Conjoncture économique : 2026 débute avec une demande intérieure solide

Avatar de Mouna Aghlal

Temps de lecture :

Conjoncture économique : 2026 débute avec une demande intérieure solide Ministère de l'Economie et des Finances. © DR

A
A
A
A
A

L’économie marocaine aborde l’année 2026 dans un contexte international contrasté, marqué par une croissance mondiale résiliente mais exposée à des risques géopolitiques et commerciaux persistants. Selon la dernière note de conjoncture publiée par le ministère de l’Économie et des Finances, à travers la Direction des études et des prévisions financières (DEPF), l’activité nationale demeure globalement bien orientée, soutenue par la vigueur de la demande intérieure et par la consolidation de plusieurs secteurs clés.

Selon la note de conjoncture du ministère de l’Économie et des Finances, la consommation des ménages maintient sa dynamique positive en ce début d’année 2026. Le ministère souligne qu’elle bénéficie des mesures de soutien au pouvoir d’achat mises en œuvre par les pouvoirs publics, dans un contexte de désinflation. L’indice des prix à la consommation a reculé de 0,8% en janvier 2026, après une hausse de 2% un an auparavant, contribuant à restaurer le revenu réel des ménages.

Cette dynamique est également soutenue par l’évolution favorable des transferts des Marocains résidant à l’étranger, en hausse de 2,6% à fin 2025, ainsi que par la progression des crédits à la consommation (+5%). La création de 249.000 postes d’emplois rémunérés en 2025 renforce, par ailleurs, les fondamentaux du marché du travail et soutient la demande domestique.

En parallèle, l’effort d’investissement s’intensifie. Les dépenses d’équipement du Budget général de l’État ont progressé de 15,1% à fin janvier 2026, traduisant l’accélération des grands chantiers structurants. Cette orientation est confortée par la hausse des recettes d’investissements directs étrangers (+28% à fin 2025), l’augmentation des importations de biens d’équipement (+13,3%) et la forte progression des crédits à l’équipement (+25,4%). Le ministère y voit un signal favorable quant au renforcement des capacités productives.

Amélioration hydrique, progression des exportations et du tourisme

Le secteur primaire enregistre des évolutions encourageantes. Le taux de remplissage des barrages a atteint 70,7% au 20 février 2026, en hausse spectaculaire de 43,1 points par rapport à l’année précédente. Cette amélioration hydrique constitue un facteur déterminant pour les perspectives agricoles.

Les exportations des produits de l’agriculture, de la sylviculture et de la chasse ont progressé de 3,6% à fin 2025. De son côté, la pêche côtière et artisanale affiche une hausse de 4,9% de la valeur des débarquements à fin janvier 2026, confirmant la résilience des filières halieutiques.

Dans le secteur secondaire, la situation apparaît plus nuancée. L’activité manufacturière poursuit son redressement, avec une valeur ajoutée en progression de 4,3% à fin septembre 2025 et un taux d’utilisation des capacités de production en hausse d’un point, à 78,7% à fin 2025.

Lire aussi : BAM : l’économie entame 2026 sur une trajectoire de stabilisation progressive

Le secteur extractif bénéficie d’une hausse de 7,5% de la production de phosphate à fin 2025, tandis que la production d’énergie électrique progresse de 5%. En revanche, les ventes de ciment reculent fortement (-18,8% à fin janvier 2026), signalant un ralentissement de certaines composantes de l’activité dans le bâtiment.

Le secteur tertiaire poursuit sa consolidation. Le tourisme affiche des performances notables à fin 2025 : les arrivées ont augmenté de 14%, les nuitées de 8,8% et les recettes voyages de 20,6%, traduisant l’attractivité renouvelée de la destination Maroc.

Le transport aérien confirme cette tendance, avec une progression de 14,7% du nombre de passagers en janvier 2026. Le trafic portuaire global a, pour sa part, progressé de 8,9% à fin 2025, témoignant du dynamisme des échanges. Les télécommunications affichent également une évolution positive, avec une hausse de 1,5% du parc mobile et de 3,1% du parc internet à fin septembre 2025.

Échanges extérieurs et finances publiques : le déficit se creuse

Sur le front extérieur, les exportations ont progressé de 2,8% à fin 2025, principalement grâce à la hausse des ventes de phosphates et dérivés (+14,6%), de l’aéronautique (+10%) et des autres extractions minières (+1,3%).

Les importations ont cependant augmenté plus rapidement (+8%), tirées par l’ensemble des groupes de produits, à l’exception des produits énergétiques dont la facture a reculé de 5,5%. En conséquence, le déficit commercial s’est creusé de 15,8% et le taux de couverture a reculé de 2,9 points, pour s’établir à 57% à fin 2025.

Les avoirs officiels de réserve demeurent à un niveau confortable, couvrant 5 mois et 23 jours d’importations de biens et services, selon le ministère.

À fin janvier 2026, le déficit budgétaire s’établit à 9,6 milliards de dirhams, contre 6,9 milliards un an auparavant. Cette évolution résulte principalement d’une baisse des recettes ordinaires (-8,3%), conjuguée à une quasi-stagnation des dépenses globales (+0,2%).

Lire aussi : Banques : un système résilient face aux nouvelles turbulences du crédit mondial

Le ministère de l’Économie et des Finances souligne que cette configuration appelle à une vigilance accrue, même si l’effort d’investissement public reste soutenu dans une logique de soutien à la croissance.

Financement de l’économie : reprise du crédit

Le financement de l’économie connaît une accélération notable. La croissance des crédits bancaires a atteint 8% à fin décembre 2025, après 4,4% un an auparavant. Cette progression concerne aussi bien les crédits au secteur financier (+23,2%) que ceux au secteur non financier (+4,7%), incluant les ménages (+3,6%) et les sociétés non financières (+1,9%).

Sur le marché boursier, les indices MASI et MASI 20 ont enregistré un léger repli à fin janvier 2026 (-1% et -2,9% respectivement), tandis que la capitalisation boursière est restée quasi stable à 1.041,6 milliards de dirhams.

Au total, la conjoncture nationale se caractérise par une demande intérieure robuste, une amélioration sensible de certains fondamentaux sectoriels et une reprise du crédit, dans un environnement international incertain.

Dernier articles
Les articles les plus lu
L’innovation agricole au service de la filière oléicole : l’initiative Al Moutmir livre son bilan

Économie – L'initiative Al Moutmir livre son état des lieux de la filière oléicole et fixe ses objectifs 2030, tout en listant ses recommandations.

Mouna Aghlal - 6 mars 2026
Europe-Maroc : un partenariat clé fragilisé par de nouvelles pressions concurrentielles

Économie - Selon la BEI, le Maroc demeure un partenaire prioritaire pour le commerce européen en Afrique du Nord, où les échanges avec l’UE dépassent 40%.

El Mehdi El Azhary - 6 mars 2026
Industrie pharmaceutique : le Maroc peut-il devenir le hub scientifique de l’Afrique ?

Économie - L'un des problèmes du secteur pharmaceutique en Afrique et au Maroc demeure le prix des traitements innovants.

Sabrina El Faiz - 6 mars 2026
Ciment : les livraisons chutent à 2,09 millions de tonnes

Économie - Les livraisons de ciment au Maroc ont dépassé 2,09 millions de tonnes à fin février 2026, marquant une baisse notable par rapport à l’an dernier. La distribution domine toujours le marché, suivie du béton prêt à l’emploi et du béton préfabriqué.

Ilyasse Rhamir - 6 mars 2026
Comment le Maroc peut peser dans l’avenir des pays les moins avancés ?

Économie - Le rapport LDC 2025 met en lumière les défis des pays les moins avancés et esquisse le rôle que des économies africaines comme le Maroc peuvent jouer dans cette recomposition.

Ilyasse Rhamir - 5 mars 2026
Tamwilcom : un nouveau site web pour faciliter l’accès au financement

Économie - Tamwilcom modernise sa présence digitale avec un portail repensé pour simplifier l’accès à l’information et aux solutions de financement. La plateforme propose une navigation plus fluide, un moteur de recherche dédié et une interface adaptée à tous les profils.

Ilyasse Rhamir - 5 mars 2026
Voir plus
Visa Schengen : le cauchemar européen à prix d’or

Dossier - Entre les délais interminables, les coûts exorbitants et les parcours semés d’embûches, obtenir un visa Schengen c’est devenu…

Sabrina El Faiz - 26 juillet 2025
Coût, impact… tout savoir sur la nouvelle LGV Kénitra-Marrakech

Économie - Le Maroc lance l’extension de sa LGV vers Marrakech, un projet structurant qui transformera durablement la mobilité, l’économie et la connectivité entre les grandes villes.

Hajar Toufik - 25 avril 2025
Où en est l’avancement du gazoduc Nigeria-Maroc ?

Économie - Le projet de gazoduc Nigeria-Maroc progresse : 13 pays engagés, signature intergouvernementale à venir et lancement d’un premier tronçon entre Nador et Dakhla.

Hajar Toufik - 14 juillet 2025
BTP : le Maroc bétonne ses règles

Dossier - Pas d’attestation, pas de chantier. C’est simple, non ? Pas de couverture décennale, pas de livraison. N'y réfléchissons pas trop !

Sabrina El Faiz - 19 juillet 2025
Indemnités CNSS 2025 : nouveaux plafonds et conditions d’exonération

Économie - Un arrêté du 19 mai 2025 redéfinit les règles d’exonération des indemnités liées au transport, à la représentation ou aux aides sociales. La CNSS est désormais dotée d’un cadre harmonisé avec la fiscalité, garantissant plus de clarté pour les employeurs.

Ilyasse Rhamir - 20 octobre 2025
Régions : qui profite vraiment du Maroc des grands chantiers ?

Économie - Le Maroc construit partout, mais se développe-t-il partout ? Analyse région par région…

Sabrina El Faiz - 25 octobre 2025
pub

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée Champs requis marqués avec *

Poster commentaire