CAN féminine 2026 : les stades clairsemés ternissent-ils le bilan ?
Le Cameroun champion de la CAN féminine 2026 © DR
A
A
A
A
La Coupe d’Afrique des Nations (CAN) féminine 2026 s’est achevée dimanche 16 août sur un sacre inédit. Au stade Moulay El Hassan de Rabat, le Cameroun a dominé le Malawi (3-0) et inscrit pour la première fois son nom au palmarès de la compétition. Un dénouement spectaculaire pour un tournoi disputé du 26 juillet au 16 août au Maroc, qui accueillait pour la troisième fois consécutive la phase finale.
Cette édition 2026 aura surtout marqué une nouvelle étape dans l’évolution du football féminin africain. Pour la première fois, 16 sélections ont pris part à la compétition, contre 12 lors des précédentes éditions. Cet élargissement a permis à plusieurs équipes de se mesurer au plus haut niveau et, surtout, de bouleverser une hiérarchie longtemps dominée par les grandes nations du continent.
Le Cameroun, le Malawi et l’Algérie ont ainsi créé la surprise en atteignant le dernier carré, tandis que le Maroc, pays hôte, a confirmé sa présence parmi les sélections désormais capables de rivaliser avec les meilleures.
Le Cameroun tient enfin son premier titre
Pour les Lionnes Indomptables, ce sacre vient récompenser une génération qui avait souvent échoué au dernier obstacle. Le Cameroun avait déjà disputé trois finales de CAN, en 2004, 2014 et 2016, sans jamais parvenir à soulever le trophée.
L’édition marocaine a cette fois souri aux Camerounaises. Leur parcours a notamment été marqué par un succès retentissant en quarts de finale face au Nigeria, dix fois champion d’Afrique. Une victoire 1-0 qui a définitivement installé les Lionnes Indomptables dans le statut de candidates sérieuses au titre.
En demi-finale, les Camerounaises ont ensuite résisté au Maroc. Après 120 minutes sans but, elles ont remporté la séance de tirs au but (3-1), privant les locales d’une finale à domicile.
Lire aussi : CAN féminine 2026 : Le Cameroun sacré champion aux dépens du Malawi
Face au Malawi, la finale n’a cette fois laissé aucune place au suspense. Le Cameroun a rapidement pris le contrôle des débats avant de faire la différence grâce notamment à Ngah Manga. L’attaquante s’est offert un doublé de la tête, tandis que Naomi Eto a ajouté un troisième but sur une frappe croisée après un corner.
Dans les cages, Mickaely Bihina a également joué un rôle déterminant tout au long du tournoi. Ses performances lui ont valu le titre de meilleure gardienne de la compétition.
Le Cameroun repart donc du Maroc avec son premier trophée continental, mais aussi avec la conviction d’avoir franchi un cap important sur la scène africaine.
Le Malawi, l’autre grande révélation
Si le sacre camerounais constitue l’image forte de cette CAN, le parcours du Malawi restera également dans les mémoires.
Les Scorchers disputaient pour la première fois de leur histoire une phase finale de la Coupe d’Afrique des Nations féminine. Elles ont pourtant réussi à se hisser jusqu’en finale, déjouant les pronostics et faisant tomber plusieurs certitudes sur les forces en présence.
Leur parcours repose notamment sur une identité offensive assumée et sur l’influence de leurs principales individualités. Tabitha Chawinga, figure majeure du football féminin africain et joueuse de l’Olympique Lyonnais, a porté son équipe dans les moments importants.
Sa sœur Temwa Chawinga a également marqué la compétition de son empreinte. Avec cinq réalisations, elle termine meilleure buteuse du tournoi. Même battu en finale, le Malawi quitte donc le Maroc avec un statut totalement transformé.
Cette performance démontre surtout que l’élargissement à 16 équipes n’a pas seulement augmenté le nombre de participants. Il a également offert une vitrine à des sélections émergentes capables désormais de se rapprocher du plus haut niveau continental.
Le Maroc passe à côté de sa médaille
Pour le Maroc, le bilan sportif est plus contrasté. Les Lionnes de l’Atlas avaient l’ambition de profiter de l’avantage du terrain pour aller chercher leur premier titre continental. Elles terminent finalement à la quatrième place.
Leur élimination en demi-finale face au Cameroun constitue le principal regret. Les Marocaines ont pourtant dominé une grande partie de la rencontre et ont bénéficié du soutien massif du public. Mais elles n’ont pas réussi à faire sauter le verrou camerounais.
Après un 0-0 au terme des prolongations, la séance des tirs au but a tourné à l’avantage des visiteuses. Le Maroc a manqué trois tentatives et vu s’envoler son rêve de disputer une deuxième finale consécutive.
CAN féminine 2026 : l’Algérie décroche la 3e place face au Maroc
La petite finale contre l’Algérie a ensuite prolongé la frustration. Kautar Azraf avait donné l’avantage aux Marocaines, mais Lina Boussaha a remis les deux équipes à égalité à la 83e minute.
Dans les dernières secondes, le Maroc a même eu l’occasion de reprendre définitivement l’avantage. Mais le penalty obtenu n’a pas été transformé. La séance de tirs au but a finalement consacré l’Algérie, victorieuse 3-2.
Cette quatrième place laisse donc un goût d’inachevé. Mais elle ne doit pas occulter la qualification du Maroc pour la Coupe du Monde féminine 2027 au Brésil, obtenue grâce à sa présence dans le dernier carré.
Le Maroc confirme son savoir-faire organisationnel
Au-delà du terrain, cette CAN aura une nouvelle fois permis au Maroc de mettre en avant ses capacités d’organisation.
Les stades, les terrains d’entraînement, les infrastructures d’accueil et les dispositifs logistiques ont répondu aux exigences d’une compétition internationale réunissant 16 délégations. Rabat a notamment constitué l’un des principaux centres de la compétition, avec plusieurs rencontres disputées dans des installations modernes.
Le dispositif médiatique a également changé d’échelle. Pour la première fois, la finale de la CAN féminine a été diffusée en direct au Royaume-Uni sur Channel 4. D’autres marchés européens et internationaux ont également bénéficié de la retransmission via des diffuseurs comme beIN Sports et DAZN.
Au total, la compétition a été diffusée dans plus de 85 pays. Une exposition qui confirme l’intérêt grandissant pour le football féminin africain et offre de nouvelles perspectives commerciales aux compétitions de la CAF.
Une billetterie moderne face au défi des tribunes
L’organisation marocaine a également misé sur la digitalisation de la billetterie. Lancée le 21 juillet, la vente des tickets s’est effectuée exclusivement en ligne à travers la plateforme Weebook et son application mobile.
Une prévente réservée aux détenteurs de cartes Visa avait précédé l’ouverture au grand public. Les tarifs ont, eux, été maintenus à des niveaux accessibles, avec des billets à partir de 20 dirhams pour la catégorie III et 30 dirhams pour la catégorie II.
Mais l’un des principaux points faibles de cette CAN demeure la fréquentation de certains matchs.
Si les rencontres du Maroc et la finale ont bénéficié d’une belle ambiance, plusieurs affiches de la phase de groupes et des quarts de finale se sont déroulées devant des tribunes peu garnies. Un contraste particulièrement visible dans un pays habitué à des affluences importantes lors des grandes compétitions masculines.
La question de la mobilisation du public reste donc un chantier pour la CAF. L’élargissement du tournoi doit désormais s’accompagner d’une stratégie permettant de remplir davantage les stades, y compris lorsque le pays hôte n’est pas concerné.
CAN féminine 2026 : les billets sont accessibles, alors où sont les supporters ?
Un investissement sportif qui dépasse la seule billetterie
La question économique constitue un autre enseignement important de cette CAN. Organiser une compétition internationale à 16 équipes nécessite des moyens conséquents : accueil et transport des délégations, sécurité, hébergement, infrastructures sportives, terrains d’entraînement, dispositifs technologiques et organisation de la billetterie.
Dans ce contexte, les recettes directement générées par la compétition restent difficiles à comparer aux investissements mobilisés. Les tarifs accessibles, fixés notamment à 20 et 30 dirhams pour certaines catégories, ont privilégié l’accessibilité du tournoi plutôt que la recherche d’une rentabilité maximale.
La fréquentation inégale des stades limite également les revenus issus de la billetterie, de la restauration ou encore des produits dérivés. À cela s’ajoute le fait que les droits audiovisuels du football féminin africain restent encore nettement moins importants que ceux des grandes compétitions masculines, malgré la progression de la diffusion internationale.
Pour autant, réduire l’organisation de la CAN à une simple équation entre dépenses et recettes serait réducteur. Pour le Maroc, l’enjeu s’inscrit davantage dans une logique d’investissement sportif et de rayonnement international.
L’accueil réussi d’une compétition continentale renforce en effet l’image du Royaume comme plateforme sportive en Afrique. La qualité des infrastructures, la capacité logistique et l’expérience acquise dans l’organisation de grands rendez-vous constituent autant d’atouts à l’approche d’autres échéances internationales.
Le développement du sport féminin peut contribuer à structurer progressivement un écosystème national comprenant la formation, l’encadrement technique, l’arbitrage, les métiers de l’événementiel, la communication sportive et différents emplois liés à l’organisation des compétitions.
La CAN féminine peut ainsi être considérée comme un investissement dont les retombées ne sont pas uniquement immédiates. Le rayonnement du Maroc, l’expérience acquise par les acteurs locaux et la professionnalisation progressive du football féminin participent à la construction d’une économie sportive appelée à prendre davantage d’importance.
Dans cette perspective, les tribunes clairsemées de certaines rencontres constituent moins un échec définitif qu’un indicateur des efforts restant à accomplir. Le véritable enjeu reste maintenant de transformer l’exposition acquise durant cette CAN en un intérêt durable du public, des sponsors et des diffuseurs.
Une édition qui ouvre de nouvelles perspectives
Au terme de cette CAN 2026, le bilan reste largement positif pour le football féminin africain.
Le sacre historique du Cameroun, la formidable épopée du Malawi et la troisième place de l’Algérie témoignent d’un resserrement du niveau continental. Les écarts entre les sélections traditionnelles et les équipes émergentes semblent progressivement se réduire.
Pour le Maroc, malgré l’absence de médaille, cette compétition aura également confirmé la progression des Lionnes de l’Atlas. Leur qualification pour le Mondial 2027 leur offre désormais une nouvelle échéance pour franchir un cap.
La prochaine étape sera justement le Brésil. Le Cameroun, le Maroc, le Malawi et l’Algérie y porteront les ambitions d’un football africain féminin en pleine transformation.
Cette CAN aura donc été bien plus qu’un simple tournoi. Elle a montré que de nouvelles puissances émergent, que les audiences internationales progressent et que l’Afrique dispose désormais d’un réservoir de talents capable de rivaliser sur la scène mondiale.
Pour le Maroc, l’enjeu sera désormais de capitaliser sur cette expérience. La réussite organisationnelle, le rayonnement international et les infrastructures mobilisées peuvent servir de tremplin pour les prochaines grandes échéances. Sur le plan sportif comme économique, la CAN féminine 2026 apparaît ainsi moins comme une fin que comme une étape supplémentaire dans la stratégie de positionnement du Royaume sur la carte du sport mondial.
Manchester City intensifie les discussions avec Lille pour recruter Ayyoub Bouaddi, jeune milieu marocain évalué à 100 millions d’euros.
Ilyasse Rhamir - 17 août 2026Le Cameroun a remporté la CAN féminine 2026 en battant le Malawi (3-0) en finale à Rabat. Les Lionnes indomptables décrochent ainsi le premier titre continental de leur histoire.
El Mehdi El Azhary - 16 août 2026L’Algérie a décroché la troisième place de la CAN féminine 2026 en battant le Maroc aux tirs au but (3-2), après un nul 1-1 au terme du temps réglementaire.
El Mehdi El Azhary - 15 août 2026Un appel d'offres international vient d'être lancé pour la mise à niveau du Complexe sportif de Fès, dans le cadre des préparatifs du Maroc en vue de la Coupe du monde 2030.
Souhayla BOUARFA ( Stagiaire ) - 13 août 2026Fabien Barthez et David Bettoni intègrent le nouveau staff de l’équipe de France, construit autour de Zinédine Zidane pour son arrivée chez les Bleus.
Ilyasse Rhamir - 13 août 2026Xavi Hernandez devient le nouveau sélectionneur des Pays-Bas. L’ancien entraîneur du Barça a signé jusqu’en 2030 et succède à Ronald Koeman après le Mondial 2026.
El Mehdi El Azhary - 13 août 2026Sport - La révélation de Thiago Pitarch avec le Real Madrid face à Manchester City relance les spéculations sur son avenir international. À seulement 18 ans, le jeune milieu de terrain suscite l’intérêt du Maroc et de l’Espagne, chacun espérant le convaincre de rejoindre sa sélection.
Ilyasse Rhamir - 13 mars 2026Sport - Le Maroc s’est qualifié pour la finale à l’issue d’une demi-finale fermée face au Nigéria grâce à une victoire aux tirs au but (3-2).
Mouna Aghlal - 15 janvier 2026Sport-Le Nigéria a validé sans trembler son billet pour les quarts de finale de la CAN 2025 en dominant largement le Mozambique.
Rédaction LeBrief - 5 janvier 2026Sport - Une délégation de la FIFA doit prochainement se rendre au Maroc après une visite en Espagne et au Portugal pour évaluer l’avancement des préparatifs du Mondial 2030.
El Mehdi El Azhary - 11 mars 2026Sport - Le Real Madrid frappe fort en Ligue des champions en dominant largement Manchester City (3-0) au match aller des huitièmes de finale. Federico Valverde s’illustre avec un triplé retentissant et place les Madrilènes en excellente position avant le retour.
Ilyasse Rhamir - 12 mars 2026Sport - Les Lionceaux de l’Atlas ont battu l’Argentine 2-0 au Chili et remporté le Mondial U20. Outre la gloire, la victoire rapporte à la FRMF près d’un million de dollars, une récompense financière symbolique pour ce triomphe historique.
Ilyasse Rhamir - 20 octobre 2025