2026 : quelle sorte de lueur éclairera le monde ? Diomaye-Sonko : l’espérance d’un phare !
Tribune
Amadou Lamine SallPoète, lauréat des Grands Prix de l’Académie française, Grand-Croix de l’Ordre du Mérite du Sénégal.
Une cruelle année 2025 s’est achevée ! Nos pensées vont au grand peuple sénégalais, peuple de foi, à celui déchirant de Gaza, à tous les peuples qui cherchent des poubelles pour manger et qui ne trouvent que des débris d’ogives ou des discours creux aux voix politiques ventrues. Nous pensons aussi à ces milliers d’enfants mourants.
On sait de quoi sera enceinte 2026 : de sang, d’excès de pouvoir, de rage de conquêtes, de spoliations, de bave raciale, de risques de guerre civile, de menaces nucléaires, d’affaiblissement des démocraties, de libertés scalpées, de tables sans pain, de marmites sans feu, de forêts et de jardins calcinés. Comme si Dieu se vengeait. Comme s’IL n’a que trop averti, trop pardonné. La politique ne semble gouverner partout que des tragédies et du désespoir. À chacun de nous de construire en soi des soleils qui ne se couchent jamais. Combien sommes-nous déjà morts de notre vivant ? Mais refusons de céder à l’affolement. Retournons aux livres, aux dattes de l’esprit. Dans les urnes, ne votons plus pour nous, mais pour nos enfants. « Le rêve des Sénégalais doit être le rêve de l’État. » Parlons moins, haïssons-nous moins et aimons-nous plus, travaillons ensemble, honorons notre drapeau sur lequel une armée républicaine veille avant nous et punit tout crachat. Le Palais ne sera habité que par l’hôte des urnes. Des sentinelles aux épaulettes de foi et de serment y veillent avant Dieu ! Laissons-LE se reposer un peu !
Le Sénégal n’est pas beau : il est la beauté même ! Mais le miroir cherche toujours à le démentir. Notre vœu : à l’africaine, installer un Conseil des sages autour du président de la République avec un membre issu de chaque Région et un choix libre de cooptation laissé à l’appréciation de l’Autorité pour y faire figurer de distingués fils du Sénégal, discrets et silencieux, dont le parcours a forgé le sommet de la montagne. Les membres dudit Conseil seront connus du seul Chef de l’État sous le sceau du secret défense. Les artistes, femmes et hommes de lettres et d’art ne doivent pas être oubliés. Comme de coutume. Il n’existe pas de plus inspirés Saltigués qu’eux !
Le discours du Chef de l’État aux Sénégalais le soir du 31 décembre 2025 ne peut être qu’un raccourci. Il répond à un rendez-vous républicain : tenter de parler peu, bien, fort, utile. Parmi les grandeurs et les misères, le Chef a préféré dire l’espérance. Puisse-t-on retourner aux conclusions des Assises nationales et adopter une nouvelle Constitution qui distinguera encore davantage, et pour longtemps, le Sénégal, dans le cœur des peuples libres et démocratiques du monde. Ce sont des Sénégalais rares qui ont pensé ces Assises ! Le Président Diomaye Faye doit devancer l’histoire et la marquer comme jamais ou passer, avec respect, comme un promeneur du vendredi saint.
Nous voulons que ce Sérère gagne ! À la vérité, il y a longtemps que nous devrions aller chercher comme modèle constitutionnel autre chose que ce que le joug colonial nous a laissés, en l’africanisant. Le modèle français est décadent, même pour les Français, mais avec cet avantage qui relève de la culture gauloise : la justice est souveraine et elle punit jusqu’au Chef de l’État ! Les Constitutions de la Suisse, des pays nordiques, offrent de solides et saines pratiques qui rendent l’État imprenable, le pouvoir humble, la politique propre. La pratique politique en France et pire en Afrique, enrichit, corrompt, protège, sécurise et avantage les gouvernants et non le peuple. Qui disait que « Quand on ne sait pas quoi faire, on part faire de la politique et la métamorphose s’accomplit, la richesse s’installe avec ses parures ? »
On ne peut pas jeter un peuple à la mer et lui demander d’en sortir sans être mouillé. Mais la nature du Chef, son humilité, sa sagesse, son équité, son écoute, sa hauteur, son élégance d’esprit, sa culture -la culture est le premier élément de sécurité et de défense nationale-, peuvent guérir toute peur et nourrir tout espoir pour un peuple. Nous gagnerons si nous sommes ensemble et patients. Nous devons nous mobiliser en 2026, non pour voir quel Président élire en 2029, mais quelle prospérité installer et vite, quelle liberté défendre et protéger, quelle grandeur morale installer. Au-delà de notre force, notre singularité, notre chance qui n’est pas un hasard, c’est notre stabilité démocratique qui balaie toutes les peurs. Cette seule stabilité démocratique et politique, devrait être notre garante auprès des gardiens rigides des plus colossales grottes d’or et d’argent internationales. N’oublions pas, toutefois, le confort et l’admirable pratique de l’alternance démocratique qu’un militaire putschiste singulier, Jerry Rawlings, a laissé comme héritage au Ghana. Entre autre fait marquant, pour « y devenir ministre, préfet, juge à la Cour Suprême, il faut passer devant l’Assemblée nationale » pour validation. Plus près de nous, le Cap-Vert, modèle démocratique éblouissant et silencieux. Et si nous faisions encore mieux, nous si bavards et si lents aux réformes décisives et historiques ? Notre réalité sociale et économique est toute crue ! Ce pays tant aimé est abîmé par une extrême précarité, une lutte sanglante entre partis politiques ! L’émotion, la partialité et l’activisme ne doivent pas masquer cette réalité douloureuse ! La politique de par le monde, a fait tellement l’amour avec le mensonge, qu’elle a enfanté le chaos et l’inconnu.
Les Sérères sont revenus au pouvoir ! J’ai applaudi des dix mains et des pieds ! Le premier nous avait habitué au plaisir et à la jouissance de l’esprit : leur ADN. Ne changez pas ce sang bleu ! Il faut se départir de la dictature de l’urgence et travailler sans gilet pare-balle. Il faut s’inscrire non dans l’avenir mais dans l’éternité pour bâtir durablement, même peu, mais bâtir dans l’esprit des pyramides. Gouverner, c’est toujours très court. Gouverner n’est pas une certitude, mais un combat de tous les jours. Ne jamais gouverner à dos d’âne, mais avoir l’esprit apaisé, sans hâte. La politique doit cesser ce face à face ou l’on traite de menteur celui à qui on ment. Et cela date, nous dit-on, de l’époque où « la mer morte n’était pas encore malade. » Chez chaque homme politique, chaque parti politique, il y a un livre que l’on ne peut pas lire à haute voix, dit-on ! Combien d’hommes politiques ont quitté la scène comme des pompiers partis à la retraite sans jamais n’avoir éteint jusqu’à la flamme d’une allumette ? Ce qui différencie les politiciens, c’est la noblesse de la réussite et la démarche dans l’adversité ! « La différence entre un désert et un jardin, ce n’est pas l’eau, mais l’homme. »
Les peuples ne veulent plus être ni séduits ni être convaincus. Ils veulent du cash : se loger, manger, se soigner, se former, travailler. Ils nous disent : « On n’est pas pauvre. On nous a appauvri. » Le pétrole et le gaz ne rendent pas forcément riches un pays. Ils doivent d’abord mettre à l’abri un peuple. Et c’est l’État seul qui en est le responsable, le chef d’orchestre et le garant. Au Sénégal, on s’organise, on met de l’ordre dans le débit et le partage équitable des richesses pour que la marée monte et que des poissons viennent combler l’attente et la faim. Il faut louer et chanter ces succès en cours du gouvernement ! Ne jamais oublier, cependant, hier, les pionniers de l’or noir et gazeux, quels que soient les douloureuses cicatrices, les labyrinthiques crevasses remontées, les ruses déjouées et qui ont finalement conduit au capitanat du pouvoir. D’un mot, cela s’appelle : la noblesse. Elle élève le mérite. Elle grandit. Saluer ses devanciers c’est se grandir, honorer le choix de son peuple. Le peuple sait tout. Pas toujours le prince. L’histoire s’écrit toujours. Les tombes ne sont pas scellées.
Ce qui est en train d’être gagné, c’est que nous marchons à pas forcé vers cette morale où chaque Sénégalais, désormais, « gouvernera sa conscience selon des délibérations éthiques. » Nous devons retourner aux valeurs des anciens. Sans elles, nous continuerons longtemps à pédaler dans le gombo ! La 1ère infrastructure à bâtir, c’est le nouveau Sénégalais. Il y faudra de l’autorité, du courage, de la détermination, du sacrifice. C’est une guerre au regard de la terrifiante démolition des fondements de notre société. Ou on gagne et il faut gagner quel que soit le prix à payer, ou on perd et on meurt en laissant le mal régner. Il faut sauver nos enfants de demain. Un maître d’école dit ceci : « Il faut fermer les écoles et les universités pour 20 ans au moins, afin de refonder notre système scolaire et éducatif. Il n’est pas à genoux. Il est à plat ventre. » Il poursuit, effaré : « Vous avez vu et entendu nombre de ceux se réclamant aujourd’hui de titres de Docteurs d’État ou titulaires de Master ? Inacceptable ! Honteux ! Ils sont incapables de s’exprimer correctement ! Ce sont désormais des frères Béninois, Camerounais, Burkinabé, qui tirent pour nous la sonnette d’alarme, en se moquant de ce prestigieux pays d’Afrique jadis comparé à la Grèce pour sa fascination dans l’élévation de l’enseignement et de la culture. » Pour notre humble part, nous témoignons des ambitions louables de l’actuel ministre de l’Éducation nationale Moustapha Mamba Guirassy. Cet homme a du bagout et une longue carrière dans l’enseignement supérieur privé ! Cependant, la mission est presque inhumaine au regard des dégâts accumulés et de la profondeur de la fosse puante. Ne faudrait-il pas construire les maîtres pour construire les apprenants avant de construire les Infrastructures ?
Nous avons appris « qu’un bon roi protège son peuple, défend ses frontières, élève son peuple, élève les arts et les sciences, apprend à son peuple à se gouverner lui-même, inculque des valeurs, rend son pouvoir moins nécessaire.» Nous avons également appris que « la vérité n’a pas de genre. Qu’il faut à la fois de l’autorité et de l’écoute. Être puissant et accessible à la fois. Associer tradition et innovation. Que seule la justice garantit la paix. Comprendre et non dominer. Résoudre les conflits par le dialogue et non les armes. » Qui disait, par ailleurs, « qu’en Afrique les véritables combats pour le développement sont secondaires ? On se bat pour le pouvoir, le garder, le corrompre ? » Constat amer et pas toujours faux !
Le Sénégal vivra, quelle que soit la nature de l’orage. Le même rêve historique depuis Senghor s’habille encore aujourd’hui du même goût de patriotisme autrement déclamé et assumé en 2025. Au fond des victoires de Sonko, on retrouvera toujours Diomaye ! C’est l’épreuve du feu partagé ! Restons dans la vérité de l’histoire ! Quant à la légende, que chacun tisse la sienne. L’histoire fera le tri. Pour notre part, puissent-ils tous les deux nourrir la permanence d’un lien si beau, si émouvant et mourir ensemble sur le même champ de bataille, sans que ne tombe le drapeau du Sénégal qu’ils ont épousé ensemble. Et il ne tombera pas !
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