Incendies en Algérie : 12 morts dans le nord-est du pays
Les incendies en Algérie ont fait au moins 12 morts mercredi 26 août dans le nord-est du pays, selon le ministère de l’Intérieur et la Protection civile. Le bilan se concentre dans les wilayas de Jijel, Béjaïa et Tizi Ouzou, où les flammes ont progressé jusqu’à des zones habitées, provoquant aussi des dizaines de blessés et l’évacuation de nombreux habitants.
Le ministre de l’Intérieur a indiqué que cinq décès ont été enregistrés à Jijel, quatre à Béjaïa et trois à Tizi Ouzou. A l’hôpital de Souk El Tenine, dans la wilaya de Béjaïa, 54 cas de brûlures ont été recensés, dont six jugés graves. En soirée, 69 feux restaient actifs à l’échelle nationale, parmi lesquels 18 à Béjaïa et 7 à Jijel, malgré le déploiement de moyens renforcés sur le terrain.
Pourquoi les incendies en Algérie restent un défi récurrent
Les autorités ont dépêché sur place les ministres de l’Intérieur et de la Santé afin de suivre les opérations d’extinction et la prise en charge des blessés. Dans plusieurs secteurs, des familles ont été évacuées en urgence à mesure que la fumée et les flammes se rapprochaient des habitations. Trois routes nationales reliant des régions de l’est du pays ont également été fermées près de Béjaïa, Jijel et Sétif, signe d’une situation qui a perturbé à la fois les secours et la circulation.
Le nord de l’Algérie subit chaque été des feux de forêt d’ampleur variable, dans un contexte marqué par la sécheresse, les fortes chaleurs et des vents violents. Le changement climatique accentue cette pression sur les zones boisées du bassin méditerranéen, un espace où plusieurs pays d’Afrique du Nord sont confrontés aux mêmes risques saisonniers. Cette problématique s’inscrit plus largement dans les priorités continentales de prévention des catastrophes, régulièrement mises en avant par l’Union africaine et la Banque africaine de développement, notamment sur la résilience climatique et la protection des populations.
Les précédents récents illustrent la gravité du phénomène. En juillet 2023, plus de 30 personnes avaient péri dans des feux qui avaient ravagé la région de Béjaïa, détruisant des milliers d’hectares de forêts et de terres agricoles ainsi que des centaines d’habitations.
Cette année encore, les autorités algériennes ont recensé près de 2.000 départs de feu au seul mois de juillet. A la fin de ce même mois, plus d’une centaine de personnes avaient déjà dû quitter provisoirement leurs logements dans la région d’Annaba, où près de 150 habitations avaient été endommagées et où une vague d’incendies avait causé six morts en une dizaine de jours.
Les enquêtes ouvertes après ces épisodes conduisent régulièrement à des interpellations pour incendie volontaire présumé, comme récemment dans la région de Constantine, mais les facteurs climatiques demeurent centraux dans la multiplication et la propagation rapide des feux.