Aller au contenu principal

Légalisation du cannabis : où en est le projet de loi ?

Le projet de loi relatif à la légalisation de l’usage du cannabis à des fins thérapeutiques et industrielles est désormais en phase d’examen législatif. Les députés se pencheront dès ce mercredi 28 avril sur ce texte de loi lors de la réunion de la Commission de l’Intérieur de la première Chambre. L’une des interrogations principales auxquelles le Royaume devra trouver au plus vite une réponse est celle du modèle économique à adopter pour fructifier cette industrie. De leur côté, les habitants des zones historiquement connues pour la culture du cannabis ont créé une association et ont élaboré un cahier revendicatif pour accompagner la mise en place de cette nouvelle réforme.

Par Nora Jaafar, Publié le 26/04/2021 à 14:00, mis à jour le 26/04/2021 à 14:23          Temps de lecture 4 min.
Teaser Media
Légalisation du cannabis : où en est le projet de loi ?

Le projet de loi N°13.21 relatif à l’usage légal du cannabis est désormais en phase d’examen législatif. En effet, cette réforme sera au cœur de la réunion du mercredi 28 avril de la Commission de l’Intérieur de la première Chambre, qui s’attardera sur les différents chapitres de cette législation. Des chapitres qui ont été présentés de manière sommaire la semaine dernière par le ministre de l’Intérieur Abdelouafi Laftif.

La séance de cette semaine s’annonce houleuse d’autant plus que le Parti de la justice et du développement (PJD) n’a toujours pas adhéré à ce projet de loi et multiplie les efforts pour reporter et ralentir son adoption. D’ailleurs, après avoir demandé la réalisation d’une étude d’impact et des missions exploratoires liées à ce projet, le groupe parlementaire du PJD a également a saisi le Conseil économique, social et environnemental et le Conseil national des droits de l’Homme. Selon le parti de la lampe, les démarches qu’il a exigées sont nécessaires et doivent être accomplies avant le lancement de la discussion du texte de loi.

Lire aussi : Légalisation du cannabis : le PJD cherche à gagner du temps

 

Quel modèle économique pour cette nouvelle industrie ?

Le modèle économique que devra adopter le Maroc après la dépénalisation de l’usage médical du cannabis est l’une des interrogations phares auxquelles doit répondre le pays pour assurer la réussite de cette industrie. Mohamed Hmamouchi, expert international en plantes aromatiques et médicinales, a expliqué à L’Économiste que la stratégie économique que devra élaborer le Royaume devra se baser sur «la nature de la plante à cultiver, du produit à fabriquer, des législations qui seront adoptées et de la demande du marché». L’expert estime que dans un premier temps, il faut réaliser une étude de faisabilité et un benchmarking par secteur et par produit lié à ce secteur.

Pour Hmamouchi, l’idéal serait de mettre en place un modèle qui intègre l’ensemble de la filière et de la chaîne de valeur de cette industrie, et ce, «depuis la culture, la sélection des semences, jusqu’aux produits finis et l’accès aux marchés, en passant par la recherche scientifique, la formation et l’encadrement». Il explique qu’il est impératif de prendre en compte l’environnement socioéconomique marocain, tout en évitant de ruiner les petits agriculteurs de cannabis ou les sociétés dont l’activité de transformation dépend d’autres petits producteurs évoluant dans l’informel.

En outre, afin d’assurer la réussite du projet de loi N°13.21, le Maroc est appelé à examiner et à apprendre de l’expérience d’autres pays leaders en matière de légalisation du cannabis, même si leur structure sociale est différente de celle du Royaume. Il s’agit en plus pour ce dernier de fournir les moyens nécessaires pour développer ce secteur et de conclure de nouveaux partenariats internationaux pour le faire évoluer. Le pays sera notamment amené à former et à déployer de nouvelles ressources pour assister les agriculteurs et les entreprises de transformation. Et à Mohamed Hmamouchi de préciser que le modèle économique qu’adoptera le Maroc «doit avoir comme objectif principal de développer une filière basée sur les potentialités des régions du Nord, de leurs spécificités et faire émerger des projets pour répondre principalement au problème de l’employabilité et à la demande potentielle du marché international pour les utilisations du cannabis à des fins médicales et industrielles».

Lire aussi : Légalisation du cannabis : l’Intérieur énumère les opportunités de ce chantier

 

Le cahier revendicatif de la "Coordination des zones d’origine du cannabis"

Par ailleurs, alors que ledit projet de loi est examiné par la Commission de l’Intérieur, les habitants des provinces d’Al Hoceima et de Chaouen, et plus particulièrement de Bni Khaled, de Ketama et de Bni Seddath, ont créé la "Coordination des zones d’origine du cannabis". Cette initiative, rapporte le quotidien Al Ahdath Al Maghribia, vise à accompagner la mise en œuvre de la nouvelle législation relative à cette culture et à protéger ses cultivateurs. Dans le cadre d’un cahier de charge bien détaillé, cette nouvelle association appelle à l’élaboration d’un modèle de développement local spécifique à ces régions, notamment un contrat entre l’État et ces zones d’une durée de dix ans. Ce dernier permettra de promouvoir les provinces du Nord et leurs agglomérations rurales et d’ouvrir des centres de formation pour les jeunes et les agriculteurs.

Lire aussi : Légalisation du cannabis : le projet de loi passera-t-il ou pas ?

La nouvelle coordination appelle aussi à la révision du casier judiciaire des personnes inculpées et recherchées pour cette activité, exigeant une amnistie générale en leur faveur. Elle souligne aussi l’important de l’amélioration et de l’entretien de l’assainissement du foncier consacré à cette culture ainsi que la consolidation urgente du rôle de ses coopératives. Les fondateurs de cette association revendiquent enfin la régularisation de la situation des terres consacrées à cette activité, et proposent la création de réserves naturelles dans ces zones, pour augmenter son attractivité touristique.

Melilia de nouveau prise d’assaut par des migrants

238 migrants ont réussi à entrer à Mélilia ce jeudi 22 juillet, après avoir escaladé la barrière qu...

Bourita met en avant la contribution majeure du Pacte de Marrakech sur la migration

Nasser Bourita, ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, a prononcé un discours au nom des pays champions de la mise en œuvre du Pacte mond...

Covid-19 : les marchés convenus par le ministère de la Santé font encore polémique

Le rapport révélé jeudi dernier par une mission parlementaire d’information portant sur les contrat...

Guantanamo Bay : un Marocain libéré après 19 ans de détention

Abdellatif Nasser, un Marocain qui était détenu à la prison de Guantanamo Bay, a été extradé ce lundi 19 juillet au Maroc. Ces avocats ont assuré que «toutes les assurances de sécurité fournies par le...

Le ministre des Affaires étrangères israélien Yair Lapid confirme son arrivée au Maroc 

L’annonce a été faite sur le compte Twitter du ministre israélien des Affaires étrangères, Yair Lapid. Ce dernier a confirmé qu’il se rendra prochainement au Maroc pour une visite officielle, la premi...

Rencontre Bourita - Le Drian : les sujets chauds à aborder

Le ministre marocain des Affaires étrangères Nasser Bourita rencontre ce lundi 19 juillet son homol...