Choc inflationniste : les principales recommandations du CESE

Avatar de Manal Ben El Hantati

Temps de lecture :

Projet de loi sur la grève : le CESE dénonce un manque d’équilibre et de clartéConseil économique, social et environnemental (CESE) © DR

A
A
A
A
A

Depuis plusieurs mois, le Royaume subit les répercussions de l’inflation qui a durement impacté le pouvoir d’achat des citoyens. Conscient de la gravité de la conjoncture, le Conseil économique, social et environnemental (CESE) vient de publier dans son rapport annuel un point de vigilance. Ce dernier préconise un certain nombre d’actions à entreprendre dans le but de réduire les méfaits des poussées inflationnistes sur l’économie nationale et le niveau de vie des Marocains. Détails.

À l’instar de tous les pays, le Maroc subit, depuis 2021 à ce jour, les répercussions d’une montée inflationniste incessante qui a occasionné des pertes significatives en termes de pouvoir d’achat.

Dans son dernier rapport annuel, le Conseil économique, social et environnemental (CESE) a consacré un point de vigilance de portée conjoncturelle et prospective. Le document dresse une liste d’actions à entreprendre pour minimiser les méfaits de ce choc inflationniste sur l’économie nationale et le niveau de vie des Marocains.

Lire aussi : HCP : la pandémie de la Covid-19 a aggravé les inégalités sociales

Une accélération quasi-continue du taux d’inflation en 2021

D’après le rapport annuel du CESE, l’année 2021 a connu une accélération quasi-continue du taux d’inflation, particulièrement à partir du mois d’avril. Cette tendance haussière s’est poursuivie durant le premier semestre de 2022, impactant significativement le pouvoir d’achat des citoyens.

Le taux d’inflation n’a pas dépassé 1,4% en moyenne annuelle sur l’ensemble de l’année 2021. Cependant, les taux observés au cours des derniers mois de la même année indiquent une accélération. En témoigne l’inflation moyenne durant le dernier trimestre 2021 qui s’est établie à 2,5%, avant d’atteindre 3,1%, 3,6% et 5,3% respectivement en janvier, février et mars 2022.

Les perspectives de l’inflation pour 2022 laissent entrevoir une hausse plus accentuée, soit 4,7% en moyenne selon BAM, avant de revenir à 1,9% en 2023.

Choc inflationniste : les principales recommandations du CESE

© HCP

Aussi, selon le même document, la part des personnes qui estiment que le coût de la vie a connu une forte augmentation est passée de 55% en 2021 à 97% pendant les premiers mois de 2022.

Choc inflationniste : les principales recommandations du CESE

© HCP

Lire aussi : Flambée des prix : le ras-le-bol des Marocains

Les principales causes de la hausse des prix au Maroc depuis 2021

Dans son rapport, le Conseil note que «le Maroc n’est évidemment pas un cas isolé». L’inflation récente est «un phénomène mondial qui est apparu en 2021» suite aux répercussions des mesures de lutte contre les effets de la pandémie.

Et d’ajouter : «Si les tensions inflationnistes sont généralement d’origines multiples, force est de constater que pour le cas du Maroc les hausses importantes de prix observées récemment sont majoritairement d’origine externe (inflation importée)».

Parmi les facteurs internes, le rapport souligne la problématique du manque d’organisation des marchés des produits agricoles et la multiplicité des intermédiaires entre l’agriculteur et le consommateur final.

Quant aux facteurs externes, ils sont multiples et jouent un rôle prépondérant dans la hausse récente des prix au Maroc. Le rapport cite notamment l’impact important du renchérissement des prix des matières premières énergétiques sur le marché international, en particulier le pétrole et le gaz naturel, qui a été rapidement répercuté sur les prix domestiques des carburants.

Ensuite, le renchérissement du prix du carburant a été répercuté sur le coût de transport domestique des marchandises, ainsi que sur les prix des différents produits dont le processus de production est intensif en intrants énergétiques.

Le CESE évoque aussi comme facteur externe le renchérissement des cours internationaux des matières premières hors énergie, notamment, les céréales et les huiles, qui a entrainé une hausse significative des prix internes de ces produits. S’y ajoutent les effets des mauvaises campagnes agricoles dans plusieurs pays producteurs, la guerre en Ukraine et l’évolution rapide de la demande chinoise.

Lire aussi : Inflation et salaires : le citoyen en difficulté

Que recommande le CESE ?

Pour réduire l’impact des poussées inflationnistes que connait le Royaume, le CESE a formulé un ensemble de recommandations, à court et moyen termes.

S’agissant des actions à caractère immédiat, le Conseil préconise la distribution d’aides ciblées aux catégories les plus vulnérables qui ont subi les effets du renchérissement du coût de la vie.

En plus, il exhorte les pouvoirs publics à continuer à maintenir les droits de douane sur les prix de certains produits de base importés à des niveaux bas et diminuer momentanément les exportations des biens essentiels qui ont connu récemment des hausses importantes.

Sur le plan du fonctionnement du marché, le Conseil recommande le renforcement du contrôle du respect de la concurrence dans les différents secteurs, en particulier ceux relatifs aux biens de première nécessité et produits de base, avec des sanctions suffisamment dissuasives en cas d’infractions.

À moyen terme, et dans l’objectif de contenir les futures phases de flambée des prix, le CESE insiste notamment sur l’accélération de la mise en place du Registre social unifié (RSU) pour un ciblage optimal des aides aux plus défavorisés.

Aussi, l’institution constitutionnelle recommande d’étudier la possibilité de création d’un fonds permanent de stabilisation face aux chocs majeurs, d’investir davantage dans les capacités de stockage internes des produits énergétiques et d’envisager les modalités possibles d’une mobilisation des capacités de stockage de la SAMIR.

Il est par ailleurs question de procéder à la réforme et l’organisation des espaces de commercialisation des produits agricoles, d’étudier la faisabilité de création d’une compagnie nationale de transport maritime de marchandises et de mettre en place un observatoire des prix et des marges des produits de base et de première nécessité.

Lire aussi : Généralisation du RSU : quel impact ?

Dernier articles
Les articles les plus lu
CRI Tanger-Tétouan-Al Hoceima : 80 milliards de dirhams d’investissements validés en 2025

Économie - Le CRI TTA valide ses performances 2025 : 80 MMDH d’investissements et 57.000 emplois prévus.

El Mehdi El Azhary - 10 avril 2026
GITEX Africa 2026 : l’affaire de la CAN 2025 n’arrête pas la vitrine sénégalaise

Économie - Malgré la polémique autour de la finale de la CAN 2025, les exposants sénégalais présents à GITEX Africa 2026 décrivent une ambiance sereine et chaleureuse. Sur le salon, les échanges restent cordiaux, loin des tensions sportives.

Ilyasse Rhamir - 10 avril 2026
GITEX Africa 2026 : ce que les exposants pointent derrière le succès du salon

Économie - Si GITEX Africa 2026 séduit par son dynamisme, les exposants pointent aussi des axes d’amélioration. Organisation, diversité des visiteurs et présence internationale : les coulisses du salon révèlent les défis d’un événement en pleine croissance.

Ilyasse Rhamir - 10 avril 2026
GITEX Africa 2026 : avantage local ou puissance globale, qui gagnera le marché africain ?

Économie - À GITEX Africa 2026, startups africaines et entreprises internationales dévoilent deux stratégies pour conquérir le continent.

Ilyasse Rhamir - 10 avril 2026
DGSN-AMDIE : un partenariat pour sécuriser l’environnement de l’investissement

La DGSN et l’AMDIE signent un accord pour renforcer l’environnement de l’investissement au Maroc. Découvrez les deux axes de ce partenariat.

Rédaction LeBrief - 9 avril 2026
Sardines marocaines : l’alerte sanitaire de Bruxelles ravive la question du lobbying

Économie - Une alerte concernant des sardines marocaines ravive les tensions commerciales, dans un contexte de lobbying agricole européen toujours actif.

El Mehdi El Azhary - 9 avril 2026
Voir plus
Le Made in Morocco est-il en danger ?

Entre importations massives et produits locaux mal protégés, le Made in Morocco se retrouve au cœur d’un étrange paradoxe.

Sabrina El Faiz - 14 mars 2026
Viandes, poissons : la danse des prix ramadanesques

Consommation - Si les fruits et légumes nous mettent déjà la tête à l’envers, les viandes et poissons ne sont pas en reste !

Sabrina El Faiz - 7 mars 2026
Indemnités CNSS 2025 : nouveaux plafonds et conditions d’exonération

Économie - Un arrêté du 19 mai 2025 redéfinit les règles d’exonération des indemnités liées au transport, à la représentation ou aux aides sociales. La CNSS est désormais dotée d’un cadre harmonisé avec la fiscalité, garantissant plus de clarté pour les employeurs.

Ilyasse Rhamir - 20 octobre 2025
Pilotage énergétique : pourquoi la data est un levier de compétitivité pour les entreprises ?

Économie – Si on réussit, l’impact est double : compétitivité économique et contribution aux objectifs de transition énergétique du Royaume.

Rédaction LeBrief - 13 mars 2026
Visa Schengen : le cauchemar européen à prix d’or

Dossier - Entre les délais interminables, les coûts exorbitants et les parcours semés d’embûches, obtenir un visa Schengen c’est devenu…

Sabrina El Faiz - 26 juillet 2025
Coût, impact… tout savoir sur la nouvelle LGV Kénitra-Marrakech

Économie - Le Maroc lance l’extension de sa LGV vers Marrakech, un projet structurant qui transformera durablement la mobilité, l’économie et la connectivité entre les grandes villes.

Hajar Toufik - 25 avril 2025
pub

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée Champs requis marqués avec *

Poster commentaire