Cambriolage : les Sud-Africains ne portent pas plainte

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Afrique du Sud : la défiance envers la police freine les plaintes pour cambriolagecambriolage © DR
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Plus d’un ménage sud-africain victime de cambriolage sur deux choisit de ne pas saisir la police. En cause, principalement, une confiance limitée dans la capacité des forces de l’ordre à donner suite aux plaintes, selon les résultats de la dernière enquête sur la gouvernance, la sécurité publique et la justice publiée par Statistics South Africa (Stats SA).

Le cambriolage reste l’infraction la plus couramment subie par les ménages en Afrique du Sud. Quelque 5,3% des ménages du pays ont été concernés en 2025/2026, soit environ 1,5 million d’incidents recensés au cours de cette période.

Malgré l’ampleur du phénomène, une grande partie des victimes ne se tourne pas vers les autorités. Seuls 48% des ménages concernés ont déclaré avoir signalé les faits à la police, soit une progression de 4,8 points de pourcentage par rapport à l’année précédente.

Cette amélioration demeure toutefois insuffisante : elle signifie que plus de la moitié des ménages victimes de cambriolage n’ont toujours pas porté plainte.

La confiance en question

Les résultats de Stats SA mettent en évidence le poids de la défiance envers les forces de l’ordre. La principale raison avancée par les victimes pour expliquer leur absence de plainte est la conviction que la police ne pourrait pas agir, notamment en raison d’un manque de preuves.

Par ailleurs, 21% des personnes interrogées estiment tout simplement que la police « ne ferait rien ». Ces perceptions témoignent des difficultés persistantes rencontrées par les autorités pour convaincre les citoyens de l’efficacité des mécanismes de signalement et de suivi des infractions.

La situation était déjà préoccupante lors de l’enquête 2024/2025. À cette période, seuls 43,4% des ménages victimes de cambriolage avaient signalé tout ou partie des incidents aux forces de l’ordre.

Face à la persistance de la criminalité, les ménages semblent davantage miser sur leurs propres dispositifs de prévention. La proportion de personnes ayant adopté au moins une mesure pour se protéger est passée de 43,3% en 2024/2025 à 46,6% en 2025/2026.

Lire aussi : Afrique du Sud : forte chute dans le classement mondial de la sécurité

La précaution la plus répandue consiste à éviter de se déplacer à pied à certaines heures, en privilégiant les périodes considérées comme plus sûres. L’installation de dispositifs de protection physique, notamment de portes antivol, figure également parmi les mesures les plus couramment adoptées.

Cette évolution illustre une adaptation progressive des comportements face à l’insécurité, mais aussi un possible approfondissement du fossé entre les populations et les services chargés de faire respecter la loi.

Les statistiques policières font état d’une légère amélioration

Les données de l’enquête de Stats SA interviennent alors que les dernières statistiques officielles de la police sud-africaine font état d’un recul de plusieurs catégories de crimes violents.

Le bilan couvrant le premier trimestre de l’exercice financier 2026, soit la période allant d’avril à juin, fait état de 5.427 meurtres, en baisse de 5,9% sur un an. Malgré ce recul, le niveau reste particulièrement élevé, avec près de 60 homicides enregistrés chaque jour dans le pays.

Les cambriolages résidentiels avec violence ont diminué de 18,3%, tandis que les braquages de commerces ont reculé de 22%. Les détournements de véhicules ont, pour leur part, enregistré une baisse de 20,4%.

À l’inverse, les tentatives de meurtre ont progressé de 8,7%, rappelant que la criminalité violente demeure un défi majeur pour l’Afrique du Sud.

Pour Stats SA, l’intérêt de cette enquête réside notamment dans sa capacité à mettre en lumière une partie de la criminalité qui échappe aux statistiques policières. En intégrant les infractions qui ne font jamais l’objet d’un signalement officiel, l’enquête permet de mesurer plus largement l’exposition des ménages à la criminalité.

L’écart persistant entre les incidents subis et les faits signalés souligne ainsi l’importance de la confiance du public dans les institutions chargées de la sécurité. Malgré une progression du taux de plainte, le fait que plus de la moitié des victimes de cambriolage ne saisissent toujours pas la police constitue un signal préoccupant pour les autorités sud-africaines.

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