BAM : l’économie entame 2026 sur une trajectoire de stabilisation progressive

Avatar de Mouna Aghlal

Temps de lecture :

BAM : l’économie entame 2026 sur une trajectoire de stabilisation progressiveIllustration © DR

A
A
A
A
A

L’économie nationale montre, en ce début d’année 2026, des signes de stabilisation progressive dans un contexte international encore marqué par des incertitudes. C’est ce qui ressort de la Revue mensuelle de la conjoncture économique, monétaire et financière publiée par Bank Al-Maghrib en février 2026, qui dresse un état des lieux détaillé des principaux équilibres macroéconomiques du Royaume.

Selon la Banque centrale, l’évolution récente de l’activité économique reste globalement cohérente avec un scénario de reprise graduelle, soutenue par certains secteurs productifs, mais freinée par la persistance de pressions extérieures et par une demande intérieure encore modérée.

Bank Al-Maghrib souligne que le contexte international demeure caractérisé par un ralentissement de la croissance mondiale et par une inflation en décélération dans plusieurs économies avancées. Toutefois, cette normalisation reste hétérogène selon les régions et s’accompagne d’un maintien de conditions financières relativement restrictives.

La Banque centrale note que ces évolutions continuent d’influencer les perspectives économiques du Maroc, notamment à travers les canaux du commerce extérieur, des flux financiers et des prix des matières premières. Les cours de l’énergie et de certains produits alimentaires restent volatils, ce qui constitue un facteur de risque pour les équilibres macroéconomiques.

Une croissance nationale portée par les activités non agricoles

Sur le plan interne, Bank Al-Maghrib observe que la croissance économique nationale est principalement soutenue par les activités non agricoles. Les secteurs industriels et de services continuent de bénéficier d’une demande extérieure relativement résiliente, en particulier dans certaines branches exportatrices.

À l’inverse, la valeur ajoutée agricole demeure soumise aux aléas climatiques, ce qui limite sa contribution à la croissance globale. Cette configuration confirme, selon la Banque centrale, la tendance à une plus grande dépendance de l’économie marocaine aux secteurs non agricoles pour soutenir l’activité et l’emploi.

L’un des faits marquants de la conjoncture récente reste la poursuite du ralentissement de l’inflation. D’après Bank Al-Maghrib, cette décélération s’explique principalement par l’atténuation des pressions sur les prix des produits alimentaires et par la modération de l’inflation importée.

Lire aussi : Bank Al Maghrib modernise son portail Achats avec la mise en service du module Execution

La Banque centrale indique que l’inflation sous-jacente évolue également à des niveaux plus contenus, traduisant un affaiblissement des tensions sur les prix hors produits volatils et tarifs réglementés. Cette évolution contribue à améliorer le pouvoir d’achat des ménages, même si celui-ci reste affecté par les hausses cumulées enregistrées au cours des dernières années.

Une politique monétaire axée sur la vigilance

Dans ce contexte, Bank Al-Maghrib maintient une posture de vigilance en matière de politique monétaire. La Banque centrale rappelle que ses décisions visent avant tout à préserver la stabilité des prix tout en tenant compte de la dynamique de l’activité économique.

Les conditions de financement demeurent marquées par des taux d’intérêt relativement élevés, conséquence du resserrement monétaire opéré précédemment. Toutefois, Bank Al-Maghrib observe une certaine stabilisation des taux sur le marché monétaire, traduisant une transmission progressive de sa politique aux conditions de liquidité.

S’agissant du financement de l’économie, la Banque centrale relève une évolution modérée du crédit bancaire. Les concours aux entreprises progressent à un rythme contenu, reflétant à la fois une demande d’investissement prudente et des conditions d’octroi de crédit encore sélectives.

Les crédits aux ménages, notamment ceux à l’habitat, montrent également une dynamique mesurée. Bank Al-Maghrib souligne que cette situation traduit une approche prudente des agents économiques dans un environnement marqué par l’incertitude et par des coûts de financement plus élevés.

Sur le front extérieur, la situation des échanges reste globalement maîtrisée. Selon Bank Al-Maghrib, les exportations bénéficient de la bonne tenue de certains métiers mondiaux du Maroc, tandis que les importations évoluent de manière cohérente avec la demande intérieure.

Lire aussi : Bank Al-Maghrib : 654 millions de billets émis et 4,6 milliards traités en 2024

Les recettes de voyages et les transferts des Marocains résidant à l’étranger continuent de jouer un rôle important dans l’équilibre des comptes extérieurs. Ces flux contribuent à atténuer le déficit commercial et à soutenir les réserves internationales, qui demeurent à un niveau jugé confortable par la Banque centrale.

Des finances publiques marquées par la discipline budgétaire

La revue mensuelle met également en lumière l’évolution des finances publiques. Bank Al-Maghrib relève une amélioration progressive des recettes ordinaires, portée par la dynamique de certaines recettes fiscales.

Parallèlement, les dépenses restent globalement maîtrisées, malgré la poursuite des efforts de soutien social et d’investissement public. Cette discipline budgétaire contribue à contenir le déficit et à préserver la soutenabilité des finances publiques, dans un contexte où les marges de manœuvre demeurent limitées.

Bank Al-Maghrib estime que les perspectives économiques restent entourées de risques, principalement liés à l’environnement international et aux conditions climatiques. La Banque centrale insiste sur la nécessité de maintenir des politiques économiques prudentes et cohérentes afin de consolider la stabilité macroéconomique et de soutenir une croissance durable.

La conjoncture de février 2026 apparaît ainsi comme une phase de transition, marquée par une normalisation progressive de certains indicateurs, mais nécessitant une vigilance constante face aux chocs potentiels, internes comme externes, selon l’analyse de Bank Al-Maghrib.

Dernier articles
Les articles les plus lu
Vidéo – Coopération économique : la France renforce sa présence au Maroc

Économie - Le ministre français Nicolas Forissier a effectué une visite stratégique à Casablanca, mettant en avant les opportunités économiques liées au Mondial 2030 et renforçant les partenariats entre entreprises françaises et marocaines dans plusieurs secteurs clés.

Ilyasse Rhamir - 3 avril 2026
Impériales Week 2026 : « Marketing houwa koulchi »

Économie - Aux Impériales Week 2026, le panel « Marketing houwa koulchi » redéfinit le rôle du marketing. Il s’impose comme une boussole stratégique qui guide innovation, production et croissance bien au-delà de la simple communication.

Ilyasse Rhamir - 3 avril 2026
Casablanca-Settat : 27 stations pour sécuriser l’eau potable

Économie - La région Casablanca-Settat accélère son programme hydrique avec 27 stations de dessalement et de traitement des eaux. Déjà en grande partie opérationnelles, ces installations visent à sécuriser durablement l’approvisionnement en eau potable.

Ilyasse Rhamir - 3 avril 2026
Commerce extérieur : importations en baisse, exportations en légère hausse au T4-2025

Économie - Recul des prix à l’importation et progression modérée à l’exportation au quatrième trimestre 2025. L’évolution des indices reflète des dynamiques sectorielles contrastées, entre baisse de l’énergie et hausse de certains produits industriels et alimentaires.

Ilyasse Rhamir - 3 avril 2026
Pénurie de fruits rouges : un signal pour repenser la filière

Economie - En raison de multiples aléas climatiques, la filière des fruits rouges au Maroc, comme ailleurs, a subi un coup dur.

Mouna Aghlal - 3 avril 2026
Carburants : des écarts de prix qui interrogent le fonctionnement du marché

Économie - Des hausses anticipées des carburants au Maroc interrogent les pratiques des distributeurs et relancent le débat sur la régulation.

El Mehdi El Azhary - 3 avril 2026
Voir plus
Le Made in Morocco est-il en danger ?

Entre importations massives et produits locaux mal protégés, le Made in Morocco se retrouve au cœur d’un étrange paradoxe.

Sabrina El Faiz - 14 mars 2026
Viandes, poissons : la danse des prix ramadanesques

Consommation - Si les fruits et légumes nous mettent déjà la tête à l’envers, les viandes et poissons ne sont pas en reste !

Sabrina El Faiz - 7 mars 2026
Indemnités CNSS 2025 : nouveaux plafonds et conditions d’exonération

Économie - Un arrêté du 19 mai 2025 redéfinit les règles d’exonération des indemnités liées au transport, à la représentation ou aux aides sociales. La CNSS est désormais dotée d’un cadre harmonisé avec la fiscalité, garantissant plus de clarté pour les employeurs.

Ilyasse Rhamir - 20 octobre 2025
Visa Schengen : le cauchemar européen à prix d’or

Dossier - Entre les délais interminables, les coûts exorbitants et les parcours semés d’embûches, obtenir un visa Schengen c’est devenu…

Sabrina El Faiz - 26 juillet 2025
Coût, impact… tout savoir sur la nouvelle LGV Kénitra-Marrakech

Économie - Le Maroc lance l’extension de sa LGV vers Marrakech, un projet structurant qui transformera durablement la mobilité, l’économie et la connectivité entre les grandes villes.

Hajar Toufik - 25 avril 2025
Pilotage énergétique : pourquoi la data est un levier de compétitivité pour les entreprises ?

Économie – Si on réussit, l’impact est double : compétitivité économique et contribution aux objectifs de transition énergétique du Royaume.

Rédaction LeBrief - 13 mars 2026
pub

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée Champs requis marqués avec *

Poster commentaire