Le Maroc à l’avant-garde de la mobilité durable : un engagement fort pour un avenir vert

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Le Maroc à l’avant-garde de la mobilité durable : un engagement fort pour un avenir vertRyad Mezzour, ministre du commerce et de l'industrie, lors de son discours à la GIES © LeBrief.ma

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Le Maroc s’est positionné ces dernières années comme un acteur clé dans la transition vers une mobilité durable, avec des projets ambitieux et des initiatives concrètes qui visent à réduire les émissions de gaz à effet de serre, à moderniser les infrastructures de transport et à promouvoir l’utilisation des énergies renouvelables.

À travers le Green Impact Expo Summit (GIES), le royaume a réaffirmé son engagement en faveur d’une économie verte et d’une mobilité respectueuse de l’environnement. Ces initiatives s’inscrivent dans un contexte mondial où les défis climatiques et énergétiques exigent des réponses innovantes et durables.

Une vision claire pour 2030

Lors du GIES, les hauts représentants marocains de l’économie, l’industrie et la transition énergétique ont présenté une vision ambitieuse pour 2030, centrée sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre et la promotion des énergies renouvelables. Parmi les projets phares figure le remplacement d’au moins 30% des véhicules de l’administration par des véhicules électriques d’ici 2030, ainsi que l’expansion de la flotte de bus électriques. Ces mesures s’accompagnent d’incitations fiscales et du déploiement de bornes de recharge pour encourager l’adoption des véhicules électriques par le grand public.

D’ailleurs, le Maroc mise sur la digitalisation et les nouvelles technologies pour optimiser la gestion du trafic et réduire la congestion urbaine. L’intelligence artificielle, par exemple, est déjà utilisée pour diminuer de 30% la congestion dans certaines villes. De plus, la digitalisation des services de transport et le déploiement de systèmes de paiement numérique facilitent l’utilisation des transports en commun, réduisant ainsi le nombre de véhicules en circulation.

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Le Maroc a également investi massivement dans le développement du transport ferroviaire, un mode de transport à faible émission de carbone. Le pays a mis en service le premier TGV africain, reliant Casablanca à Tanger, et prévoit d’étendre ce réseau à Marrakech et Agadir. Ces projets, accélérés en vue de la coupe du monde prévue pour 2030, devraient non seulement dynamiser l’économie des régions concernées, mais aussi réduire les émissions de gaz à effet de serre en offrant une alternative écologique aux transports routiers et aériens.

En parallèle, le développement du LRF (light rail freight) entre Témara et Casablanca vise à renforcer le transport de marchandises par rail, réduisant ainsi l’empreinte carbone du secteur logistique. Ces initiatives s’inscrivent dans une stratégie globale visant à moderniser les infrastructures de transport tout en respectant les engagements environnementaux du pays.

L’hydrogène vert et les batteries : des atouts stratégiques

Le Maroc se positionne également comme un acteur clé dans la production d’hydrogène vert, une technologie prometteuse pour décarboner les secteurs du transport et de l’industrie. Grâce à ses importantes réserves de cobalt et de phosphate, le pays dispose des ressources nécessaires pour devenir un producteur majeur de batteries électriques. Des investissements conséquents ont déjà été réalisés pour développer la fabrication et le recyclage de batteries, renforçant ainsi la chaîne de valeur de l’industrie automobile marocaine.

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L’hydrogène vert apparaît comme une solution incontournable pour garantir la souveraineté énergétique du Maroc et réduire sa dépendance aux énergies fossiles. En démocratisant cette technologie, le pays pourrait non seulement réduire ses émissions de CO2, mais aussi devenir un exportateur d’énergie propre, renforçant ainsi sa position sur la scène géopolitique internationale.

Par ailleurs, cette rencontre a mis en lumière les opportunités économiques offertes par la mobilité durable. En effet, le Maroc, déjà reconnu pour son industrie automobile compétitive, s’est engagé à produire des véhicules électriques et à intégrer la chaîne de valeur des batteries, souligne Ryad Mezzour, ministre du commerce et de l’industrie. Cette transition est essentielle pour préserver les 250 000 emplois du secteur automobile et augmenter les exportations, qui pourraient tripler d’ici 2030 grâce à la production de véhicules électriques.

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Le pays a également lancé des projets innovants dans le domaine des transports publics, avec l’introduction de bus électriques et le développement de tramways dans les grandes villes comme Rabat et Casablanca. Ces initiatives visent à offrir des solutions de transport plus écologiques et accessibles, tout en réduisant la pollution urbaine, indique le ministre.

La coopération internationale au cœur de la transition

Le Maroc a su mobiliser des partenaires internationaux pour accélérer sa transition vers une mobilité durable. La France, en particulier, joue un rôle clé dans ce processus, avec des entreprises françaises impliquées dans des projets majeurs tels que la construction de lignes de tramway et le développement de l’infrastructure ferroviaire. La coopération franco-marocaine dans les domaines de l’énergie, des transports et de l’industrie illustre l’importance des partenariats internationaux pour relever les défis climatiques et énergétiques.

Dans ce sens, l’ambassadeur de France a souligné l’engagement de son pays à soutenir le Maroc dans sa transition énergétique, notamment à travers le partage d’expertise et la promotion de technologies innovantes. Cette collaboration s’inscrit dans une vision plus large de renforcement des liens entre l’Europe et l’Afrique, avec le Maroc comme pont entre les deux continents.

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Toutefois, malgré les avancées significatives, le Maroc doit encore relever plusieurs défis pour atteindre ses objectifs en matière de mobilité durable. La demande de transport ne cesse d’augmenter, en particulier dans les zones urbaines, où la pression sur les infrastructures est de plus en plus forte. Les inégalités sociales et économiques limitent également l’accès aux solutions de transport durable pour une partie de la population, en particulier les personnes à mobilité réduite et celles vivant dans des zones rurales ou isolées.

Pour répondre à ces défis, le Maroc a lancé plusieurs initiatives, notamment l’actualisation de la “Stratégie nationale de mobilité urbaine à l’horizon 2040” et l’élaboration de la “charte nationale de la mobilité durable à l’horizon 2035”. Ces projets visent à réorienter la mobilité vers un modèle plus inclusif et respectueux de l’environnement, en tenant compte des besoins réels des citoyens.

Le Maroc s’est engagé résolument dans la voie de la mobilité durable, avec des projets ambitieux et des initiatives concrètes qui positionnent le pays comme un leader en Afrique et dans le monde. Grâce à des investissements massifs dans les énergies renouvelables, les transports publics et les technologies vertes, le Maroc vise à réduire ses émissions de gaz à effet de serre, à renforcer son économie et à garantir un avenir plus durable pour ses citoyens. Cependant, pour atteindre ces objectifs, le pays devra continuer à mobiliser des partenaires internationaux et à relever les défis sociaux et économiques liés à la transition énergétique. La mobilité durable n’est plus une option, mais une nécessité pour le Maroc, qui entend bien jouer un rôle clé dans la transition énergétique mondiale.

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