Le Maroc reconsidère son partenariat avec le Parlement européen

Avatar de Khadija Shaqi

Temps de lecture :

Maroc-UE : les eurodéputés rejettent les manœuvres des soutiens des séparatistesParlement européen @ DR

A
A
A
A
A

Le Royaume dénonce fermement la nouvelle résolution adoptée par le Parlement européen. Celle-ci critique « la détérioration de la liberté de la presse au Maroc ». Les parlementaires marocains ainsi que plusieurs autres institutions ont réagi à cette ingérence, en remettant les eurodéputés à leur place. Le point.

Le Parlement européen (PE) a vivement critiqué le Maroc. Ce dernier s’est arrogé le droit de juger la justice marocaine de manière flagrante, partiale et n’a accordé aucune considération à son indépendance. Le texte porte sur la situation des journalistes dans le pays et en particulier sur le cas de Omar Radi. Le journaliste est incarcéré depuis le mois de juillet 2020 et condamné en appel, le 4 mars 2022, pour viol.

Le Conseil supérieur du pouvoir judiciaire (CSPJ) a ainsi exprimé son rejet catégorique de toute ingérence dans la justice ou tentative d’influencer ses décisions. «Ceci contredit toutes les normes et règles internationales, notamment les principes et déclarations des Nations Unies portant sur l’indépendance de la justice».

Le Conseil national de la presse s’est aussi prononcé sur ce sujet. Il a déclaré que «si le PE considère qu’il a le droit d’exercer cette ingérence flagrante et inacceptable, alors ce qui suscite la suspicion et le doute quant à ses intentions envers le Maroc, c’est qu’il a dramatiquement ignoré les violations flagrantes contre les journalistes, la liberté de la presse et la liberté d’expression dans de nombreux pays».

En réponse à ces allégations, les représentants des deux Chambres du Parlement marocain se sont réunis en séance plénière ce lundi. Ils ont examiné les critiques des députés européens concernant la liberté de la presse à l’échelle nationale.

Pour rappel, le PE a demandé «instamment» aux autorités marocaines de «respecter la liberté d’expression et la liberté des médias» et de «garantir aux journalistes incarcérés (…) un procès équitable». Les eurodéputés ont également exigé «la fin du harcèlement de tous les journalistes dans le pays». En outre, ils ont évoqué les cas des journalistes Taoufik Bouachrine et Soumaïn Raissouni. La justice marocaine les a condamnés pour des accusations à connotations sexuelles et non par rapport à un délit d’opinion.

Lire aussi : Le Maroc rejette les critiques du Parlement européen

Colère des parlementaires marocains

La séance plénière d’aujourd’hui a porté sur les interventions des différentes instances politiques. Celle-ci a été présidée par Rachid Talbi Alami, le président de la Chambre des représentants, et Enaam Mayara, le président de la Chambre des conseillers.

Lors de la séance, le représentant du Parti du progrès et du socialisme (PPS), Rachid Hamouni, a souligné que «la position européenne est guidée par des parties ennemies du pays. Cela porte atteinte au partenariat maroco-européen (…). Le Maroc d’aujourd’hui n’est pas celui d’hier (…)». S’agissant des droits humains et de démocratie, l’intervenant a rappelé : «Nous ne sommes pas parfaits mais nous enregistrons des progrès et nous allons continuer à aller de l’avant».

https://www.youtube.com/watch?v=u24Q1pQhQcQ

Quant au Parti de la justice et du développement, son représentant, Abdellah Bouanou, a indiqué que «les progrès réalisés par le Royaume commencent à déranger et à poser problèmes à certaines parties (…)». Rappelons que «des Suédois ont osé brûlé le Coran et qui considèrent cet acte comme une liberté d’expression (…) on ne peut que dénoncer catégoriquement cette décision de l’Union européenne quelque soit son prétexte».

D’après Rachid Talbi Alami, «le Parlement marocain a décidé de reconsidérer ses relations avec le PE, à partir d’aujourd’hui, et de soumettre son partenariat avec cette institution à une évaluation complète en vue de prendre les décisions adéquates». Il ajoute : «Nous allons transmettre le procès-verbal et le communiqué issus de cette plénière à la présidence du Parlement européen, ainsi que les décisions qui seront prises ultérieurement».

Lire aussi : Sahara : l’UE soutient fortement le Maroc

Enfin, le Parlement arabe a, de son côté, dénoncé l’ingérence flagrante du PE dans les affaires internes du Royaume et dans les procédures judiciaires d’un pays arabe souverain. En outre, le Parlement marocain a appelé les forces politiques européennes à faire preuve de sagesse et de discernement en rejetant tout amalgame délibéré entre «les droits humains, les lois et les institutions, d’une part, et les allégations véhiculées par certaines parties connues pour leurs positions hostiles et dogmatiques à l’encontre du Maroc, d’autre part».

Dernier articles
Les articles les plus lu
CDH : le Maroc annonce deux événements internationaux pour soutenir l’action multilatérale en matière des droits de l’Homme

Politique - Le Maroc a annoncé l’organisation prochaine de deux événements internationaux, lors du Conseil des droits de l'Homme (CDH) à Genève.

El Mehdi El Azhary - 25 février 2026
Réforme de l’éducation : Akhannouch fait le point

Politique - La réforme de l'éducation franchit un nouveau cap avec 80% de généralisation du préscolaire et l’extension des écoles pionnières à 80% du primaire dès 2026-2027.

Ilyasse Rhamir - 25 février 2026
Expropriation pour utilité publique : la réforme qui veut accélérer un système hérité de 1982

Politique - La réforme de la loi 7.81 ambitionne de moderniser l’expropriation pour utilité publique en simplifiant les procédures, en raccourcissant les délais et en harmonisant l’évaluation des indemnités.

El Mehdi El Azhary - 25 février 2026
Adouls : une grève prévue du 2 au 10 mars

Politique - Une nouvelle grève annoncée pour les adouls, suite à celle des 18 et 19 février, contre le projet controversé.

Mouna Aghlal - 25 février 2026
ADS : les syndicats annoncent une grève nationale et dénoncent un « blocage inédit »

Politique - La tension monte à l’Agence de développement social (ADS) après l’annonce d’une grève nationale par le syndicat affilié à l’UMT.

El Mehdi El Azhary - 25 février 2026
Droits humains : le Maroc veut renforcer son rôle moteur dans les mécanismes internationaux

Politique - À Genève, le délégué interministériel aux droits de l’Homme Mohammed El Habib Belkouch a souligné la portée politique des mécanismes nationaux de mise en œuvre et de suivi des droits humains (NMIRF).

El Mehdi El Azhary - 24 février 2026
Voir plus
Sahara : 4 ans pour tout régler ?

Dossier - Le Maroc peut maintenant demander plus : sortir le dossier du Sahara de la quatrième commission de l'ONU, inscrire le Polisario comme organisation terroriste…

Sabrina El Faiz - 25 janvier 2025
Le roi Mohammed VI lance à Nouaceur une usine Safran dédiée aux trains d’atterrissage

Politique - Le roi Mohammed VI donne le coup d’envoi d’une nouvelle usine Safran à Nouaceur, au Palais royal de Casablanca.

Ilyasse Rhamir - 13 février 2026
Inondations à Safi : le PJD demande la reconnaissance officielle de la catastrophe

Politique - Après les inondations meurtrières, le PJD demande une officialisation de la catastrophe pour soutenir les victimes et les sinistrés.

Mouna Aghlal - 17 décembre 2025
Sahara : Guterres appelle à un changement de cap

Politique - L’ONU tire la sonnette d’alarme : le Sahara reste en tension, Guterres appelle les parties à un changement de cap pour éviter l’escalade.

Hajar Toufik - 25 août 2025
Fête du Trône : le Roi adresse un discours à la Nation

Le roi Mohammed VI a adressé, mardi, un discours au peuple marocain à l’occasion du 26e anniversaire de son accession au Trône. Voici le texte…

Rédaction LeBrief - 29 juillet 2025
Parlement : la diplomatie de l’ombre

Dossier - À l’instar d’un pur-sang arabe, le Parlement avance toujours, rectifiant ses virages au besoin. Immersion dans un univers parallèle.

Sabrina El Faiz - 28 décembre 2024
pub

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée Champs requis marqués avec *

Poster commentaire