Financement : l’Europe au chevet de l’Afrique

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C’est parti pour le sommet sur le financement des économies africaines qui se tient à Paris. Ce sommet organisé par la France rassembleune trentaine de dirigeants africains et européens. Mohamed Benchaâboun, ministre de l’Économie, des Finances et de la Réforme de l’Administration, s’est déplacé à la capitale française pour participer à ce rendez-vous. Il a été accompagné par le trésorier général du Royaume, Nourredine Bensouda. Deux sujets pharesfigurent dans l’agenda de ce sommet, «le financement et le traitement de la dette publique»et «le secteur privé africain».
Cette réunion a été motivée par les prévisions pessimistes de deux grandes organisations économiques mondiales, notamment le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque africaine de développement (BAD). En effet, le FMI a souligné que l’Afrique risque de se heurter à un déficit de financement de 290 milliards de dollars d’ici 2023. La BAD a souligné quant à elle que 39 millions d’Africains pourraient tomber dans l’extrême pauvreté en 2021 si rien n’est entrepris d’ici la fin de l’année.
Par ailleurs, 18 dirigeants africains et européens ont diffusé une tribunele 15 avril dernier appelant àune mobilisation de la communauté internationale pour les aider à affronter les conséquences de la crise sanitaire et économique causée en Afrique par la pandémie. Tous les signataires de cette tribune ont été conviés à ce sommet.
La proposition de Macron
Le président français Emmanuel Macron a proposé aux pays riches d’effectuer des moratoires sur les dettes. Macron porte le flambeauet annonce être en faveur «d’une annulation pure et simple»de la créance de son paysenvers le Soudan. Cette dernière est estimée à près de cinq milliards de dollars. La France veut également mobiliser 400 milliards de dollars sur les 650 milliards de dollars des droits de tirage spéciaux (DTS) du FMI pour le financement des économies africaines.
Les pays africains demandent quant à eux un moratoire immédiat sur le service de toutes les dettes extérieures jusqu’à la fin de la pandémie. Macron juge que si rien n’est fait rapidement dans ce sens, «nous laisserons le continent africain face à la pauvreté, face à la réduction des opportunités économiques, à une forte migration et à l’expansion du terrorisme».
Lire aussi :Paris : deux sommets pour soutenir le Soudan et l’économie africaine
La pandémie de la Covid-19 a plongé le continent dans sa première récession depuis un quart de siècle avec un recul du Produit intérieur brut (PIB) de 2,1% en 2020. Ce sommet a été précédé le lundi par un dîner de travail au palais de l’Élysée à Paris. Une conférence de presse conjointe devrait être tenue en fin de journée en présence d’Emmanuel Macron etde Felix Tshisekedi Tshilombo, président de la République démocratique du Congo et président en exercice de l’Union africaine (UA).
Les discussions autour de la sortie de crise africaine devraient se poursuivre avec une série de rencontres internationales dans les prochains mois, notamment lors du G20 qui sera présidé par l’Italieen octobre prochain.
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