Modèle de développement : l’importance de la gestion de l’eau et des ressources naturelles

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La gestion de l’eau et la gouvernance des ressources naturelles sontdes questions clés pour le Maroc, selon la Commission spéciale sur le modèle de développement (CSMD). Elle estime, dans le rapport soumis au roi Mohammed VI le mardi 25mai, qu’il est urgent d’aborder les problèmes liés à la question del’eau et à sa rareté afin de préserver et d’assurer la disponibilité de cette ressource vitale pour les générations actuelles et futures.
La Commission propose dans ce sens deréformerl’organisation de ce secteur et de consolider«la transparence sur les coûts de la ressource à chaque étape de sa mobilisation». Elle préconise d’adopter unetarification qui valorise réellement cette ressource, de rationaliser son utilisation, de gérer sa rareté et de créer une Agence nationale de gestion de l’Eau (ANGE). Cette dernière aura pour mission de «converger les politiques publiques et sectorielles avec une déclinaison régionale par bassin hydraulique», explique le rapport. Selon la CSMD, la mobilisation des ressources non conventionnelles et la protection des ressources souterraines sont essentielles pour satisfaire les besoins croissants du pays en eau. D’où la nécessité de contrôler l’accès et l’exploitation des eaux souterraines, de sorte à leur permettre de régénérer les nappes phréatiques.
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De plus, le rapport précise qu’il serait judicieux d’assurer l’approvisionnement en eau des villes côtières en ayant recours au dessalement de l’eau de mer. Cette solution servira aussi à laisser suffisamment de ressources aux périmètres irrigués et à réduire les pertes en eau. La Commission ajoute que«la maîtrise du coût de l’énergie et le recours à une tarification appropriée qui valorise au mieux la ressource pourront rendre ce créneau attractif pour les investissements privés et les partenariats public-privé».
S’agissantdu traitement et dela réutilisation des eaux usées et eaux pluviales, ces derniers doivent devenir systématiques afin de soulager les barrages et offrir davantage de ressources en eau au pays. Pour ce faire, ces solutions doivent être encadrées par une réglementation qui intègre l’utilisation des eaux traitées dans la planification de l’eau. Cette réglementation, poursuit la CSMD, doit également définir les «responsabilités dans la prise en charge du traitement et des frais de suivi de la qualité des eaux usées traitées», tout en se conformantaux normes de réutilisation sécurisée et saine des eaux usées établies par l’Organisation mondiale de la santé (OMS).
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Une meilleure gouvernance des ressources naturelles
Comme la question de l’eau, la gestion des ressources naturelle reste également un domaine très important pour le Maroc. La Commission souligne qu’il estimpératif de renforcerla gouvernance de ces ressources, tout en veillant au respect de la Stratégie nationale de développement durable (SNDD) et en appliquant les mécanismes d’évaluation des impacts environnementaux des programmes d’investissement.
Le rapport s’attarde aussi sur l’importance du développement de l’agriculture. Il soutient qu’il est essentiel de prendre en considération les contraintes de durabilité de ce secteur, et de porter ce dernier vers des cultures résilientes aux changements climatiques et génératrices de forte valeur ajoutée. Les problèmes structurels de l’agriculture marocaine nécessitent, selon la CSMD, des solutions efficaces et durables, «notamment l’optimisation des ressources hydriques et la rationalisation de la consommation énergétique agricole».
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L’économie verte, l’économie du futur
Par ailleurs, le nouveau modèle de développement préconise la mise en placed’une stratégie nationalefavorisant le recours à l’économie verte, qui privilégie «la logique d’une économie circulaire» adaptée auxspécificités et aux potentialités de chaque région du pays. Aussi, le rapport estime qu’il faut anticiper les besoins futurs du pays en compétences qui contribueront au développement de son industrie verte, notamment dans les domaines des énergies solaires, éoliennes, d’assainissement liquide et de gestion des déchets. La CMSD exhorte ainsi à l’élaboration de programmes de formation pour les métiers verts et à promouvoir les initiatives de recherche-développement-innovation dans ce domaine.
D’ailleurs, la Commission suggère que l’industrie du cannabis et du chanvre, qui fait l’objet actuellement d’un processus législatif de légalisation à des fins thérapeutiques et industrielles, pourrait s’inscrire dans le cadre de cette économie verte. Elle propose «de clarifier le cadre légal de cette culture et de développer un écosystème d’accompagnement à même de la valoriser dans un cadre contrôlé».
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Enfin, la CSMD appelle à une forte mobilisation au profit de l’économie bleue afin de consolider le capital maritime immatériel conséquent du pays. Le nouveau modèle de développement explique que cette mobilisation doit bénéficier aux secteurs économiques traditionnels, tels que la pêche, le tourisme et les activités portuaires,comme auxnouveaux secteurs à fort potentiel, à savoir l’aquaculture, l’algoculture et la construction navale ou encore les énergies marines renouvelables.
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