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Ramadan : quid de la qualité et des prix des produits alimentaires ?

À moins d’une semaine du début de ramadan, la qualité de la farine consommée au Maroc est au cœur d’un bras de fer acrimonieux entre boulangers et minotiers marocains. Alors que la Fédération marocaine de la boulangerie-pâtisserie (FNBP) dénonce que la farine utilisée dans le Royaume est impropre à la consommation, la Fédération nationale des minoteries (FNM), elle, rejette cette allégation et la qualifie d’exagération et de diffamation. De plus, au cours de ce mois sacré, les denrées alimentaires, bien que largement disponibles, risquent de connaître une augmentation des prix.

Par Nora Jaafar, Publié le 07/04/2021, mis à jour le 07/04/2021          Temps de lecture 5 min.
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Ramadan : farine avariée et disponibilité des produits de base

À l’approche de ramadan, les tensions s’exacerbent entre la Fédération marocaine de la boulangerie-pâtisserie (FNBP) et la Fédération nationale des minoteries (FNM). Pour cause : la mauvaise qualité de la farine consommée au Maroc. En effet, la FNBP a déclaré que la farine utilisée dans le pays est impropre à la consommation. Mohamed El Giri, président de la FNBP, a porté l’âpreté de ce problème à son paroxysme en lançant que «la farine consommée par les Marocains ne peut même pas servir de fourrage pour le bétail». Ces commentaires n’ont pas manqué de susciter l’ire de la FNM, qui a même menacé d’intenter une action en justice contre ce qu’elle considère comme des «allégations diffamatoires» et totalement inexactes.

Selon le directeur général de la FNM, Abdellatif Izem, les remarques de la FNBP sont «irresponsables». «Si la farine n’était pas bonne, les Marocains ne l’achèteraient pas», a-t-il martelé. S’il a concédé que «certains problèmes surviennent lors du stockage», il a affirmé que ces problèmes, qui sont principalement «dus à l’humidité», ne relèvent pas de la responsabilité directe des minoteries. Il a expliqué que «l’industrie marocaine de la farine dispose de laboratoires et la farine n’est produite que si elle répond à toutes les normes. Il existe 15 types de farine et la qualité diffère d’un produit à l’autre. Si un problème survient à un endroit, il ne faut pas remettre en cause tout le processus de production et de stockage».

Cependant, les arguments d’Izem n’ont pas convaincu El Giri, qui a soutenu dans une interview accordée à Yabiladi qu’il est bien connu qu’un certain nombre de minoteries marocaines vendent de la «farine périmée». Il a assuré que de précédents rapports de la Cour des comptes et de l’Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA) avaient établi «l’existence de violations répétées des normes d’enrichissement des aliments de grande consommation». L’utilisation par les minotiers de «produits de blé tendre et de blé dur enrichis en fer ne répond pas aux normes prévues par la loi», a-t-il souligné.

 

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Une enquête plus approfondie s’impose

Cette controverse, qui survient peu de temps avant ramadan, au cours duquel la consommation de pain et d’autres aliments à base de blé et de céréales augmente, a poussé des associations de défense des droits des consommateurs à exiger l’ouverture d’une enquête approfondie à ce sujet. En effet, les ministères de la Santé et de l’Agriculture ont été saisis dans ce sens par un réseau des droits de l’Homme, qui réclame une investigation sur les produits utilisés pour la préparation du pain au Maroc. Outre les problèmes de «farine périmée ou avariée», plusieurs organisations de défense du consommateur signalent que des additifs alimentaires pouvant provoquer le cancer du côlon, le surpoids et des maladies rénales sont également utilisés dans la fabrication du pain dans le Royaume. Un constat alarmant qui impose une consolidation des contrôles de la qualité du pain, surtout pendant le mois sacré, où la préparation de certains aliments se fait à domicile et dans des lieux non autorisés.

Ledit réseau précise dans un communiqué de presse que l’utilisation excessive de composants comme le sel, le sucre et la levure chimique, menace aussi la santé des Marocains. Ainsi, il a exigé l’adoption d’un texte juridique qui fixerait la quantité de sel à utiliser dans le pain et qui interdirait l’ajout du sucre.

 

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Qu’en est-il des autres produits alimentaires ?

Le pain et les produits à base de blé et de céréales ne sont pas les seuls à être prisés par les Marocains pendant le ramadan. À l’issue d’une réunion présidée par Abdelouafi Laftit, ministre de l’Intérieur, et qui a connu la participation des chefs des départements de l’Agriculture, de l’Industrie et de l’Environnement ainsi que les walis des régions et les gouverneurs des préfectures et provinces du Royaume, il a été confirmé que l’approvisionnement du marché marocain en produits de base est assuré pendant le mois sacré. Ainsi, l’offre est abondante et diversifiée et répond largement aux besoins des citoyens.

S’agissant des prix de ces produits de bases, ils sont en majorité stables, mais varient légèrement des tarifs pratiqués l’année dernière pour certaines denrées. Ainsi, alors que les prix des légumes, des viandes rouges, des légumineuses et des fruits secs ont enregistré une baisse, ceux des huiles alimentaires, de la viande blanche et des œufs affichent une légère hausse. Bouazza Kherrati, président de la Fédération marocaine des droits du consommateur (FMDC), estime par ailleurs qu’il faut prévoir une nouvelle augmentation des prix des produits de première nécessité pendant les prochaines semaines. Selon lui, «la hausse des matières premières à l’échelle internationale, la hausse du prix du pétrole, les intermédiaires et les spéculateurs, ainsi que le mois de ramadan» risquent de monter un peu les prix pratiqués dans ce marché. Il a souligné que l’augmentation de la demande sera également un facteur indéniable de cette hausse, exhortant ainsi les Marocains à «ne pas participer à cette augmentation des prix en se ruant sur les produits». «C’est pour cela que nous, en tant que FMDC, on sensibilise la population à limiter les dépenses au niveau des ménages, que ce soit en termes d’électricité par exemple ou d’un point de vue alimentaire. Lorsqu’on achète deux pains par exemple, et qu’on en jette un à la poubelle, le pain qu’on va manger va coûter deux fois plus cher. Le citoyen doit être conscient et ne pas participer au gaspillage alimentaire», a-t-il précisé à H24Info.

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