Patrimoine immatériel : la labellisation en marche

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Mohamed Mehdi Bensaid et Audrey AzoulayMohamed Mehdi Bensaid et Audrey Azoulay © DR

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Face aux tentatives d’appropriation étrangère, le ministère de la Culture s’est engagé dans un processus de labellisation du patrimoine immatériel marocain. C’est une étape clé pour protéger ce patrimoine à travers un travail de fond mené avec le concours du Bureau marocain du droit d’auteur (BMDA) et l’Office marocain de la propriété industrielle et commerciale (OMPIC). Détails.

Depuis sa nomination à la tête du ministère de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication, Mohamed Mehdi Bensaid s’active pour protéger le patrimoine immatériel du Royaume. C’est que les tentatives d’appropriation se sont multipliées ces dernières années avec notamment celles concernant le zellige et le caftan. L’année dernière, Bensaid a signé une décision ministérielle marquant le lancement du Label «Moroccan Heritage». Cette initiative vise à labelliser le patrimoine national. L’objectif est de certifier, répertorier et recenser le riche patrimoine culturel et les savoir-faire matériels et immatériels du Maroc, afin de les préserver des tentatives d’appropriation et de préservation. Par ailleurs, cette initiative vise à valoriser le patrimoine en fonction des spécificités culturelles de chaque région du pays.

Lire aussi : L’ICESCO reconnaît le caftan comme patrimoine marocain

Études anthropologiques

Dans la continuité de la mise en œuvre de la Convention de l’UNESCO pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel, le ministère avait entrepris l’an dernier plusieurs études anthropologiques. Ces études ont permis de mettre en lumière une taxinomie du patrimoine, reflétant la richesse et la diversité du patrimoine immatériel marocain, allant de l’artisanat aux savoir-faire traditionnels, en passant par la gastronomie, la couture, les arts et les traditions orales.

Le ministère avait aussi mis en œuvre un projet de numérisation de tous les sites historiques. L’utilisation de la technologie de l’imagerie 3D facilitera les opérations de restauration en offrant une représentation précise des sites. De plus, le lancement de l’application électronique «Route des Empires» en partenariat avec l’Ambassade de France et le Centre Jacques Berque permettra aux utilisateurs de réaliser des visites virtuelles en 3D de plusieurs sites historiques.

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Accord avec l’UNESCO

Au mois de novembre 2022, Bensaid a également signé un nouvel accord avec Audrey Azoulay, directrice générale de l’UNESCO, concernant la reconnaissance du patrimoine matériel et immatériel marocain par l’organisation internationale. La préservation de ce patrimoine est essentielle non seulement pour l’identité culturelle, mais aussi pour le secteur touristique national. Le tourisme marocain repose en partie sur l’héritage historique et culturel du pays, en plus de ses attractions naturelles. À l’occasion de la signature de cet accord, le ministre de la Culture avait mis en avant le rôle du nouveau Centre national du patrimoine immatériel. Ce centre, unique au Maroc et dans de nombreux autres pays, vise à préserver et à protéger le patrimoine immatériel du pays, tout en fournissant un soutien à l’UNESCO dans les années à venir.

Écouter aussi : Qu’est-ce que le patrimoine immatériel ?

Le BMDA et l’OMPIC à la rescousse

La synergie entre le Bureau marocain du droit d’auteur (BMDA) et l’Office marocain de la propriété industrielle et commerciale (OMPIC) prend une importance cruciale dans la préservation du patrimoine culturel, des créations intellectuelles et des découvertes. Les deux organismes sont positionnés comme gardiens de la mémoire collective, des réalisations créatives et des trouvailles novatrices. Dans cette perspective, un accent particulier doit être mis sur la sauvegarde de la marque de fabrique «Maroc», englobant divers aspects tels que les modèles artisanaux, les créations culinaires, architecturales, musicales, et bien plus encore. Le potentiel de la marque de fabrique «Maroc» est immense, en tant que reflet de l’identité culturelle riche et diversifiée du pays. Cela englobe non seulement les œuvres visuelles et artistiques, mais aussi les expressions culturelles et patrimoniales qui font la renommée du Royaume à l’échelle mondiale.

Cependant, cette initiative ne peut être efficace que si les cadres législatifs sont en phase avec les besoins actuels et futurs. Il est crucial d’actualiser les textes législatifs en vigueur afin de créer un environnement propice à l’innovation et à la créativité dans le domaine du patrimoine culturel. L’adaptation des lois et des réglementations en fonction des évolutions de la société et de la technologie est essentielle pour soutenir et promouvoir les nouvelles expressions culturelles et artistiques.

Lire aussi : Marrakech : le Musée du patrimoine immatériel ouvre ses portes

Le partenariat entre le BMDA et l’OMPIC vise à encourager et à protéger les créations intellectuelles et culturelles des Marocains, tout en préservant l’héritage ancestral du pays. Il s’agit d’un effort concerté pour garantir que le patrimoine culturel du Maroc continue d’évoluer et de prospérer, tout en étant respecté et protégé, tant sur le plan national qu’international.

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