Suppression de la TVA sur les médicaments : tout sur cette mesure tant attendue

Temps de lecture : 4 minutes


Suppression de la TVA sur les médicaments : tout sur cette mesure tant attendue

Temps de lecture : 4 minutes

Catégorie Économie , Gros plan

Temps de lecture : 4 minutes

La suppression de la Taxe sur la valeur ajoutée (TVA) sur les médicaments était l’une des revendications des professionnels de l’industrie pharmaceutique. S’inscrivant dans le cadre du projet de loi de Finances (PLF 2023), cette disposition permettra de réduire les prix des médicaments et de les rendre plus accessibles. De plus, elle soulagera les caisses des organismes gestionnaires d’assurance maladie. Les détails avec Abdelmajid Belaiche, analyste et expert des marchés pharmaceutiques.

Temps de lecture : 4 minutes

C’est le secrétaire général du parti de l’Istiqlal et ministre de l’Équipement et de l’Eau, Nizar Baraka, qui a annoncé la nouvelle. Sur les ondes de la radio MFM, il a déclaré que le gouvernement compte supprimer la TVA sur les médicaments. Ce dossier, que l’exécutif prépare dans le cadre du PLF 2023, vise à réduire les prix des médicaments pour accompagner le grand chantier de la généralisation de la protection sociale. «La décision de supprimer la TVA sur les médicaments est justifiée. Il n’y a aucune raison pour que les patients paient cette taxe», a lâché le ministre.

Le département de Khalid Aït Taleb avait précédemment annoncé dans un communiqué «prendre des mesures urgentes pour développer et sécuriser le stock stratégique national de médicaments et de produits de santé exposés aux pénuries ou aux interruptions d’approvisionnement actuelles ou potentielles pour l’année 2023. L’objectif étant de garantir un approvisionnement approprié et continu et de prendre toutes les mesures nécessaires pour prévenir et atténuer toute difficulté d’approvisionnement».

Lire aussi : Pénurie de médicaments : état des lieux, causes et solutions

 

Une justice pour les malades

Il faut savoir que le Maroc est le seul pays arabe à imposer le paiement de la TVA sur les médicaments. À ce jour, la majorité des médicaments sont taxés à hauteur de 7%, ce qui rapportait à l’État plus de 2 milliards de DH (MMDH).

Si certains médicaments sont exonérés de la TVA, dont les médicaments pour les maladies chroniques telles que le cancer, le diabète, l’hypertension artérielle, l’asthme et le sida, d’autres sont toujours taxés et ils représentent un volume important de produits consommés au Maroc. «Ils représentent 97%. Ce sont les médicaments que nous consommons tous les jours. La suppression de la TVA baissera ainsi leur prix et s’alignera avec le pouvoir d’achat des Marocains», souligne Abdelmajid Belaiche, analyste et expert des marchés pharmaceutiques, tout en précisant que cette mesure concerne uniquement les médicaments. Les compléments alimentaires, les vitamines et les produits cosmétiques ne sont pas concernés.

Selon notre interlocuteur, il s’agit d’une justice pour le patient qui a toujours été à la recherche de produits offrant le meilleur rapport qualité-prix. «Une telle mesure aura un impact positif aussi bien sur les citoyens que sur les organismes gestionnaires d’assurance maladie au Maroc, qui vont désormais devoir prendre en charge un coût de soin beaucoup moins élevé», ajoute-t-il.

Lire aussi : Prix des médicaments : lancement des consultations avec les industriels pharmaceutiques 

 

Quel impact pour le secteur ?

Du côté des professionnels, cette suppression de la TVA devrait logiquement provoquer un déséquilibre financier des entreprises pharmaceutiques. «Les industriels ont déjà un crédit TVA, en achetant à 20% et en taxant à 7%. Aujourd’hui, une TVA à 0% risque d’aggraver encore plus leurs caisses et ils seront encore plus créditeurs vis-à-vis de l’État», explique Belaiche.

En effet, toucher à la trésorerie des industries pharmaceutiques entraîne une baisse des investissements pour maintenir la production. En conséquence, l’offre prend structurellement du retard par rapport à la demande, ce qui pourrait provoquer une augmentation des prix.

Et pour éviter tout risque de déséquilibre, l’expert des marchés pharmaceutiques estime qu’il est important que l’État ne dépasse pas six mois pour assainir les arriérés des crédits TVA au profit des entreprises. «Le processus de remboursement est long. Il serait plus judicieux d’instaurer des mécanismes et un suivi de la TVA pour que le remboursement soit continu», suggère-t-il.

Il est d’ailleurs nécessaire de noter que la suppression de la TVA permettrait aux ménages marocains d’économiser environ 1,12 MMDH, sur environ 16 MMDH déboursés pour l’achat de médicaments chaque année. Aujourd’hui, les industriels doivent jouer le jeu et ne pas en profiter pour augmenter leurs marges et leurs coûts de fabrication. Quant au gouvernement, sa mission sera de soulager leur trésorerie et préserver leur équilibre financier.


Recommandé pour vous

Le salarié marocain, est-il heureux ?

Temps de lecture : 4 minutes Le bonheur des employés au Maroc sous la loupe de ReKrute. La plateforme en ligne spécialisée dans le recrutement et l’emploi a rendu publique son enqu…

Pleins feux sur les atouts logistiques du Maroc

Temps de lecture : 7 minutes Le Maroc a fait des infrastructures routières, maritimes, aériennes et ferroviaires un levier de développement, en y consacrant de lourds investissemen…

PLF 2023 : la réforme fiscale dans le collimateur

Temps de lecture : 5 minutes La réforme fiscale inscrite dans le projet de loi de Finances 2023 (PLF 2023) continue de susciter la colère des professionnels libéraux. Du côté des a…

Un Black Friday en temps de crise économique et d’inflation

Temps de lecture : 6 minutes Le Black Friday (vendredi noir) marque le grand jour des soldes à l’échelle internationale, lançant la saison des achats de fin d’année. Célébré …

Énergies renouvelables : le Maroc rayonne

Temps de lecture : 5 minutes Une réunion de travail présidée par le Roi et consacrée au développement des énergies renouvelables s’est tenue le 22 novembre. Le Royaume s’est fixé d…

Avocats vs gouvernement : les tensions se poursuivent

Temps de lecture : 4 minutes Le gouvernement et les représentants de l’Association des barreaux d’avocats du Maroc (ABAM) sont parvenus, le 15 novembre, à un nouvel accord. Après q…

PLF-2023 : Nadia Fettah présente les principales mesures fiscales

Temps de lecture : 5 minutes La ministre de l’Économie et des Finances, Nadia Fettah Alaoui, a présenté, lundi 14 novembre, les principales mesures fiscales prévues dans le cadre d…

Les limites du PLF 2023 : analyse du Pr Nabil Adel

Temps de lecture : 9 minutes La trajectoire de ce projet de loi de Finances (PLF) n’annonce rien de bon. Ce dernier s’inscrit dans la continuité des précédents PLF, et ne prend pas…

Transparence fiscale : quels progrès réalisés par le Maroc ?

Temps de lecture : 5 minutes Un rapport de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), rendu public, ce mercredi 9 novembre, met en avant les progrè…

AFEM : la croissance durable au cœur de l’entrepreneuriat féminin

Temps de lecture : 5 minutes Le monde des entreprises et des affaires a connu plusieurs mutations ces dernières années. Prouver que ce secteur n’est pas l’apanage des hommes seulem…

Dégroupage : des experts évalueront le préjudice subi

Temps de lecture : 4 minutes C’est un feuilleton qui n’en finit pas. Après l’Agence nationale de réglementation des télécommunications (ANRT), c’est au tour…

Filière laitière : une baisse de la production de plus en plus préoccupante

Temps de lecture : 5 minutes Le lait se fait de plus en plus rare. Ces derniers mois, l’approvisionnement du marché national en lait a enregistré une baisse notable. Les collectes …