Comptes nationaux : la croissance s’effondre au 4e trimestre 2022

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Croissance économique au Maroc : la banque mondiale revoit à la baisse sa prévision pour 2023Image d'illustration © DR

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Le Maroc a vu sa croissance s’effondrer au 4ᵉ trimestre de 2022, à 0,5% seulement. En cause, un début de campagne agricole difficile en raison du retard des pluies, mais pas que. Détails du contenu de la note d’information sur la situation économique nationale au 4ᵉ trimestre 2022, publiée ce vendredi par le Haut-Commissariat au plan (HCP).

Selon le Haut-Commissariat au plan (HCP), l’économie nationale a connu un ralentissement important au 4ᵉ trimestre 2022, avec une croissance de seulement 0,5% par rapport à 7,6% au même trimestre de l’année précédente. Cette baisse est due à une augmentation de 2,3% pour les activités non agricoles et une baisse de 15,1% pour celles du secteur agricole. Bien que la croissance ait été tirée par la demande extérieure, elle a été enregistrée dans un contexte marqué par une forte inflation.

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Chute du secteur primaire et ralentissement des secteurs secondaire et tertiaire

Dans le détail, durant le dernier trimestre de l’année 2022, la valeur ajoutée du secteur primaire a enregistré une baisse de 15% en volume, corrigée des variations saisonnières, après une augmentation de 19,1% au même trimestre de l’année précédente. Cette baisse est due à une forte baisse des valeurs ajoutées de l’agriculture de 15,1% au lieu d’une hausse de 17,8% et de la pêche de -12,3% au lieu d’une hausse de 53,4% en 2022. Ceci conforte Ahmed Lahlimi dans sa position quand il dit que le problème de l’inflation est lié à un problème d’offre et qu’il ne peut être résolu par la politique monétaire de Bank Al-Maghrib.

La valeur ajoutée du secteur secondaire a également connu une baisse de 2,4%, notamment en raison de la baisse des valeurs ajoutées de l’industrie d’extraction de 16%, du bâtiment et des travaux publics de 4,6% et des services publics d’électricité, gaz, eau, assainissement et déchets de 4,5%. Dans le même temps, la valeur ajoutée des industries manufacturières a augmenté de 0,4% par rapport à 5,1% une année auparavant.

De plus, la valeur ajoutée du secteur tertiaire a ralenti, passant d’une croissance de 6,9% au même trimestre de l’année précédente à 4,9%, avec une baisse de croissance des activités de transport et d’entreposage de 7,1% au lieu de 16,1%, des services financiers et des assurances de 5,5% au lieu de 5,9% et des services d’éducation, de santé et d’action sociale de 3,1% au lieu de 3,5%. Ces baisses ont été compensées par des hausses enregistrées par les services d’hébergement et de restauration qui ont augmenté de 55,4% au lieu de 52,5% et les autres services de 2,4% au lieu de 1,8%. En fin de compte, la valeur ajoutée des activités non agricoles a connu un net ralentissement, passant de 6,6% (2021) à 2,3% au 4ᵉ trimestre 2022.

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Hausse des prix courants et diminution de la demande intérieure

Ainsi, avec une hausse de 2,9% des impôts sur les produits nets des subventions, le produit intérieur brut (PIB) en volume a augmenté de seulement 0,5% au 4ᵉtrimestre 2022, contre 7,6% l’année précédente. Les prix courants ont augmenté de 5,3% au 4ᵉ trimestre 2022, contre 4,9% au même trimestre de l’année précédente. En outre, la demande intérieure a diminué de 1,7% au 4ᵉ trimestre 2022, contribuant négativement à la croissance économique de 1,9 point, contre une contribution positive l’année d’avant. Ce qui est tout à fait normal dans un contexte d’inflation.

En fait, c’est un cercle vicieux. Lorsqu’il y a une augmentation des prix des biens et des services, cela conduit à une dégradation du pouvoir d’achat des ménages. Par conséquent, cela a un effet néfaste sur leur capacité à consommer et à investir. Cette diminution de la demande affecte alors les entreprises qui, dans un deuxième temps, vont réduire leurs investissements, aggravant ainsi la situation en réduisant à nouveau la demande intérieure. Cela peut également entraîner une réduction des emplois, ce qui aura un impact négatif sur les revenus des ménages, réduisant ainsi leur capacité à consommer et à investir. Ce cercle vicieux peut ainsi se perpétuer. Parallèlement, la réduction de la demande intérieure se traduit par une diminution des importations, ce qui permet de limiter l’impact négatif sur le PIB.

Autre effet observé par les statisticiens du HCP, la croissance des dépenses de consommation finale des ménages a été ralentie, passant de 7,9% au 4ᵉ trimestre 2021 à seulement 0,8%, contribuant à hauteur de 0,5 point à la croissance plutôt que 4,7 points auparavant. De même, la croissance de la consommation finale des administrations publiques a été ralentie, passant de 6,1% à 4,4% avec une contribution à la croissance de 0,8 point au lieu de 1,2 point. Les échanges extérieurs de biens et services ont connu une forte croissance au 4ᵉ trimestre 2022, les exportations augmentant de 19,7% et les importations de 9,1%. Cette croissance a contribué positivement à la croissance économique à hauteur de 2,4 points.

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Enfin, le revenu national brut disponible a connu un ralentissement, passant d’une croissance de 13% au 4ᵉ trimestre de l’année précédente à 7,6% au 4ᵉ trimestre 2022. L’épargne nationale s’est élevée à 28,5% du PIB, tandis que l’investissement brut a représenté 30,5% du PIB. Le besoin de financement de l’économie nationale a été réduit, passant de 3,9% du PIB à 2,1% par rapport au 4ᵉ trimestre 2021. C’est peut-être le point positif à retenir de cet arrêté des comptes nationaux au 4ᵉ trimestre 2022.

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