployés dans certains départements tels que le ministère de la Justice ou encore au niveau des affaires sociales. Par contre, je ne les vois pas gérer les ministères techniques. Ces derniers demandent une grande expérience et je ne pense pas que le PAM soit assez outillé pour ce genre de postes actuellement.

 

L’absence du MP et de l’UC de la majorité gouvernementale vous a-t-elle surpris ?

Pas vraiment. Je ne pense pas que l’absence de ces deux partis politiques puisse poser un problème pour le RNI. D’abord, parce que le nombre d’élus au sein de ces deux partis politiques ne pèse pas lourd dans la balance. Puis parce que ce sont des partis politiques qui sont en parfaite entente avec le RNI. Ils seront donc plus un soutien au niveau parlementaire que des partis politiques qui vont jouer le rôle d’opposition. Ils joueront le rôle d’opposition quand il faudra, mais ils resteront à la disposition du RNI et du nouveau gouvernement à chaque fois qu’on leur demandera de le faire.

Lire aussi : Majorité gouvernementale : les dés sont jetés

 

L'autre parti “déçu” de l’issue de cette coalition gouvernementale, c'est l’USFP. Comment voyez-vous l’avenir de cette formation politique ?

Sincèrement, je ne m’attendais pas à ce que le RNI fasse l’impasse sur l’USFP, mais je pense que les gens du RNI ont dû remarquer que faire participer un patron comme Driss Lachguar, tel qu’on le connaît, est extrêmement difficile pour faire marcher les choses.

L’USFP est un parti politique qui a besoin aujourd’hui de réfléchir sur lui-même et de se roder, car en fin de compte, c’est dans l’opposition que l’USFP a été le plus fort à travers l’histoire. J’espère que ce nouveau passage par l’opposition donnera l’opportunité à ce parti de se régénérer et si Driss Lachguar annonce qu’il ne briguera pas un troisième mandat, c’est tant mieux. Cela ouvrira la possibilité à d’autres jeunes de prendre enfin leurs responsabilités au sein de ce parti politique.

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