Migrants subsahariens : des tensions mais quelles solutions ?
À Casablanca, les migrants campent à Casablanca © DR
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La migration subsaharienne en tant que phénomène se présente comme une migration de transit qui a créé, au fil des années, une forme d’occupation de l’espace public. Ce sont les campements et l’un d’entre eux est celui qui se trouve sur la route Oulad Ziane. Un bidonville en plein centre-ville qui regroupe des milliers migrants de différentes nationalités. La plupart d’ente eux considèrent que l’objectif de leur installation au Maroc n’est pas la fixation ou l’intégration, mais le passage en Europe.
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Des tensions, des dégâts et des arrestations
La route Oulad Ziane abrite depuis plusieurs années cette concentration de migrants subsahariens, qui vivent dans une précarité extrême, visible à l’œil nu. Des tensions sont alors apparues avec certains habitants qui se plaignent de nuisances. Ne pouvant plus supporter cette situation, ils réclament l’interdiction aux Subsahariens de se rassembler devant leurs maisons.
L’appel des habitants a poussé les autorités locales à lancer une nouvelle opération expéditive pour déloger les milliers de migrants des alentours de ce point chaud de la ville et d’assurer ainsi la sécurité des citoyens et des biens privés et publics.
Des heurts ont rapidement éclaté entre les migrants et les forces de l’ordre. La police a ainsi interpellé six d’entre eux, accusés d’avoir jeté des pierres sur des agents de la force publique. Un policier a été d’ailleurs blessé et cinq véhicules de la police ont été endommagés, à la suite de ces violences.
De leur côté, les Subsahariens concernés par cette opération d’évacuation ont exprimé leur colère. Ils estiment que ces « harcèlements » portent atteinte à leur droit légitime au logement et à la libre circulation. Leur mouvement de protestation a perturbé, pendant un moment, la circulation dans le grand boulevard, avant que les éléments de la police n’interviennent pour fluidifier le trafic, en engageant à chaque fois un dialogue avec eux pour essayer d’atténuer les tensions.
Cette zone est souvent théâtre de tensions et d’affrontements qui opposent les Subsahariens entre eux ou les migrants aux habitants. Rappelons qu’en 2019, ce camp illégal a été ravagé par un incendie qui s’est déclaré dans des tentes en plastique.
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La SNIA au point mort
Adoptée par le gouvernement en 2017, la Stratégie nationale d’immigration et d’asile (SNIA) a permis de mettre en place des dispositions s’agissant de certains droits fondamentaux comme le séjour, la scolarisation, la justice et la santé. Mais aujourd’hui, cette politique est au point mort, nous dit Mehdi Alioua, sociologue, spécialiste des migrations, chercheur et professeur à l’Université internationale de Rabat.
Deux opérations de régularisation des migrants irréguliers ont été organisées à partir de 2014. Cependant, elles n’ont pas modifié significativement la situation des migrants en termes d’accès à leurs droits fondamentaux.
La faute, selon note interlocuteur, est à l’absence d’une volonté gouvernementale. «Nous n’avons effectué aucun effort dans ce sens depuis 2018. La pandémie et le confinement ont mis fin à toutes les actions de réinsertion sociale. Le Maroc affiche certes une volonté humaniste d’accueillir ces gens, mais pour le moment, il n’y a pas de pilote et surtout il y a un grand manque de suivi», affirme-t-il.
Selon l’expert des questions migratoires, il est nécessaire d’opter aujourd’hui pour une stratégie clair, qui soit basée sur la coordination entre les différents départements concernés et non seulement se contenter des missions du ministère de l’intérieur.
Parmi les recommandations livrées par Mehdi Alioua visant à faciliter l’intégration et l’insertion des migrants, on cite la réforme de la loi 02-03 sur l’entrée et le séjour des étrangers au Maroc, décriée comme « ancienne » et « dépassée », ainsi qu’une nouvelle campagne de régularisation des sans-papiers.
Notons qu’au Maroc, les migrants sans-papiers sont environ 30.000 personnes. «C’est peu pour un pays d’émigration et de transit, ce qui permet de dire que la situation est encore gérable», conclut-il.
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