Mondial des clubs : le grand show qui épuise les joueurs
Le capitaine du Real Madrid, Dani Carvajal, a quitté le terrain sur civière après s'être blessé au genou cet après-midi au stade Santiago Bernabéu. Le Real Madrid a battu Villarreal 2 buts à 0 lors de la 9e journée de Liga au stade Santiago Bernabéu de Madrid © David Canales / SOPA Images/Sipa USA
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La FIFA voulait marquer un tournant. Avec son format inédit à 32 équipes et une organisation digne d’un Mondial national, la Coupe du monde des clubs 2025 se veut une vitrine globale du football de clubs. À première vue, l’ambition semble porter ses fruits : 60.927 spectateurs ont assisté au match d’ouverture entre Al Ahly et l’Inter Miami, dans un Hard Rock Stadium quasi plein.
L’instance dirigée par Gianni Infantino a salué une « première rencontre historique », promettant une suite « épique » à cette aventure. Douze stades américains accueillent les rencontres, avec une distribution financière record : 50 millions d’euros pour chaque club engagé, près de 100 millions pour le vainqueur. De quoi faire saliver les dirigeants, dans un football toujours plus tourné vers la rentabilité.
Mais derrière cette mise en scène grandiose, la grogne enfle. Car si les clubs encaissent, les joueurs, eux, encaissent les coups. Fatigue chronique, vacances écourtées, surcharge physique : la compétition inquiète autant qu’elle fascine.
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Une machine à épuiser les joueurs
« C’est la pire idée jamais mise en œuvre dans le football », s’insurge Jürgen Klopp, désormais directeur du football chez Red Bull. L’ex-entraîneur de Liverpool n’y va pas par quatre chemins : selon lui, l’accumulation des matchs met gravement en péril la santé des joueurs. « Virgil van Dijk n’a jamais eu quatre mois de repos dans sa carrière, contrairement à un joueur NBA », lance-t-il, redoutant une hécatombe de blessures à court ou moyen terme, notamment à l’approche du Mondial 2026.
Le message est clair : en supprimant la trêve estivale pour les clubs européens concernés, la FIFA pousse l’organisme des joueurs dans ses derniers retranchements. Une inquiétude partagée par d’autres figures du ballon rond, comme Raphinha, l’ailier du FC Barcelone actuellement en vacances forcées, le Barça ne s’étant pas qualifié pour la compétition. « Personne ne nous a demandé notre avis », fulmine-t-il. Pour le Brésilien, ses coéquipiers Marquinhos et Beraldo, qui enchaînent Ligue des champions, équipe nationale et Mondial des clubs, auraient dû « être en vacances, eux aussi ».
Grèves, plaintes, et colère syndicale
Cette tension est loin de se limiter aux déclarations individuelles. Des syndicats de joueurs et des ligues européennes ont déjà déposé plainte contre la FIFA. Le reproche est le même : un calendrier ingérable qui empiète sur les pauses nécessaires et menace l’intégrité physique des footballeurs. Certains, comme le milieu espagnol Rodri, n’excluent plus une grève si cette surcharge persiste.
Mondial des clubs : clap de fin amer pour le Wydad Casablanca
Et les conséquences s’étendent au-delà des vestiaires. L’Euro féminin, qui débute le 2 juillet en Suisse, pâtit directement de cette concurrence médiatique. Pendant onze jours, les deux compétitions vont se chevaucher, nuisant à la visibilité de l’événement européen. En multipliant les grands tournois sans coordination, la FIFA risque ainsi d’asphyxier le calendrier mondial du football, au détriment des autres compétitions déjà en place.
Une bataille d’image autant que d’intérêts
Face à ces critiques, la FIFA persiste et signe. Son message est simple : cette Coupe du monde des clubs est une « célébration du football universel ». Pour l’organisation basée à Zurich, l’événement permet aux fans du monde entier de voir s’affronter les plus grandes équipes, dans un format plus équitable et global que la Ligue des champions européenne.
Et sur le terrain, l’engouement est réel dans certains pays. Au Brésil notamment, les quatre clubs engagés se sont qualifiés pour les huitièmes de finale, et la victoire surprise de Botafogo face au PSG a électrisé les supporters locaux. Ce succès sportif donne du crédit à l’idée d’un tournoi où l’hégémonie européenne n’est plus totale.
Mais ce projet global masque mal les logiques économiques à l’œuvre. Avec des droits de diffusion vendus à prix d’or et des revenus estimés à 2,5 milliards d’euros, la compétition ressemble de plus en plus à une entreprise commerciale géante. La FIFA promet que le football est « pour tous », mais dans cette course au profit, les joueurs sont-ils encore au centre du jeu ? Ou deviennent-ils les premiers sacrifiés de cette mondialisation footballistique ?
Entre ambitions mondiales et réalités humaines, la Coupe du monde des clubs cristallise les tensions d’un football à la croisée des chemins. Vitrine planétaire pour les fans, jackpot pour les instances et les clubs, elle devient aussi symbole d’un sport qui s’éloigne de ses acteurs. Si la FIFA célèbre un « nouveau chapitre », les voix qui s’élèvent rappellent qu’un livre ne tient que par la solidité de ses pages. Et celles-ci, en l’occurrence, sont bien fatiguées.
Le PSG devra composer sans son latéral droit Achraf Hakimi pour le Classico face à l’OM dimanche prochain, suite à son expulsion lors du match contre Strasbourg (1-2) ce week-end.
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