Rester fidèles à ceux qui nous ont quittés et réhabiliter nos cimetières
Il nous restera d’eux ce qu’ils ont donné, transmis, et qu’ils n’ont pas voulu garder dans des greniers suspendus ou dans des « mémoires soumises à l’oubli », celui du temps et des hommes victimes de leur perfidie. Il restera d’eux ce qu’ils ont souffert pour la liberté de leur pays, pour marquer un nouveau départ, pour rendre le sourire à ceux qui perdent espoir. Il restera d’eux ce qu’ils ont semé et qu’ils n’ont jamais refusé aux mendiants du bonheur.
Ceux qui nous ont quittés ne sont plus sous l’amas de terre où nous les avons enterrés. Leur âme est montée au ciel et habite les étoiles et les cieux de l’ultime éternité. Chaque soir, ils nous regardent, espérant que nous levions la tête pour ranimer le souvenir ou simplement rire : rire des souvenirs partagés, des occasions ratées, ou de nous-mêmes, pour les leçons données et non apprises. Ceux qui nous ont précédés ne sont pas partis : ils sont juste dans la pièce d’à-côté. Nous devons toujours nous souvenir d’eux, rire avec eux comme nous l’avons toujours fait, et surtout leur réserver la meilleure place, comme jadis, en nous levant par respect et en leur offrant notre main pour qu’ils s’installent au meilleur endroit de la pièce.
Il est temps d’honorer leur mémoire comme un dernier signe avant de les rejoindre dans la pièce d’à-côté. Leurs sépulcres sur terre doivent refléter l’ordre et l’éclat des étoiles. Car mourir n’est qu’un processus naturel que nous devrions accepter avec bonheur et lucidité. Ceux qui nous ont quittés seront ravis que l’on se souvienne d’eux, non pas individuellement, mais collectivement, car ils appartiennent désormais à la mémoire de leur région, de leur pays et de l’humanité tout entière.
Comme le rappelle le Très-Haut :
Laissez-vous guider par l’humilité et le respect ; Allah n’aime pas tout arrogant et vaniteux
[Sourate Al-Hadid, 57:23]
L’état des cimetières et l’engagement citoyen
Face à cette mémoire à honorer, un collectif de personnes impliquées dans le domaine social a rallumé le flambeau de l’association « Ahl Alkhair », dédiée à l’entretien des cimetières de la ville de Zaouiat Cheikh, dans la province de Béni Mellal. Créer une telle association est un acte courageux, car il admet notre propre finitude et contribue à inculquer aux jeunes générations le devoir de mémoire envers leurs prédécesseurs.
L’objectif principal de l’association est de redonner aux cimetières un aspect respectable et respectueux de toutes les personnes inhumées, sans distinction de rang social. Lors de l’enterrement d’un ami récemment décédé, j’ai pu constater l’état de délabrement des cimetières de notre ville : il est souvent impossible de circuler sans marcher sur d’autres tombes, grimper sur des piédestaux ou enjambant des sépulcres. Les allées sont envahies par la végétation sauvage, servant d’abri à des reptiles, des animaux et des insectes de tout genre. Certaines tombes sont anonymes et creusées à la hâte, alors que la vie de ces êtres n’était qu’une parenthèse qu’i fallait refermer avec dignité.

La situation de nos cimetières reflète le manque de vision stratégique dans la planification urbaine : ces espaces, conçus pour la mémoire et la piété, deviennent souvent des terrains vagues, insalubres et dangereux pour les visiteurs.
De nombreux citoyens se plaignent de ces lieux de recueillement : déchets, mauvaises herbes, bouteilles et autres détritus agressent le visiteur au lieu de lui offrir la quiétude.
Principes et propositions pour l’avenir :
Nos cimetières doivent refléter la bonté du cœur et le respect envers tous les défunts et devraient :
– Être accessibles et sécurisés avec des allées pour marcher dignement.
– Offrir un modèle esthétique et uniforme des tombes.
– Introduire de la verdure, des arbres, un éclairage respectueux de l’environnement, des points d’eau et des bancs de repos pour les personnes âgées.
– Garantir des conditions d’hygiène et de sécurité conformes aux règles et respecter le droit des familles.
Cadre légal et responsabilité :
L’état de délabrement découle souvent de la multiplicité et du manque de coordination des intervenants. La loi organique n°113-14 stipule : « La commune doit créer et entretenir les cimetières ». Cependant, un plan lancé en 2015 par le ministère de l’Intérieur, doté de 700 millions de dirhams, n’a pas donné les résultats escomptés. Une note circulaire du 19 février 2008 (n°A/08/00038/C) rappelle l’importance de la gestion coordonnée des cimetières.
– Définir l’assiette foncière pour les cimetières, en tenant compte de la croissance démographique et de l’exode rural.
– Réhabiliter les anciens cimetières, parfois cernés par des habitations.
– Impliquer et encadrer la société civile dans la gestion et l’entretien.
– Appliquer les règles de sécurité, d’hygiène et de respect des défunts.
– Renforcer le rôle de police des cimetières par les autorités locales (Dahir n°986-68, 1969).
Comparativement à d’autres pays, nos nécropoles doivent garantir un enterrement digne et offrir un espace de recueillement accessible, sûr et agréable pour les proches.
Actions et perspectives :
L’association « Alkhair » a organisé une visite des cimetières le 23 septembre 2025, pour cibler les actions à mener à court, moyen et long terme. L’ampleur des travaux dépendra des moyens disponibles et de l’engagement des membres et des forces vives de la ville.
Un débat public sur les lois et réglementations régissant les cimetières est nécessaire pour permettre à la société civile d’agir efficacement et en toute quiétude.
Au préalable, un débat public sur les lois et réglementations régissant les cimetières est nécessaire pour permettre à la société civile d’agir efficacement et en toute quiétude.
Car derrière l’enthousiasme technologique, une réalité plus discrète s’impose. L’intelligence artificielle, aussi performante soit-elle, ne transforme pas un système par elle-même. Elle s’inscrit dans un environnement existant, avec ses logiques, ses forces… et ses limites. Elle peut accélérer, affiner, optimiser. Mais elle ne remplace ni la cohérence organisationnelle, ni la clarté des processus, ni la fluidité des interactions. Autrement dit, elle agit sur ce qui est déjà là. Le véritable enjeu est-il technologique ou structurel ? Si la question est…
Par Ihsane El Fakid, Professeure-chercheuse en sciences de gestion à l’École HEC Rabat. Spécialisée en marketing digital et transformation des organisations, elle analyse les dynamiques managériales à l’ère du digital.Cette focalisation quasi-automatique sur le prix révèle un malentendu profond. Car en réalité, le prix n’est presque jamais le véritable enjeu d’une négociation. Il en est le symptôme. Derrière chaque débat tarifaire se cachent des questions de valeur, de perception, de confiance et de positionnement. La négociation est considérée au Maroc non pas seulement comme étant une technique commerciale. Mais bien, elle est un réflexe culturel, une pratique sociale, parfois même un rituel. Du souk traditionnel aux contrats B2B, en…
Par El Idrissi Mariyam, Docteure en Marketing, et Enseignante chercheure en Marketing à l’ISGA, Edvantis Higher Education GroupLongtemps cantonnée à des formations classiques, la gestion des ressources humaines évolue vers des approches plus dynamiques et expérientielles. Le Talent Lab s’inscrit précisément dans cette logique : il ne s’agit plus seulement d’apprendre, mais de tester, expérimenter et révéler les compétences en situation réelle. Une nouvelle manière de développer les talents Concrètement, un Talent Lab est un espace – physique ou digital – où collaborateurs et étudiants participent à des ateliers immersifs, des simulations professionnelles, des projets collaboratifs ou…
Par Safaa Makati, Professeur chercheur, responsable pédagogique de la filière comptabilité finance et contrôle à l'ISGAL’illusion du progrès automatique Dans le confort théorique, la digitalisation promet une efficacité décuplée et une croissance exponentielle. Mais sur le terrain, la réalité des marchés émergents comme le Maroc est bien plus nuancée. Le décalage entre l’intensité des investissements et la faiblesse des gains observables n’est pas un accident de parcours, c’est le résultat d’une erreur de diagnostic stratégique. Le digital impose une asymétrie brutale : les coûts (infrastructures, cybersécurité, maintenance…) sont immédiats et irréversibles, tandis que les bénéfices…
Par Dr Jihane Tayazim, Professeur-Chercheur en Finance, HEC RabatL’engagement ne se décrète pas par contrat ; il émerge de la manière dont l’employé, et particulièrement le cadre, décode les signaux envoyés par son organisation. La RSE n’est pas une dépense, c’est un investissement stratégique Il est temps de briser le vieux paradigme : la Responsabilité Sociale de l’Entreprise (RSE) n’est ni de la charité, ni une ligne budgétaire passive. À l’heure où la récession mondiale menace, la croissance durable devient l’unique boussole. Pour l’expert en management, les ressources…
Par Safaa Makati, Professeur chercheur, responsable pédagogique de la filière comptabilité finance et contrôle à l'ISGACe bras de fer institutionnel lève le voile sur une réalité brutale : derrière un discours de « prudence financière », les assureurs marocains protègent une rente archaïque, s’agrippant à des profits élevés tout en refusant obstinément de moderniser un système de tarification qui spolie le consommateur. En tentant de faire payer tous les automobilistes de manière indistincte, le secteur a montré sa nature profonde : il ne gère plus les risques, il collecte une taxe privée et entretient une rente sur…
Par Professeur Nabil Adel, Enseignant chercheurCette réflexion s’articule autour de trois dimensions critiques. Premièrement, je constate une standardisation croissante des systèmes d’information, ce qui tend à uniformiser nos modes de pensée. Deuxièmement, j’observe l’émergence d’un « capitalisme cognitif » dominé en grande partie par les GAFAM, où nos données et notre attention deviennent les matières premières d’un « profit algorithmique ». Troisièmement, je m’inquiète de l’hégémonie linguistique, principalement celle de l’anglais, qui s’impose comme la « grammaire » par défaut de la culture numérique, menaçant la richesse des autres…
Par Pr. Mourad Alami, Universitaire, écrivain et traducteur en Allemagne et au Maroc.1. L’Amérique ailleurs, les négociations au point mort Les négociations entre Moscou, Kiev et Washington sont bloquées. La Russie explique ce retard par l’implication américaine au Moyen-Orient, tout en se disant prête à reprendre les discussions quand les États-Unis pourront se consacrer à nouveau à l’Ukraine. Mais Moscou prévient : elle n’attendra pas indéfiniment. Paradoxalement, Washington cherche à régler la guerre en Ukraine pour se concentrer sur l’Iran, mais c’est précisément son engagement en Iran qui retarde la résolution du…
Par Mohamed Zilaoui, Chercheur en sciences politiquesCependant, cette pratique pose une question délicate : où s’arrête l’inspiration et où commence l’appropriation illégitime d’une histoire personnelle ? L’affaire entourant Kamel Daoud et son roman Houris illustre les tensions qui surgissent lorsque fiction et réalité s’entrelacent. Lauréat du prix Goncourt 2024, Daoud se voit reproché d’avoir utilisé, sans consentement, le récit d’une survivante de la guerre civile algérienne, ancienne patiente de son épouse psychiatre. Si l’écrivain réfute ces accusations en invoquant la fiction comme territoire libre, cette controverse…
Par Intissar Haddiya, Médecin et auteure marocaineDans les grandes agglomérations, les tendances sont tout aussi disparates. À Casablanca, l’IPAI a reculé de 1%, avec des baisses de 0,5% pour les biens résidentiels, de 2,7% pour les terrains, et de 2,2% pour les actifs professionnels. La ville a également enregistré une contraction significative de 30,1% des transactions, notamment pour les terrains (-41,7%) et les locaux professionnels (-33,3%). À Rabat, les prix ont diminué de 0,6% globalement, avec une baisse notable de 7,5% des actifs professionnels, mais les…
Par Karim Mabrour, Fondateur et CEO de MKM ImmobilierLe rôle du Maroc s’étend bien au-delà de la simple défense de son intégrité territoriale face aux revendications désuètes du Polisario, il incarne une riposte systématique aux menaces qui gangrènent la stabilité de l’Europe, du Sahel et du Maghreb. La position géostratégique du Maroc, à la croisée de l’Atlantique, de la Méditerranée et du Sahel, confère au pays une fonction essentielle dans l’architecture sécuritaire mondiale. Les services de renseignement marocains, notamment la Direction Générale de la Surveillance du Territoire (DGST)…
Par Faiçal Marjani, Acteur associatifLa célébration de l’année hégirienne incarne le socle islamique fondamental de l’identité marocaine, tandis que la commémoration de l’année grégorienne illustre l’ouverture du Royaume au monde moderne et son interaction avec la culture occidentale. La célébration de l’année amazighe, quant à elle, honore des racines ancestrales profondes liées à l’identité amazighe, un pilier fondamental du tissu social marocain. Bien que ces festivités témoignent d’une reconnaissance certaine de la diversité culturelle marocaine, elles révèlent néanmoins des lacunes criantes si elles n’incluent…
Par Faiçal Marjani, Acteur associatifUne ambition qui dépasse les frontières Au-delà de l’exposition et des conférences, le Green Impact Expo & Summit porte une vision : celle de créer une communauté marocaine de la mobilité durable, où chaque acteur, qu’il soit industriel, institutionnel, académique ou citoyen peut contribuer à construire les solutions de demain. Cet événement incarne une dynamique unique, où la collaboration transcende les simples enjeux commerciaux pour embrasser une responsabilité collective envers l’avenir de notre planète. Dans un contexte où les politiques…
Par Omar Amarouch, Chargé des partenariats et de la commercialisation du Green Impact Expo & Summit,Dans ces environnements urbains, les rythmes de vie, les infrastructures et les dynamiques sociales ne sont plus en phase, créant une fragmentation de l’expérience urbaine. L’urbanisation rapide, souvent motivée par des impératifs économiques plutôt que par une vision cohérente de la ville, conduit à un désaccord entre les différents éléments qui composent la cité. Les transports fonctionnent à une cadence différente de celle des besoins résidentiels, les espaces de travail ne s’intègrent pas harmonieusement aux zones de loisirs, et les…
Par Mohammed Hakim Belkadi, Consultant architecte des écosystèmes urbains prédictifs et des milieux interconnectés expert judiciaireCe régime, dont les pratiques empiètent systématiquement sur la souveraineté des nations voisines, s’appuie en interne sur une propagande mensongère visant à alimenter la haine, à détourner ses citoyens de leurs véritables aspirations, et à les priver de leur droit légitime au développement, à la justice sociale, et à la prospérité. Son objectif est évident : manipuler l’opinion publique pour la maintenir captive de projets idéologiques en décalage complet avec les besoins et les droits réels de ses citoyens. Après…
Par Faiçal Marjani, Acteur associatifUne réflexion scientifique pour une mobilité durable La programmation scientifique du Green Impact Expo & Summit repose sur une approche transversale qui intègre les dimensions économiques, sociales et environnementales de la mobilité. L’objectif est clair : élaborer des solutions innovantes adaptées aux territoires et aux besoins des populations, tout en répondant aux impératifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Le Maroc, acteur clé de cette dynamique, s’est fixé un objectif ambitieux de réduction de 45% de…
Par Mehdi Amarouch, Directeur du programme Green Impact Expo & Summit