Malgré les inondations, la campagne agricole 2025-2026 reste favorable

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L’Agriculture de demain : comment repenser les cultures avec l’IA  Plantation de légumes verts © LeBrief

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Après plusieurs années marquées par un déficit pluviométrique, des performances agricoles limitées et des inondations ayant ravagé plusieurs cultures, notamment dans le Gharb, la campagne agricole 2025‑2026 au Maroc s’annonce sous des auspices nettement plus favorables. Les indicateurs climatiques et agricoles enregistrés jusqu’à la mi-mars témoignent d’une amélioration significative des conditions de production, suscitant un optimisme partagé par les acteurs du secteur.

Suite aux récentes inondations, environ 110.000 hectares ont été submergés, principalement dans les bassins du Gharb et du Loukkos. La filière agrumicole est l’une des plus touchées, en plus des céréales et des légumineuses.

À l’inverse, les pluies abondantes ont permis de sécuriser le cycle de croissance sur environ 3,9 millions d’hectares, notamment à Chaouia, Doukkala, Saïss et dans l’Oriental. Par ailleurs, le taux de réalisation des programmes de maraîchage a dépassé 107% dans certaines zones, comme Casablanca-Settat – particulièrement pour la pomme de terre, la carotte et la tomate – et Doukkala. Le programme de betterave sucrière a atteint 102%, bénéficiant d’un sol bien gorgé d’eau dans cette région.

De plus, la régénération des pâturages dans le Moyen Atlas, l’Oriental et les zones pastorales du Sud est spectaculaire. La floraison actuelle des arbres fruitiers se déroule dans des conditions hydriques optimales, laissant présager de bons rendements pour les rosacées (pommes, amandes) et les oliviers.

L’agriculture marocaine renoue avec la croissance

Selon Fouad Raji, membre du conseil national de la Fédération marocaine professionnelle des associations de distributeurs et de revendeurs d’intrants agricoles (FMPADRIA), « ces gains agricoles ont permis de compenser les pertes enregistrées dans le Gharb et le Loukkos ». En effet, les cultures sont réparties en fonction des conditions bioclimatiques, des zones humides du nord aux régions arides et sahariennes.

Concrètement, l’agriculture s’organise autour de grands bassins régionaux spécialisés :

  • Gharb et Loukkos : cultures industrielles (riz, betterave sucrière, fruits rouges).
  • Saïs (Fès-Meknès) : arboriculture, notamment l’oléiculture.
  • Tadla : production d’agrumes, cultures variées et important bassin laitier.
  • Souss-Massa : principal pôle d’exportation de tomates et d’agrumes grâce à l’irrigation moderne.
  • Drâa-Tafilalet : production de dattes, notamment la variété Mejhoul.

Par ailleurs, l’élevage constitue également un pilier du secteur, représentant 38% du chiffre d’affaires agricole et assurant l’essentiel des besoins nationaux en viandes et en lait. Les bovins dominent dans les plaines irriguées, tandis que les ovins et caprins sont concentrés dans les zones pastorales et montagneuses.

Campagne agricole : bilan de performance des filières

Selon les données présentées le 12 mars 2026 lors du Conseil de gouvernement par le ministre de l’Agriculture, Ahmed El Bouari, les pluies enregistrées entre le 1er septembre 2025 et le 11 mars 2026 ont atteint une moyenne nationale de 462 mm. Ce niveau représente une hausse de 56% par rapport à la moyenne des trente dernières années et une augmentation de 134% par rapport à la campagne agricole précédente.

La superficie consacrée aux céréales, légumineuses et cultures fourragères atteint actuellement 4,5 millions d’hectares, dont 3,9 millions d’hectares pour les céréales d’automne. Cette superficie représente une augmentation de plus de 48% par rapport à la campagne précédente. Dans plusieurs régions semi-arides situées au sud de Casablanca, les cultures affichent déjà un développement jugé très satisfaisant, contrastant fortement avec les dernières années marquées par des déficits hydriques.

Lire aussi : Campagne agricole 2025-2026 : le Maroc mise sur la résilience hydrique et la souveraineté alimentaire

L’amélioration des conditions agricoles s’explique également par la hausse significative des réserves en eau. Les apports hydriques ont permis d’élever le volume des barrages nationaux à environ 12,3 milliards de mètres cubes, soit un taux de remplissage proche de 71%. Les barrages destinés à l’irrigation ont enregistré une augmentation de leurs réserves de 164% par rapport à la même période de l’année précédente.

Cette situation devrait permettre de satisfaire les besoins en irrigation des cultures existantes et de lancer les programmes de printemps et d’été dans de bonnes conditions. Elle contribuera également au rééquilibrage de plusieurs filières agricoles, notamment le lait, la viande, le sucre et les légumes, tout en soutenant la création d’emplois.

Au-delà des céréales, plusieurs autres cultures enregistrent également des résultats encourageants. Les cultures sucrières ont atteint une superficie de 44.000 hectares, soit une hausse de 21% par rapport à la campagne précédente, malgré les contraintes liées à l’irrigation en début de saison. Toutefois, environ 11.000 hectares ont été affectés par des inondations dans les régions du Gharb et du Loukkos.

Les cultures maraîchères ont également progressé, avec 100.000 hectares cultivés à l’automne et plus de 57.000 hectares durant la campagne d’hiver, dépassant ainsi la moyenne habituelle. Par ailleurs, l’arboriculture fruitière a enregistré des résultats record grâce aux pluies du printemps 2025, favorisant l’entrée en production de nouveaux vergers.

Dans ce contexte, la campagne agricole 2025-2026 apparaît comme une période charnière marquant un retour à des conditions hydriques et agricoles nettement plus favorables après plusieurs années difficiles pour le secteur.

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