Climat : un été caniculaire se profile !

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Vagues de chaleur : l’Afrique face à une intensification sans précédent d’ici 2100Chaleur © depositphotos

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L’été 2025 débute sous des températures déjà élevées, laissant craindre des épisodes caniculaires marqués. Les prévisions saisonnières suggèrent un trimestre plus chaud que la normale sur l’ensemble du Royaume. Les détails.

Avec des pics de chaleur atteignant 47,7°C et des températures dépassant largement les normales saisonnières, l’année 2024 a été officiellement la plus chaude jamais enregistrée dans le pays. Cette situation extrême, marquée par une combinaison de sécheresse, de pluies violentes et de canicules prolongées, confirme que le climat marocain entre dans une nouvelle phase de vulnérabilité.

Alors que l’été 2025 commence à s’installer, la question se pose avec insistance : cette nouvelle saison sera-t-elle encore plus accablante ? Les premiers signaux inquiètent. Dans un contexte mondial de réchauffement accéléré, où les repères climatiques sont bousculés, les experts appellent à la prudence. Le climatologue Mohammed Said Kerrouk revient sur les mécanismes à l’œuvre et les risques à anticiper pour les semaines à venir.

Un climat déjà profondément transformé

Selon le climatologue Mohammed Said Kerrouk, l’année 2024 restera dans les annales comme «l’année la plus chaude jamais enregistrée dans l’histoire contemporaine» au Maroc, selon le dernier rapport de la Direction générale de la météorologie nationale. Ce constat, qui découle des relevés officiels de température, n’est pas une simple anomalie passagère. «Le climat a déjà changé», explique l’expert, ajoutant qu’«On ne parle plus de changement climatique, mais d’un nouveau climat réchauffé qui continue d’évoluer».

Cette évolution n’est pas anodine : elle est liée à l’augmentation du bilan énergétique planétaire, c’est-à-dire la quantité totale d’énergie accumulée sur Terre. Or, ce bilan doit théoriquement rester stable pour garantir un climat durable et équilibré. «S’il ne se stabilise pas, on ne sait pas où on va, et la température poursuivra son augmentation, entraînant la perturbation de tout le système climatique», met en garde notre interlocuteur.

Cette hausse généralisée de la température a aussi un impact direct sur le cycle de l’eau, affectant pluie, sécheresse, évaporation, ce qui modifie en profondeur les conditions climatiques que nous connaissions. Ainsi, d’un point de vue global, il est tout à fait cohérent de s’attendre à ce que l’été 2025 soit plus chaud que l’été 2024.

Cependant, localement, ce sont des facteurs géographiques qui modulent cette tendance. La proximité de la mer, la nature du terrain (montagneux, forestier, plat), l’altitude, tout cela joue un rôle important dans la variation des températures. L’été reste naturellement la saison la plus chaude de l’année, mais prédire un record précis au niveau national est impossible pour le moment : «On va suivre cette évolution, et au fur et à mesure, on pourra donner un avis plus clair», indique Kerrouk.

Lire aussi : Climat, pollution, surpêche : l’économie marine en péril 

Vers un été 2025 plus chaud : quelles régions seront les plus touchées ?

Mohammed Said Kerrouk souligne qu’il est «fort probable que l’été 2025 soit plus chaud que les étés habituels, et peut-être même plus chaud que celui de 2024». Il ne s’interdit pas l’apparition de records thermiques à l’échelle nationale. Et cela s’explique par le fait que l’augmentation de la température est un phénomène global qui touche tout l’hémisphère nord, Maroc compris.

Mais la géographie locale reste décisive pour déterminer l’intensité des vagues de chaleur, dit-il. Les régions situées à l’intérieur des terres, au sud et à l’est du pays, seront les plus exposées. Ces zones, éloignées de l’effet modérateur de l’océan Atlantique et de la Méditerranée, ressentiront plus fortement la hausse des températures.

Les zones côtières ne sont pas à l’abri, mais elles bénéficient en général d’une certaine atténuation grâce à l’humidité et aux vents marins. Pourtant, cette humidité peut aussi agir de façon paradoxale : lorsqu’elle est associée à des vents faibles, comme sous l’effet du Chergui (un vent chaud et sec venu de l’est), elle peut amplifier la sensation de chaleur. C’est le cas, par exemple, dans la région de Tanger, où l’humidité élevée combinée à la chaleur crée une atmosphère lourde, où la température reste élevée même la nuit.

Ce phénomène d’humidité conservatrice de chaleur est particulièrement critique car il accroît le stress thermique ressenti par les populations, compliquant la gestion sanitaire des vagues de chaleur.

Kerrouk précise aussi que la canicule, quand elle s’installe, touche généralement tout le pays, surtout sous l’influence de vents d’est comme le Chergui. Toutefois, certaines zones géographiques restent plus vulnérables. C’est notamment le cas des vallées et des régions intérieures, où l’air circule moins librement et où la chaleur peut se concentrer plus intensément.

Face à l’intensification possible des vagues de chaleur, la vigilance reste de mise. Il est donc essentiel de suivre de près l’évolution des températures dans les semaines à venir et d’adapter les comportements en conséquence : s’hydrater régulièrement, éviter les sorties aux heures les plus chaudes et protéger les personnes vulnérables.

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