Gaza : désarmement du Hamas, aide humanitaire et retours d’otages, le fragile jour d’après
À Gaza, le 15 octobre 2025 © DAWOUD ABU ALKAS / REUTERS
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Le Lundi 13 octobre 2025 restera gravé dans la mémoire des familles israéliennes et palestiniennes : le Hamas a remis à Israël les vingt derniers otages vivants qu’il détenait depuis l’attaque du 7 octobre 2023. La libération a été célébrée à Tel-Aviv par des scènes d’émotion intense, où familles et proches se retrouvaient après des années d’angoisse.
En parallèle, Israël a libéré près de 2.000 prisonniers palestiniens, dont 250 pour « raisons de sécurité » et 1.700 détenus à Gaza depuis 2023, conformément à l’accord de cessez-le-feu parrainé par Donald Trump. Dans ce cadre, quatre dépouilles ont également été remises aux autorités israéliennes, dont celles de Tamir Nimrodi, 18 ans, et de Uriel Baruch, 35 ans. Tamir Nimrodi avait été kidnappé à la frontière de Gaza, et Uriel Baruch lors du festival Supernova. Le corps de l’otage Eitan Levy, chauffeur de taxi vivant à Bat Yam, a également été restitué, mettant fin à une attente longue et douloureuse pour les familles.
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Cependant, la libération des otages ne marque pas la fin des tensions. L’armée israélienne a précisé que le quatrième corps remis mardi soir par le Hamas ne correspondait à aucun des otages, rappelant que le travail reste incomplet et que la vigilance demeure indispensable.
À Gaza, la population tente de reprendre une vie normale sur un territoire dévasté. Selon les dernières estimations, 92% des logements sont endommagés ou détruits. La ville est jonchée de décombres et la population survit dans des conditions extrêmes. Jacob Granger, coordinateur des urgences pour Médecins sans frontières, souligne : « L’espoir renaît, mais la peur du lendemain reste immense. Les habitants ont besoin de soins médicaux, d’eau, de nourriture et de sécurité. »
Benjamin Nétanyahou et la priorité du désarmement
Le Premier ministre israélien Benjamin Nétanyahou a été très clair sur la suite des opérations dans une interview à CBS : « Après la libération des otages, il nous faut obtenir la démilitarisation et le désarmement du Hamas ». Il a détaillé sa position : « Premièrement, le Hamas doit rendre les armes, et deuxièmement, il faut s’assurer qu’il n’y a pas d’usines d’armes à Gaza et qu’aucun trafic d’armes n’y circule. C’est cela la démilitarisation. »
Pour Israël, la sécurité nationale reste prioritaire. Le gouvernement israélien entend maintenir une surveillance stricte et des opérations ciblées afin d’empêcher toute résurgence de violence ou tout réarmement du Hamas. Cette position souligne la fragilité du cessez-le-feu et les défis à venir pour transformer ce répit en un processus durable de paix.
Le plan Trump prévoit le désarmement progressif du Hamas, notamment par la mise en place d’une force internationale de stabilisation sous mandat de l’ONU. Cette force serait chargée de soutenir la police palestinienne, déjà formée en Égypte et en Jordanie, et de superviser le retour à la sécurité dans les quartiers clés de Gaza. Environ 5.000 policiers palestiniens formés depuis plusieurs mois seraient déployés pour maintenir l’ordre, en coordination avec les forces internationales.
Plusieurs pays européens, dont la France, l’Espagne et l’Italie, ont annoncé leur soutien à cette force, même si Paris se concentrera sur l’accompagnement logistique et humanitaire plutôt que sur un engagement militaire direct. Pour l’instant, l’Autorité palestinienne, qui n’a pas participé aux négociations en Égypte, reste marginalisée dans le processus.
Sur le terrain, le Hamas conserve son influence. Des patrouilles armées opèrent dans plusieurs quartiers, et le Hamas entretient un réseau de miliciens et de sympathisants qui compliquera le désarmement. Tout retrait ou reddition forcée semble irréaliste à court terme, ce qui laisse planer une incertitude sur la stabilité de Gaza.
Les dépouilles et le coût humain du conflit
Le retour des dépouilles de Tamir Nimrodi, Uriel Baruch et Eitan Levy souligne la gravité des événements de 2023 et 2024. Tamir Nimrodi avait été tué lors des bombardements israéliens sur Gaza, selon le Forum des familles d’otages. Uriel Baruch avait été enlevé lors du festival Supernova et son corps emmené par le Hamas. Eitan Levy, père d’un fils unique, avait été retrouvé mort après une vidéo le montrant roué de coups par des Palestiniens en août 2024.
Ces restitutions, bien que symboliques, rappellent que le conflit a un coût humain immense. Les familles, longtemps dans l’angoisse, peuvent enfin faire leur deuil, mais la douleur reste vive. Pour Israël, la restitution complète des corps des otages est une priorité absolue avant d’envisager une normalisation durable.
La situation humanitaire à Gaza demeure critique. Israël avait annoncé la réouverture du point de passage de Rafah mercredi pour permettre l’acheminement de 600 camions d’aide humanitaire par l’ONU, des ONG et le secteur privé. Cette aide comprend nourriture, eau, médicaments et matériel pour les hôpitaux, essentiels dans une région où les infrastructures sont détruites.
Cependant, The Times of Israel a indiqué que Rafah n’était pas encore prêt à accueillir l’aide mercredi. Les préparatifs étaient en cours, mais l’accès resterait limité aux Gazaouis. En attendant, les convois humanitaires continuent d’entrer par Kerem Shalom, sous contrôle israélien. La coordination internationale reste donc cruciale pour garantir un flux régulier et sécurisé d’aide à la population.
Les enjeux politiques et la stabilité régionale
Le plan de Donald Trump vise à stabiliser Gaza et à créer les conditions d’une trêve durable, mais plusieurs incertitudes persistent. La confiance entre Israéliens et Palestiniens est encore très faible. Le Hamas conserve une légitimité politique et sociale à Gaza, tandis qu’Israël maintient une posture de surveillance et de contrôle stricte. L’Autorité palestinienne, marginalisée, tente de reprendre un rôle, mais son influence reste limitée.
Le plan Trump ne résout pas la question des frontières ni celle de la souveraineté palestinienne, se concentrant sur l’urgence humanitaire et le maintien de l’ordre. Pour certains analystes, cette approche pragmatique offre un répit temporaire, mais elle ne garantit pas une paix durable ni la fin du cycle de violence.
Même après le cessez-le-feu, des incidents se produisent. L’armée israélienne a ouvert le feu sur des civils suspectés de collaboration avec le Hamas, faisant plusieurs victimes. De leur côté, des milices locales continuent de mener des opérations ponctuelles contre des groupes considérés comme complices d’Israël.
Cette situation rappelle que le désarmement et la démilitarisation de Gaza sont essentiels mais complexes. Le Hamas reste un acteur incontournable, et sa reddition ou son intégration dans un cadre policier et sécuritaire international nécessitera un équilibre délicat entre pression militaire et négociation politique.
Vers un jour d’après encore incertain
Alors que les premières étapes de la trêve apportent un soulagement, le chemin vers une paix durable à Gaza reste long. La reconstruction des infrastructures, la distribution de l’aide humanitaire et le désarmement du Hamas sont indispensables, mais insuffisants pour effacer les traumatismes et restaurer la confiance entre les communautés.
La population continue de vivre sous tension, dans des logements précaires et avec un accès limité aux services essentiels. Les familles d’otages, bien qu’ayant retrouvé leurs proches ou fait leur deuil, portent encore le poids des années de conflit et de peur.
L’équilibre fragile entre sécurité, aide humanitaire et négociations politiques déterminera les prochains mois. La communauté internationale devra rester engagée, et les parties prenantes locales devront coopérer pour éviter que le jour d’après ne se transforme en un nouveau cycle de violences.
Le cessez-le-feu à Gaza, parrainé par Donald Trump, offre un répit rare mais précaire. La libération des otages et la restitution des dépouilles marquent une avancée symbolique majeure, tandis que la reprise des livraisons humanitaires et la surveillance des armes restent cruciales.
Cependant, la démilitarisation du Hamas, la reconstruction du territoire et la réconciliation politique représentent des défis titanesques. Le jour d’après dépendra de la capacité des acteurs locaux et internationaux à maintenir la paix et à répondre aux besoins urgents de la population, tout en préparant une feuille de route pour la stabilité à long terme.
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