Responsables du CCME, quel est votre bilan ? Réponse à Abdellah Boussouf, SG du Conseil 4/5

Quatrième épisode d’une tribune en cinq parties répondant aux propos de Abdellah Boussouf, SG du Conseil, dans « Le Matin ». Le professeur Abdelkrim Belguendouz, chercheur en migration, revient ici sur les conditions de mise en place du CCME fin 2007 et sur les controverses entourant les modalités de sa composition, tout en proposant l’ouverture d’un débat lors du prochain SIEL, fin avril 2026. Un débat que LeBrief serait d’ailleurs prêt à modérer.

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Tribune

Professeur Abdelkrim Belguendouz

Chercheur en migration

Temps de lecture : Publié le 19/03/2026 à 11:05
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20 – Élargir le débat

Dans cet esprit , dans le cadre de la discussion  sereine et apaisée  à mener avec tout le respect et la dignité que mérite le dossier stratégique d’intérêt national des citoyens MRE, auxquels le Souverain accorde une très haute sollicitude, à travers notamment toute une série de discours royaux (les derniers en date étant ceux du 20 août 2022 et 6 novembre 2024), que l’on nous permette de formuler la suggestion suivante. Nous proposons au secrétaire général du CCME de débattre en présentiel  avec lui sur le Conseil en particulier, et plus globalement sur les politiques publiques marocaines en direction de la communauté marocaine établie à l’étranger.
Puisque le SG du Conseil estime lui-même dans l’entretien  que « la contribution du CCME la plus significative est sans doute d’avoir installé la question migratoire au cœur du débat public marocain », il ne pourra que répondre positivement. Ce débat contradictoire pourrait être organisé soit par « LeBrief » si sa direction générale, connue pour son encouragement au dialogue y agrée, soit par tout autre média écrit ( y compris « Le Matin »), électronique, numérique, radiophonique ou télévisuel.
Pour élargir encore ce débat nécessaire, avec une participation pluriell , notre disponibilité à y prendre part est là si, dans le cadre de la participation du CCME au prochain SIEL (Salon international de l’edition et du livre) à Rabat (fin avril 2026), la direction du Conseil  (président et/ou secrétaire général) accepte d’organiser la rencontre-débat, à modérer par une ou un journaliste spécialisé(e) en matière de communauté marocaine résidant l’étranger. En tous les cas, nous faisons la proposition en prenant à témoin l’opinion publique, en particulier parmi la Jaliya et la société civile interne et attendons la réponse. Le débat sur le bilan objectif du CCME (réussites et échecs ) nous paraît primordial pour mieux préparer la nouvelle phase, avec en premier lieu la conception et l’adoption du projet de loi en la matière.
À notre connaissance, jusqu’ici , aucune consultation n’a été faite des milieux de la Jaliya qui est directement concernée, ni de la société civile à l’intérieur du Maroc, ni des chercheurs… Il en est de même des autres aspects fondamentaux de la rénovation des institutions chargées des MRE, en particulier la création de la Fondation Mohammedia des Marocains résidant à l’étranger. On ne peut sur ce point, nier comme le fait le numéro 2 du Conseil, le grand retard du gouvernement dans la réalisation de la réforme, en l’excusant d’une certaine manière. En effet, le numéro 2 du Conseil affirme complaisamment de notre point de vue, qu’il n’y’a aucun  « retard » du gouvernement dans la réalisation de la réforme, le couvrant ainsi pour ne pas être lui même, sans doute, critiqué par l’Exécutif sur son bilan. Échange de bons procédés ! L’absence de retard est évoquée de manière ambiguë même pour le CCME, alors que cela fait 15 ans qu’il a été constitutionnalisé, sans opérationnalisation jusqu’ici de l’article 163 de la Constitution.

21 – Donner suite par tous aux interpellations royales du 20 août 2022 et du 6 novembre 2024 

Bien entendu, cette réforme d’envergure ne doit pas se réaliser dans la précipitation, mais on doit fixer un timing raisonnable et s’y tenir. Déjà, comme on l’a vu, le discours royal en question date du 6 novembre 2024, sans parler de celui d’il y’a trois ans et demi, à savoir l’interpellation solennelle du 20 août 2022, avec comme objectif de suivre de près le dossier global de la communauté marocaine à l’étranger, et de le traiter de manière urgente, avec un nouvel esprit et de nouvelles méthodes de travail.
Sur ce plan, ce discours a été un coup de semonce, un réquisitoire contre le laisser-aller, un rappel à l’ordre de tous les organismes publics ou privés, un discours sans concession, un discours de recadrage sévère de l’administration, des institutions consultatives, des parlementaires et de la classe politique, une mise au point sur les « i », un discours de vérité et de clarification, de rigueur et de franchise, un discours décapant en matière de politiques publiques relatives aux MRE.
Dans ce discours à la Nation du 20 août 2022, le Roi Mohammed VI posait, à travers une démarche d’introspection collective relative au dossier de la communauté marocaine établie à l’étranger, notamment le questionnement puissant et fécond suivant, stimulant intellectuellement et politiquement à propos du bilan réalisé par tous les acteurs concernant les politiques nationales multidimensionnelles, multi-institutionnelles et pluri-ministérielles relatives à nos concitoyens émigrés, en précisant avec une intense gravité , que « nous devons  nous poser constamment  les questions suivantes » :
« Qu’avons-nous fait pour renforcer le sentiment patriotique de nos émigrés ? Le cadre législatif en place et les politiques publiques tiennent-ils compte de leurs spécificités ? Les procédures administratives sont-elles adaptés à leurs attentes du moment ? Leur avons- nous assuré l’encadrement religieux et éducatif nécessaire ? Leur avons- nous apporté l’accompagnement requis et les conditions favorables à la réussite de leurs projets d’investissement ? ».
Le discours appelait aussi à l’ouverture d’un grand chantier institutionnel, au lancement d’une nouvelle génération de réformes relatives à ce secteur stratégique  d’intérêt national, consistant à avoir en profondeur, un nouveau cadrage normatif institutionnel migratoire, tout comme un changement structurel de gouvernance améliorant
l’efficacité et la synergie, avec l’impulsion d’un nouveau souffle. Ceci suppose que les instruments d’intervention et les leviers d’action relatif au champ MRE soient  mis à niveau, que leur gestion soit saine, démocratique et transparente, sans dysfonctionnement, distorsion, carence ou défaillance et dans le respect absolu des textes qui les régissent :
« Enfin , compte tenu des aspirations sans cesse renouvelées  des Marocains  du monde, il est grand temps de moderniser et de mettre à niveau le cadre institutionnel afférent à cette catégorie de citoyens  que nous chérissons. Il importe aussi de reconsidérer le modèle de gouvernance des institutions existantes afin d’en rehausser l’efficience et la complémentarité » .
Contrairement à ce qu’a déclaré le secrétaire général du Conseil à propos de cette réforme , on ne peut la retarder davantage , en l’inscrivant temporellement, «dans la durée » !!! Ceci n’est que parade pour gagner du temps et reporter de fait, toujours à plus tard, pour ne rien réaliser en fin de compte… C’est une manière de faire , une nouvelle fois, l’apologie de la perte de temps, d’acheter du temps par certains dirigeants… Car le temps politique du CCME ou Conseil de la communauté marocaine a l’étranger, c’est l’attente infinie de la CCME ou communauté des citoyens marocains à l’étranger. Le temps politique de la CCME est antinomique avec la gestion intemporelle du CCME.

22 –  Responsabilités du gouvernement ET du CCME

 
Dans le même esprit, le secrétaire général du CCME a tenu, dans son entretien, à insister sur le fait que la préparation de la réforme incombe pratiquement exclusivement au gouvernement : « Sa Majesté s’est adressé directement au gouvernement pour lui confier la préparation du projet ». Ou encore, campant dans le « wait and see », il ajoute : « Nous attendons la décision du gouvernement, à qui revient la responsabilité d’élaborer le nouveau cadre législatif. Car la création de la Fondation Mohammedia et la réforme du CCME , relève  bien du ressort de l’Exécutif » .
Mais en attendant , sur quelle base et expertise peut et doit s’appuyer le gouvernement pour élaborer ne serait-ce que la législation relative au CCME ? D’autant plus que selon son secrétaire général, l’actuel Conseil a « accompli un travail considérable », constituant « une base solide sur laquelle le prochain CCME pourra s’appuyer ». De surcroît, rappelons cet élément important. Dans une interview parue au magazine BAB du mois de septembre 2020, édité par l’agence Maghreb Arabe Presse (MAP), le président du CCME avait déclaré avoir travaillé avec le ministère concerné (Affaires étrangères)  à la préparation du projet de loi relatif au Conseil, en ajoutant : « nous sommes parvenus avec le département de M. Bourita à une vision commune ». Pourquoi alors  n’avons-nous pas eu de suite ?
A notre sens, pour les raisons déjà explicitées, l’horizon temporel de la concrétisation par le gouvernement (et le parlement) de cette réforme royale  globale, devrait être avant la fin de la présente législature, les prochaines élections législatives ayant été décidées pour le 23 septembre 2026.

23 – La question lancinante des droits politiques  des citoyens MRE

Les développements qui vont suivre, constituent nos remarques et observations liées aux réponses aux deux questions complémentaires posées par « Le Matin » au SG du Conseil sur des aspects plus politiques, liés à la question de la citoyenneté et de la participation politique :
– «La représentation parlementaire des MRE est une revendication ancienne, formulée dans plusieurs pays et par  de nombreuses instances. Pour le Maroc, ce dossier semble bloqué depuis des décennies. Où en est-il dans la réforme en cours ? ». 
– «Des chercheurs parlent d’une véritable « peur des MRE » de la part des partis politiques, qui masquerait les obstacles techniques derrière lesquels on se retranche. Est-ce votre analyse ? ». 
Nous formulerons nos observations et remarques au fur et à mesure des réponses fournies par le SG du Conseil aux interrogations précitées. En remarque préalable, relevons que la question des droits politiques des citoyens MRE par rapport au Maroc est un problème lancinant ! Contrairement à la formulation de la question posée selon laquelle « ce dossier semble bloqué  depuis des décennies » , nous dirons pour notre part que ce dossier est bien bloqué depuis des décennies, en dépit de multiples discours royaux (dont celui du 6 novembre 2005) et des dispositions avancées de la Constitution rénovée de 2011. Suite à l’adoption de la loi organique n°5325 relative à la Chambre des représentants, il s’agit de l’exclusion à nouveau des citoyennes et des citoyens MRE de leur droit légitime à la participation politique pleine et entière et de la représentation parlementaire au Maroc à partir de circonscriptions électorales législatives de l’étranger. Cette récidive vise de fait à institutionnaliser la marginalisation des Marocains des ailleurs et à couper les liens d’appartenance de nos compatriotes de l’émigration  avec le Maroc.
Sur ce point très sensible , on doit d’abord faire crédit au SG d’avoir voulu donner intellectuellement à cette question , la « réponse honnête » qu’elle « mérite » (!!!) , c’est à dire avec une approche objective, sans à priori quelconque . Mais de fait, n’a t-il pas pratiqué comme à l’accoutumée, le double langage, rendant sa position irrecevable !?  Par ailleurs, les arguments utilisés  dans sa réponse ne résistent pas à son analyse et voici pourquoi .

24 – Arguments éculés et manipulation de sondages

Ainsi en serait-il de l’absence de demande démocratique chez les citoyens MRE en général et de l’existence d’un « intérêt limité » invoqué par le SG  dans « Le Matin »  , voire un grand désintérêt  des jeunes MRE pour la politique en liaison avec le Maroc. S’appuyant sur une étude dont il ne dévoile pas le titre, le SG du CCME énonce cette sentence sans appel, les attentes et préoccupations n’ayant rien  à voir, de son point de vue,  avec l’exercice effectif de la pleine citoyenneté des MRE par rapport au Maroc  : « Notre étude sur la jeunesse marocaine d’Europe, révèle que l’intérêt pour la participation politique directe ( par rapport au Maroc) reste limitée, autour de 8 % seulement chez les jeunes de la diaspora . Leurs priorités sont ailleurs … ». En somme, tout , sauf la citoyenneté intégrale et le lien politique par rapport au Maroc !
Or ce pourcentage est tiré de l’étude IPSOS pour le CCME «  Comprendre les jeunes Marocains d’Europe » (de juin 2020), alors que la  méthodologie et la démarche qui sont à la base de l’élaboration de cette étude/ sondage, sont biaisés. En effet, la question qui était posée dans le sondage était libellée comme suit : « Est-il plus important pour vous de participer :
1 – à la vie politique du pays de résidence,
2 – à la vie politique au Maroc ? »
En fait, il ne s’agit pas d’une option délibérée , d’un choix mûri  ou d’une préférence assumée entre deux espaces politiques, celui du pays de vie et celui du pays d’origine qu’est le Maroc, mais du simple constat que les jeunes, qui font l’objet du sondage Ipsos, ont plus la possibilité et l’opportunité de voter dans les pays de résidence . Ainsi, les jeunes Marocains en Europe, sont dans leur quasi -intégralité des binationaux ( du moins ceux nés en Europe), qui ont par conséquent la possibilité de voter dans leur pays de vie. Par ailleurs, des pays européens comme les Pays-Bas, la Belgique, les pays scandinaves, offrent  des possibilités aux Marocains qui n’ont pas pas la bi-citoyenneté, de voter aux élections municipales, sans qu’il y’ait la nécessité d’avoir la réciprocité pour leur nationaux au Maroc. Relevons aussi le fait que le vote en Belgique est obligatoire (y compris par conséquent pour les binationaux marocains).
La tromperie et manipulation ont existé aussi 11 années auparavant . Même le sondage commandité par le CCME et réalisé du 16 mars au 18 avril 2009 par l’institut BVA avec un échantillon de 2819 personnes marocaines  où «d’origine marocaine » en France, Italie, Espagne, Belgique, Pays-Bas, Allemagne, a été instrumentalisé. En effet, la participation des sondés a été relevée dans divers domaines aussi bien dans le pays de séjour que par rapport au Maroc, sauf dans celui de l’intérêt pour la vie citoyenne  : intérêt à l’actualité politique, à l’inscription sur les listes électorales…N’ont été étudiées ici que les perceptions en pays de résidence et non pas également par rapport au Maroc, ce qui pose une série de questions sur l’objectivité et la crédibilité des résultats obtenus et leur interprétation sociologique et politique.
L’objectif était de justifier et  de conforter par la suite l’argument de l’absence de demande démocratique des citoyens MRE par rapport au Maroc ! Interrogés à l’époque par nos soins en marge d’un contact avec la presse pour la présentation des résultats de ce sondage, les responsables techniques de l’Institut BVA, mis devant leurs contradictions au plan méthodologique , nous avaient déclaré que les commanditaires ne voulaient pas que cette dimension politique, figure dans le sondage !
La même lacune méthodologique grave s’est retrouvée un an plus tard en mars et avril 2010 dans un sondage auprès de 3000 jeunes marocains à l’étranger, réalisé  cette fois par BVA pour le compte commun du CCME et du ministère chargé de la communauté marocaine résidant à l’étranger.
Dans les deux cas, la ficelle était trop grosse, permettant d’induire consciemment en erreur. Elle a constitué une méthode réductrice et fragile qui amène à être très interrogatif sur l’objectivité et la crédibilité des résultats obtenus et leur interprétation sociologique et politique, et à soulever la question de la responsabilité de l’instrument de sondage.Ceci devient pratiquement un acteur influent et « combatif »  de la scène politique marocaine, en faussant  le fonctionnement du débat démocratique , et en jetant de sérieux doutes sur la crédibilité de ces études orientées , qui devaient normalement servir parmi les matériaux  de base pour la préparation de l’avis consultatif du CCME sur la participation et la représentation politique par rapport au Maroc des Marocains résidant à l’étranger.
 C’est en partie, ce contre quoi s’étaient déjà révolté, fin juillet 2009,  cinq membres du groupe de travail interne du Conseil sur cette thématique, qui avaient envoyé à la présidence du CCME un mémorandum au vitriol accablant. « Mémorandum urgent au président du CCME » (Asilah, 29 juillet 2009).

Le Mémorandum urgent des « CINQ  » au président du CCME (Asilah, 29 juillet 2009)

Rappelant notre position constante de ferme soutien à la création du Conseil de la communauté marocaine l’étranger (CCME), que nous considérons comme un grand acquis, un cadre adéquat à l’étude des multiples questions liées à la situation et au futur des émigrés marocains, ainsi qu’un instrument de réalisation d’une communication authentique avec les émigrés et de réponse positive à leurs attentes et aspirations;

Nous inspirant de l’esprit et de la philosophie des discours royaux historiques du 6 novembres 2005 et 6 novembre 2006 et ayant la ferme volonté de contribuer à la réalisation des décisions royales fondatrices d’une démarche nouvelle envers les citoyens marocains à l’étranger, et de traitement de leurs affaires, qui suppose leur nécessaire implication dans la vie politique marocaine;

Saisissant l’opportunité de cette étape qui nous sépare de prés de deux ans de la création du CCME, avec la pause de réflexion qu’elle implique et le nécessaire débat serein et responsable qu’elle nécessite autour de l’expérience acquise et de ses perspectives d’avenir;

Ayant la volonté de dynamiser le rôle de cette institution dans le cadre général de l’environnement migratoire;

Prenant en considération toutes ces données et d’autres, nous, signataires du présent mémoire à l’adresse du Président du CCME, le faisons en notre qualité de membres du groupe de travail sur la citoyenneté et la participation politique relevant du CCME, pour interpeller la présidence du conseil sur les faits suivants:

Persistance non compréhensible de la présidence du CCME dans l’ignorance de la revendication très ancienne de l’émigration concernant le droit des citoyens marocains à l’étranger à la participation politique, comme condition de leur exercice de la citoyenneté pleine et entière par rapport au Maroc, et refus d’inscrire cette question dans les sondages d’opinion concernant leurs attentes et aspirations, alors que celles-ci ont été prises en considération dans les discours royaux et dans le Dahir portant création du CCME.

Remise en cause par le Président du Conseil de tous les points d’accord auxquels ont donné lieu les travaux du groupe de travail « citoyenneté et participation politique » du 11 octobre 2008 qui ont débouché sur l’adoption, en sa présence, du plan d’action du groupe de travail. Il en est de même de l’abandon par la présidence du conseil de toutes les conclusions des séminaires internes de Daïet Errouni des 16 et 17 mai 2009, ainsi que des conclusions de la réunion de notre groupe de travail du 16 Juin 2009. Ajouter à cela son refus catégorique de discuter des propositions des membres de notre groupe de travail, en particulier celles liées à la participation politique à partir des pays d’accueil. Même attitude négative concernant la feuille de route présentée par le rapporteur du groupe de travail le 18 Juillet 2009.

Non respect par la présidence du CCME de l’autonomie de fonctionnement du groupe de travail et imposition au groupe du conseiller du Président. Ce conseiller a manifesté dés le début, et notamment lors du séminaire international organisé par le CCME les 3 et 4 mars 2009, ainsi que lors de la discussion liée à la préparation des documents concernant les futures consultations, une attitude très rigide, un parti-pris personnel flagrant et l’absence d’ouverture d’esprit, refusant toute idée de participation politique des citoyens marocains à l’étranger à partir des circonscriptions législatives de l’étranger. Cette démarche est en porte à faux avec l’avis des membres du groupe de travail, en totale contradiction avec les attentes de la communauté marocaine à l’étranger et s’appuie sur une lecture erronée du discours royal.

Non respect des échéances arrêtées et remise toujours à plus tard par la présidence du CCME et opposition systématique à toutes les initiatives du groupe de travail tendant à la préparation du projet d’avis consultatif à discuter et à adopter par l’assemblée générale du CCME en vue de sa proposition à Sa Majesté le Roi, à l’horizon de décembre 2009.

Voila pourquoi,

Nous demandons le nécessaire respect par le Président du CCME des points d’accord auxquels est parvenu le groupe de travail citoyenneté et participation politique comme plateforme pour les consultations et basés fondamentalement sur l’intégralité des trois axes suivants:

Composition future du CCME

Participation aux élections parlementaires

Représentation dans les institutions nationales

Nous invitons le Président du CCME au respect des prérogatives du groupe de travail, à lever la tutelle excessive et tatillonne sur les activités de ce dernier, à fournir au groupe les moyens nécessaires de travail et à respecter sa marge d’autonomie.

Monsieur le Président,

Dans l’attente de votre réponse écrite, nous considérerons votre prise en compte positive et responsable de ce mémoire urgent comme le signe de rupture avec les aspects négatifs qui prévalent jusqu’à maintenant, et un signal fort en notre direction, nous permettant de continuer à adhérer activement à l’action au sein de notre groupe de travail en particulier, et du CCME en général.

Veuillez, Monsieur le Président, agréer l’expression de notre profond respect et considération.

Asilah, le 29 Juillet 2009

Signataires :  Hamid BICHRI  Mohamed FARSSI  Mohamed MOUSSAOUI Abdou MENEBHI  Kamal RAHMOUNI

Tous membres du groupe de travail « citoyenneté et participation politique » relevant du CCME.

Ce document de protestation montre notamment que les raisons de la non préparation de projets d’avis  consultatifs par ce groupe de travail, sont dues essentiellement à la gestion autoritaire de la présidence du CCME et surtout, de l’opposition viscérale de sa direction  tripartite ( présidence, secrétaire général, coordinateur général ou ex-numéro 3) à la participation politique au Maroc des citoyens MRE. Un des reproches centraux est le suivant :
« Persistance non compréhensible de la présidence du CCME dans l’ignorance concernant le droit des citoyens marocains à l’étranger à la participation politique, comme condition de leur exercice de la citoyenneté pleine et entière par rapport au Maroc, et refus d’inscrire cette question dans les sondages d’opinion concernant leurs attentes et aspirations , alors que celles-ci ont été prises en considération dans les discours royaux et dans le dahir portant création du CCME » .

25 – Calculs du CCME déjoués

« Paradoxalement », et en dépit de nombreuses précautions des responsables du CCME au niveau de la procédure de discussion pour orienter le débat vers des interprétations et conclusions qui leur conviennent politiquement, certaines des recommandations politiques du premier Forum des jeunes Marocains du monde ,co-organisé à l’Université Al Akhawayn à Ifrane les 27 et 28 juillet 2010 par le Conseil et le ministère de la communauté marocaine à l’étranger, ont contredit l’analyse institutionnelle.
Elles sont allées diamétralement à opposé de ce que l’on voulait que le sondage BVA accrédite, à savoir l’inexistence ou la perte de tout lien politique des nouvelles générations nées  ou grandies  à l’étranger avec le Maroc. En effet,  les conclusions de l’atelier « s’ engager en politique : enjeux et perspectives », ont relevé  le constat qu’ « il y a à la fois la volonté d’engagement politique dans les pays de résidence », mais aussi de «renforcer l’engagement politique au Maroc »,  avec ce que cela implique pour  une meilleure intégration dans le processus démocratique national, notamment la représentation à la Chambre  des députés.
Une autre recommandation consiste en la «représentation des MRE à la seconde chambre, qui nécessiterait une réforme constitutionnelle ». Les dernières propositions consistent  à « avoir des MRE dans toutes les instances travaillant (au Maroc ) sur le sujet », et à organiser sur les précédentes  thématiques, une université d’automne.
Enfin , l’argument «statistique » du SG du Conseil mettant en avant le chiffre de 8% pour décrédibiliser et délégitimer la participation des jeunes MRE va frontalement à l’encontre des grands choix de l’Etat,  à travers une des décisions solennelles du 6 novembre 2005, permettant aux nouvelles générations de MRE de participer à toutes les élections marocaines, y compris à travers le première décision annoncée dans le discours royal du 6 novembre 2005, à savoir la participation à part entière , aux élections qui se déroulent dans le cadre des circonscriptions électorales législatives de l’étranger pour élire les députés MRE .
Sur ce point, on regrettera fortement l’alignement systématique du Conseil économique, social et environnemental (CESE) sur les positions antiparticipationnistes des responsables du CCME en reprenant à son compte, sans discernement également , la fable des 8% et les mêmes arguments éculés contre l’effectivité des droits politiques des citoyens MRE par rapport au Maroc . Voir l’avis consultatif du CESE intitulé : « Renforcer le lien intergénérationnel entre les Marocain(e)s du Monde et le Maroc . Les chances et les défis » (CESE, 2022).
 

26 – Dynamiser l’application de la loi 23-06 et capitaliser l’expérience  1984-1992 de députation des citoyens MRE

 L’adoption au  Maroc   en 2007 de la loi 23-06, a constitué en effet une grande avancée pour l’intégration des jeunes MRE dans la vie politique nationale, en élargissant favorablement les critères de leur d’inscription sur les listes électorales . Mais au delà de cet acquis juridique , décidé à travers le discours royal fondateur du 6 novembre 2005 , le Maroc ne fait  pas concrètement d’efforts sensibles pour opérationnaliser plus cette loi, en faisant participer le plus grand nombre de jeunes MRE au processus électoral .
De manière précise, on constate l’absence d’incitation à l’inscription de fait sur les listes électorales par rapport au Maroc; l’absence d’efficacité de la formule de la procuration au niveau du vote vers le Maroc; l’absence de l’effectivité du droit de vote et d’éligibilité pour la députation des MRE à partir de circonscriptions électorales législatives de l’étranger…
Une autre objection avancée dans l’interview du SG du CCME  pour ne pas passer à l’effectivité du droit des citoyens MRE à la députation à Rabat, serait (implicitement) due à l’échec de l’expérience 1984-1992, même s’il est dit qu’on doit encore évaluer cette expérience qui n’aurait pas encore été établie. Si cette évaluation (déjà entreprise sur de nombreux  points par l’auteur de ces lignes) est primordiale pour tirer les enseignements nécessaires, pourquoi au cours des dix huit dernières années,  cette étude approfondie nécessaire, n’a pas été entreprise par le Conseil ?
Dans ce cas, il y’a lieu de se demander pourquoi, entre temps, à la page 43 du livre du CCME d’octobre 2013 , intitulé « la question de la participation et de la représentation politiques des Marocains du  Monde »,  on s’est contenté de donner, sans vérification et analyse approfondie, la sentence suivante : « cette expérience a vite montré ses limites à assurer une représentation effective du corps électoral, tant  il était difficile de lui garantir un mode de désignation transparent et les conditions d’un dialogue permanent entre l’élu et ses mandants, de même que les difficultés d’organiser des expériences électives dans les pays d’immigration. Tout cela a conduit à l’abandon de cette expérience en 1993(…) Le sentiment d’échec de cette première expérience de 1984-1992, a conduit à explorer d’autres méthodes et à inventer de nouveaux outils et institutions afin d’ assurer l’attachement des Marocains du monde à la patrie ».
Pourquoi ne s’attaquer qu’aux cinq députés de l’émigration et pas aux autres ? Toujours  est-il qu’on ne supprime pas des circonscriptions si les députés concernés n’assurent  pas convenablement la mission. Les électeurs les remplacent à l’échéance électorale suivante, en votant pour des profils plus sérieux et adaptés à leurs  attentes. De même, on ne supprime pas un gouvernement en tant qu’institution si les résultats de son action ne sont pas probants. On procède à un remaniement, voir même on change totalement d’équipe au vu des résultats de nouvelles élections, avec d’autres profils et compétences , un nouveau programme , une démarche différente…

27 – Question mal posée et lapsus révélateurs

De plus et de manière fondamentale, la question des raisons derrière la non représentation parlementaire des citoyen MRE par rapport au Maroc, à partir de circonscriptions électorales législatives de l’étranger , nous paraît avoir été mal posée dans « l’entretien » parue dans « Le Matin ». Dans le débat public, elle n’est pas, du moins dans les travaux de l’auteur de ces lignes , celle de la «peur des MRE de la part des partis politiques » , mais de la «peur des résultats des urnes » par les responsables gouvernementaux du dossier électoral. Déjà , le livre du CCME (qui n’est nullement un avis consultatif précisons-le ) d’octobre 2013 déjà cité, lançait l’alerte en tirant à la page 19 la sonnette d’alarme sur le fait suivant : « la participation politique des expatriés pose des questions majeures quant aux équilibres politiques internes » (!!!) .
 Voilà un véritable lapsus révélateur s’agissant de la crainte obsessionnelle du vote «barbu » ou «voilé » des MRE sur l’impact de la majorité parlementaire au Maroc . La même crainte anime toujours le secrétaire général du CCME lorsqu’il affirme dans son « entretien » du 19 février 2026, que la solution à cette question de la députation des citoyens MRE, doit tenir compte également des «équilibres institutionnels du pays » (!!!) . Là avec cet autre lapsus, il se démasque à nouveau et se débusque .
En d’autres termes , c’est toujours l’approche sécuritaire qui guide ce dirigeant du Conseil, qui considère en réalité la députation des  MRE  à partir de circonscriptions électorales législatives à l’étranger comme un danger , une source de risque à éviter  pour l’équilibre politique et institutionnel du Maroc,  et une menace déstabilisatrice pour sa stabilité intérieure. Même si par ailleurs, à travers le double langage, il exprime du bout des lèvres la nécessité de tenir compte , au plan politique , « à la fois,  des attentes de la communauté (…) » , en estimant par ailleurs que la représentation institutionnelle des MRE, « demeure légitime »…

28 -LE CCME, partie prenante du lobby anti participationniste

Relevons enfin comment , dans son intervention médiatique dans « Le Matin » du 19 février 2026, le SG du Conseil tente de faire assumer le déficit démocratique à l’égard des citoyens MRE aux seuls « deux derniers chefs de gouvernement » ( du PJD : Benkirane et El Othmani) , en cherchant à s’en sortir à bon compte. Or comme on l’a vu, le blocage est dû également aux responsables du CCME qui se sont alignés avec zèle sur la démarche du lobby antiparticipationniste, avec une action méthodique menée avec d’énormes moyens contre l’effectivité de la pleine citoyenneté par rapport au Maroc des Marocains établis à l’étranger et particulièrement des nouvelles générations , et l’interprétation de manière anti-démocratique de la Constitution rénovée 2011 , avec en particulier une lecture régressive de l’article 17.
Pour clore provisoirement sur le bilan des 18 années de CCME, qui mérite une nouvelle fois un très large débat, on se retrouve devant deux constats. Le premier, preuves à l’appui, est l’échec généralisé des dirigeants du Conseil ( y compris l’ex numéro 3 qui se présentait jusqu’à son son débarquement en été 2015 comme « directeur », «coordinateur général » ou «membre dirigeant du Conseil » ), dans toutes les missions définies par écrit dans le dahir portant création du CCME.
Le second constat est leur réussite quasi-totale dans une mission-action non définie formellement, sur laquelle ils comptent certainement pour redorer leur blason et être défendus à certains niveaux . En premier lieu, la mission «informelle » consistant à s’opposer par tous les moyens, dans le cadre d’un lobby anti-participationniste,à l’implication réelle des citoyens marocains à l’étranger dans la vie politique et démocratique du Maroc , alors que ceci est un droit constitutionnel qu’avaient déjà anticipé les décisions fort progressistes du Souverain à travers le discours royal fondateur du 6 novembre 2005. Il s’agit de faire représenter les citoyens MRE à la Chambre des Représentants, par le biais de circonscriptions électorales législatives de l’étranger. En second lieu, l’autre objectif suivi est d’empêcher par tous les moyens, la non représentativité réelle  du nouveau Conseil, qui serai issu d’un vote démocratique, à travers par exemple des conseils consulaires élus.
Prochain article : 5/5 -Réponse à Abdellah Boussouf, SG du Conseil 
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Publié le 18/03Responsables du CCME, quel est votre bilan ? Réponse à Abdellah Boussouf, SG du Conseil 3/5

https://www.lebrief.ma/tribunes/responsables-du-ccme-quel-est-votre-bilan-reponse-a-abdellah-boussouf-sg-du-conseil-2-5/ 14 – Le pourquoi de cette défaillance structurelle  Quelles sont alors les raisons de cette carence et gouvernance défectueuse, que l’entretien avec le SG du Conseil n’a nullement évoqué, à aucun moment. De notre point de vue, si aucune assemblée plénière formelle n’a été convoquée en bonne et due forme par le président (en dehors de celle de lancement pour adoption du règlement intérieur et formation des groupes de travail), c’est pour la raison fondamentale suivante. Le président du CCME…

Par Professeur Abdelkrim Belguendouz, Chercheur en migration
Publié le 17/03Responsables du CCME, quel est votre bilan ? Réponse à Abdellah Boussouf, SG du Conseil 2/5

https://www.lebrief.ma/tribunes/responsables-du-ccme-quel-est-votre-bilan-reponse-a-abdellah-boussouf-sg-du-conseil/ 7 – Ne pas oublier l’article 179 de la Constitution et l’article 25 du dahir du 21 décembre 2007 Jouant toujours dans l’édition du journal « Le Matin » en date du 19 février 2026 sur l’ambiguïté et le flou pour dédouaner la responsabilité de la direction bicéphale du CCME, son secrétaire général évoque également implicitement le fait que, n’ayant pas vu jusqu’ici l’opérationnalisation de l’article 163 de la Constitution relatif au Conseil, ce dernier se trouve encore, là aussi,…

Par Professeur Abdelkrim Belguendouz, Chercheur en migration
Publié le 16/03Responsables du CCME, quel est votre bilan ? Réponse à Abdellah Boussouf, SG du Conseil 1/5

Dans son édition du 19 février 2026 et sous le titre « La Fondation Mohammedia sera la clé de voûte d’une politique migratoire cohérente (Boussouf) », le journal « Le Matin » a publié un entretien avec Abdellah Boussouf , secrétaire général du Conseil de la communauté marocaine résidant à l’étranger (CCME ou Conseil par la suite) dans lequel, sans le citer, il a « répondu », sans nullement convaincre, notamment à notre article publié par « LeBrief.ma » le…

Par Professeur Abdelkrim Belguendouz, Chercheur en migration
Publié le 16/03Le Maroc : une puissance régionale en plein essor (1999-2026)

L’article plante d’abord le décor géopolitique de 2026. Le système international n’est plus structuré autour d’un ordre stable, mais se caractérise par une configuration polycentrique où se mêlent rivalités entre grandes puissances, fragmentation des alliances et compétition accrue pour les corridors stratégiques et les technologies. Dans ce monde « post-occidental », les puissances moyennes gagnent une influence qui dépasse leurs seules ressources matérielles. Le Maroc a su tirer son épingle du jeu dans cet environnement complexe. Situé au carrefour des espaces euro-méditerranéen,…

Par Mohamed Zilaoui, Ecrivain et chercheur en sciences politiques
Publié le 13/03Le dixième anniversaire du partenariat maroco-russe

La visite royale à Moscou en mars 2016 a constitué une étape charnière dans le cours des relations maroco-russes. Cinquante ans après la visite de Sa Majesté Feu le Roi Hassan II en Russie, Sa Majesté le Roi Mohammed VI a renouvelé cet élan diplomatique par une visite officielle de haut niveau, au cours de laquelle il a présidé des entretiens au sommet avec le président russe Vladimir Poutine au Kremlin. Cette visite, à laquelle a participé une délégation ministérielle…

Par Mohamed Zilaoui, Ecrivain et chercheur en sciences politiques
Publié le 09/03Journée mondiale du rein : protéger nos reins, protéger notre vie

Les reins jouent un rôle vital dans l’organisme. Ils filtrent le sang, éliminent les toxines, régulent l’équilibre hydrique et participent au maintien d’une pression artérielle stable. Pourtant, leur fragilité est souvent sous-estimée. Les maladies rénales évoluent fréquemment sans symptômes apparents, et lorsque les signes deviennent visibles, les atteintes sont parfois déjà avancées. Au Maroc comme dans de nombreux pays, deux grands facteurs expliquent l’augmentation des maladies rénales : le diabète et l’hypertension artérielle. Ces maladies chroniques, en constante progression, constituent…

Par Pr Intissar Haddiya, Médecin et auteure marocaine
Publié le 27/02Protection et valorisation durable de la darija au sein des modèles d’IA

La littérature et l’écriture en darija connaissent une reconnaissance croissante dans l’espace public et le paysage culturel marocains. Cette production, qui puise sa légitimité dans sa capacité à restituer les réalités contemporaines, se trouve aujourd’hui confrontée à des défis majeurs, liés surtout à l’exploitation non consentie des œuvres à des fins de fouille de textes. Cet usage interroge l’opérabilité du droit d’auteur face à la démesure numérique. Porosité des frontières et opacité des algorithmes posent problème. La protection de l’œuvre…

Par Pr. Mourad Alami, Universitaire, écrivain, poète, essayiste et traducteur. Auteur de 8 ouvrages en Darija, plus de 100 essais en Darija.
Publié le 18/02MRE : 32 ans après sa signature, la convention de sécurité sociale Maroc-Italie, n’est toujours pas appliquée !!!

Cet instrument international est très important pour les travailleurs marocains immigrés en Italie et, par réciprocité, pour les Italiens au Maroc. Il s’agit de la protection sociale de ces migrants et des membres de leur famille, notamment pour les aspects suivants : assurer la portabilité des droits sociaux des travailleurs et des membres de leur famille, avec le transfert des prestations non seulement vers le pays d’origine mais même dans un État tiers ; permettre la totalisation des cotisations et…

Par Abdelkrim Belguendouz, Universitaire à Rabat et chercheur en migration
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Publié le 06/12Aux frontières du réel et de la fiction dans le roman social : le cas « Houris »

Cependant, cette pratique pose une question délicate : où s’arrête l’inspiration et où commence l’appropriation illégitime d’une histoire personnelle ? L’affaire entourant Kamel Daoud et son roman Houris illustre les tensions qui surgissent lorsque fiction et réalité s’entrelacent. Lauréat du prix Goncourt 2024, Daoud se voit reproché d’avoir utilisé, sans consentement, le récit d’une survivante de la guerre civile algérienne, ancienne patiente de son épouse psychiatre. Si l’écrivain réfute ces accusations en invoquant la fiction comme territoire libre, cette controverse…

Par Intissar Haddiya, Médecin et auteure marocaine
Publié le 30/12Les tendances et les défis du marché immobilier au Maroc

Dans les grandes agglomérations, les tendances sont tout aussi disparates. À Casablanca, l’IPAI a reculé de 1%, avec des baisses de 0,5% pour les biens résidentiels, de 2,7% pour les terrains, et de 2,2% pour les actifs professionnels. La ville a également enregistré une contraction significative de 30,1% des transactions, notamment pour les terrains (-41,7%) et les locaux professionnels (-33,3%). À Rabat, les prix ont diminué de 0,6% globalement, avec une baisse notable de 7,5% des actifs professionnels, mais les…

Par Karim Mabrour, Fondateur et CEO de MKM Immobilier
Publié le 23/11Le Maroc : pilier stratégique de la coopération sécuritaire et du renseignement dans un contexte géopolitique évolutif

Le rôle du Maroc s’étend bien au-delà de la simple défense de son intégrité territoriale face aux revendications désuètes du Polisario, il incarne une riposte systématique aux menaces qui gangrènent la stabilité de l’Europe, du Sahel et du Maghreb. La position géostratégique du Maroc, à la croisée de l’Atlantique, de la Méditerranée et du Sahel, confère au pays une fonction essentielle dans l’architecture sécuritaire mondiale. Les services de renseignement marocains, notamment la Direction Générale de la Surveillance du Territoire (DGST)…

Par Faiçal Marjani, Acteur associatif
Publié le 16/01L’intégration de l’année juive dans les célébrations marocaines : un pas vers l’équité culturelle

La célébration de l’année hégirienne incarne le socle islamique fondamental de l’identité marocaine, tandis que la commémoration de l’année grégorienne illustre l’ouverture du Royaume au monde moderne et son interaction avec la culture occidentale. La célébration de l’année amazighe, quant à elle, honore des racines ancestrales profondes liées à l’identité amazighe, un pilier fondamental du tissu social marocain. Bien que ces festivités témoignent d’une reconnaissance certaine de la diversité culturelle marocaine, elles révèlent néanmoins des lacunes criantes si elles n’incluent…

Par Faiçal Marjani, Acteur associatif
Publié le 28/01Green Impact Expo & Summit, un carrefour mondial pour une mobilité durable

Une ambition qui dépasse les frontières Au-delà de l’exposition et des conférences, le Green Impact Expo & Summit porte une vision : celle de créer une communauté marocaine de la mobilité durable, où chaque acteur, qu’il soit industriel, institutionnel, académique ou citoyen peut contribuer à construire les solutions de demain. Cet événement incarne une dynamique unique, où la collaboration transcende les simples enjeux commerciaux pour embrasser une responsabilité collective envers l’avenir de notre planète. Dans un contexte où les politiques…

Par Omar Amarouch, Chargé des partenariats et de la commercialisation du Green Impact Expo & Summit,
Publié le 22/11Asynchroni-Cités : quand les rythmes urbains se désaccordent

Dans ces environnements urbains, les rythmes de vie, les infrastructures et les dynamiques sociales ne sont plus en phase, créant une fragmentation de l’expérience urbaine. L’urbanisation rapide, souvent motivée par des impératifs économiques plutôt que par une vision cohérente de la ville, conduit à un désaccord entre les différents éléments qui composent la cité. Les transports fonctionnent à une cadence différente de celle des besoins résidentiels, les espaces de travail ne s’intègrent pas harmonieusement aux zones de loisirs, et les…

Par Mohammed Hakim Belkadi, Consultant architecte des écosystèmes urbains prédictifs et des milieux interconnectés expert judiciaire
Publié le 08/11Le Maroc exige de l’ONU une action décisive pour contrer les manœuvres déstabilisatrices dans la région

Ce régime, dont les pratiques empiètent systématiquement sur la souveraineté des nations voisines, s’appuie en interne sur une propagande mensongère visant à alimenter la haine, à détourner ses citoyens de leurs véritables aspirations, et à les priver de leur droit légitime au développement, à la justice sociale, et à la prospérité. Son objectif est évident : manipuler l’opinion publique pour la maintenir captive de projets idéologiques en décalage complet avec les besoins et les droits réels de ses citoyens. Après…

Par Faiçal Marjani, Acteur associatif
Publié le 07/02Green Impact Expo & Summit 2025 : une programmation scientifique pour penser la mobilité durable de demain

Une réflexion scientifique pour une mobilité durable La programmation scientifique du Green Impact Expo & Summit repose sur une approche transversale qui intègre les dimensions économiques, sociales et environnementales de la mobilité. L’objectif est clair : élaborer des solutions innovantes adaptées aux territoires et aux besoins des populations, tout en répondant aux impératifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Le Maroc, acteur clé de cette dynamique, s’est fixé un objectif ambitieux de réduction de 45% de…

Par Mehdi Amarouch, Directeur du programme Green Impact Expo & Summit
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