Afrique du Sud : des réfugiés de Durban transférés vers un centre de rétention à Gauteng
Quelque 278 demandeurs d’asile et réfugiés regroupés depuis plusieurs semaines devant le centre d’accueil du ministère sud-africain de l’Intérieur à Durban ont commencé, mardi matin, à être transférés vers le centre de rapatriement de Lindela, dans la province du Gauteng.
L’opération, lancée à l’aube, intervient à la suite d’une directive du Comité interministériel sur les migrations. Les personnes concernées avaient le choix entre retourner dans leurs lieux de résidence ou être transférées à Lindela, a indiqué Ndileka Cola, du ministère de l’Intérieur.
Après plusieurs consultations, le groupe a finalement opté pour le transfert vers ce centre. Les autorités ont également indiqué qu’elles poursuivraient leurs discussions avec le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) au sujet d’une éventuelle réinstallation dans un autre pays.
Mettre fin à l’occupation de Che Guevara Road
Cette opération vise notamment à libérer Che Guevara Road, occupée depuis le 22 mai par plus de 200 réfugiés originaires notamment de la République démocratique du Congo (RDC), du Burundi, de l’Ouganda, du Mozambique et de la Tanzanie. Les personnes installées sur cette voie réclament une assistance concernant leurs documents administratifs et leur situation migratoire. La fondation « Gift of the Givers » a participé à l’opération en mettant des bus à disposition et en distribuant des colis alimentaires aux personnes concernées.
Selon l’évêque Raphael Bahebwa, responsable du groupe, plus d’une centaine de réfugiés ont accepté de rejoindre Lindela, en raison notamment des conditions précaires et des risques de violences auxquels ils étaient confrontés sur place. Il a toutefois affirmé que la majorité demeurait opposée au transfert, notamment en raison des conditions de détention dans ce centre.
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Le premier ministre de la province du KwaZulu-Natal, Thamsanqa Ntuli, qui s’était rendu vendredi sur le site avec l’ambassadeur de la RDC en Afrique du Sud, John Kalunga Nyakeru, a appelé à accélérer les procédures de vérification et de rapatriement. Il a également estimé que l’occupation de Che Guevara Road contrevenait aux règlements de la municipalité d’eThekwini et représentait un risque sanitaire, les conditions sur place n’étant pas adaptées à l’habitation humaine.
La situation est restée tendue ces dernières semaines, alors que des membres du mouvement anti-immigrés « March and March » ont organisé des manifestations contre la présence de réfugiés dans des camps de fortune. Des responsables de réfugiés ont affirmé avoir été agressés par des partisans du mouvement et ont appelé les autorités à assurer leur protection.
Début septembre, le ministre de l’Intérieur, Leon Schreiber, avait indiqué que le gouvernement avait consacré environ 17 milliards de rands, soit plus d’un milliard de dollars, aux opérations d’expulsion de migrants en situation irrégulière au cours des deux derniers exercices financiers. Il avait précisé que les ressortissants du Zimbabwe, de l’Éthiopie et de la RDC constituaient la majorité des personnes expulsées.
Au total, 99.933 personnes ont quitté l’Afrique du Sud, dont 89.936 dans le cadre de rapatriements volontaires et 9.997 à la suite d’expulsions. Les Malawites représentent le principal contingent des départs volontaires (54.541), suivis des Zimbabwéens (27.920), des Mozambicains (2.417) et des Nigérians (1.145).