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Kahwa Nes Nes : la HACA rejette la plainte des avocats

L’Association des jeunes avocats du Maroc a déposé une plainte contre la chaîne de télévision SNRT pour avoir diffusé la série télévisée ramadanesque "Kahwa Nes Nes", qui, selon eux, constitue une offense à leur profession. En réponse à cette plainte, la Haute Autorité de la Communication Audiovisuelle (HACA) a publié une déclaration dans laquelle elle rejette le recours de ces derniers. Elle a souligné que la série est conforme à la réglementation marocaine en matière de communication audiovisuelle.

Par Nora Jaafar, Publié le 03/05/2021 à 10:46, mis à jour le 03/05/2021 à 23:08          Temps de lecture 3 min.
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Kahwa Nes Nes : la HACA rejette la plainte des avocats

L’Association des jeunes avocats du Maroc a déposé une plainte contre la chaîne de télévision SNRT pour avoir diffusé la série télévisée ramadanesque "Kahwa Nes Nes", qui, selon eux, constitue une offense à leur profession.

Ils ont fait valoir que la sitcom comportait plusieurs scènes qui portent atteinte à la réputation de leur secteur. Dans une lettre adressée à la Haute Autorité de la Communication Audiovisuelle (HACA), l’association a demandé à l’instance «d’intervenir d’urgence pour arrêter la diffusion de la sitcom». La correspondance dénonce que cette série est «une offense à la profession d’avocat et présente des stéréotypes qui sont loin de l’éthique professionnelle et du respect dû à la robe de l’avocat». L’association estime aussi que la programmation de"Kahwa Nes Nes" sur «une chaîne de télévision marocaine est en contradiction avec les œuvres artistiques sérieuses et responsables».

En réponse à la plainte des avocats, la HACA a publié une déclaration dans laquelle elle rejette le recours de ces derniers. Elle a souligné que la sitcom est conforme à la réglementation marocaine en matière de communication audiovisuelle. Les œuvres de fiction ne peuvent être réalisées sans la liberté d’écrire des scénarios, de diagnostiquer des situations et des positions, la définition des rôles et la représentation des personnages, a indiqué l’organisme. Ce dernier a également expliqué que la représentation d’une profession spécifique dans une œuvre audiovisuelle ne constitue pas une diffamation ou un délit. Selon la HACA, en vertu du droit marocain, les artistes sont libres d’adopter certains choix artistiques.

La protestation des avocats contre la "fictionalisation" de leur profession constitue une violation de la liberté de création et porte atteinte à la responsabilité des médias dans la pratique de la critique sociale et le traitement de certains comportements et phénomènes répréhensibles, martèle la Haute Autorité de la Communication Audiovisuelle. Et de préciser que la loi garantie aux radios publiques et privées, ainsi qu’aux chaînes de télévision, la liberté de diffuser leurs programmes.

S’agissant du rôle de son instance, la HACA indique qu’il n’est pas de censurer, mais de s’assurer que les programmes respectent les droits de l’homme fondamentaux. Il s’agit notamment de veiller à ce que les programmes ne portent pas atteinte à la dignité humaine, n’incitent pas au terrorisme, à la haine ou à la violence, ne soient pas discriminatoires à l’égard des femmes ou ne portent pas atteinte à leur dignité, et n’exposent pas les enfants et les adolescents à des contenus préjudiciables qui mettraient en danger leur santé physique et mentale.

Par ailleurs, ladite plainte a attiré l’attention de l’Union marocaine des arts dramatiques, les acteurs et les metteurs en scène condamnant la démarche de l’association des avocats. Ils se sont félicités du verdict de la HACA, arguant que la plainte des avocats va à l’encontre de la liberté de création dans les spectacles dramatiques. Ils ont toutefois expliqué que les personnages des sitcoms ou des films ne sont jamais destinés à généraliser certains comportements négatifs à l’ensemble d’une profession ou d’un groupe social. Les personnages ne reflètent pas nécessairement l’identité d’un groupe ; il s’agit simplement de personnalités dramatiques imaginées par le créateur et que l’on trouve parfois dans la société, a conclu le syndicat.

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